‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 180 sur 279 · CCLXI. — GAND (belgiquk · texte numérisé non relu

CCLXI. — GAND (belgiquk

Louis-Joseph Delebecque, Evêque de Gand, répondant à l'Encyclique du 2 février 1849, attestait h Sa Sainteté que c’était une persuasion unanime, certaine et comme innée, parmi le clergé comme parmi le peuple fidèle du diocèse de Gand, que, par un privilège spécial de Dieu, en vue des mérites futurs de Jésus-Christ, la Bienheureuse Vierge Marie, sa Mère, a été conçue sans la tache originelle ; déclarant en même temps qu’il partageait lui-même cette croyance dès sa plus tendre enfance, et qu’il avait sollicité l’Induit par lequel le Pape Grégoire XVI lui a permis, en 1840, d'insérer le mot Immaculata dans la Préface de la Messe de la Conception de la Vierge Marie. C’est pourquoi ce Prélat désirait souverainement, déjà depuis plusieurs années, comme il le dit dans sa lettre, que, pour la plus grande gloire du nom de Dieu, pour la louange de la Bienheureuse Vierge Marie et pour l’utilité de l’Église militante, il fût défini par un jugement solennel <le l’Église et du Siège Apostolique, ce que le peuple fidèle croyait comme certain, ce que le Saint-Siège a éclairci et favorisé par ses décrets et ses privilèges, ce que Dieu n’a cessé, dans ces derniers temps, de confirmer par des prodiges; ce que des hommes distingués par leur génie, leur vertu, leur

Il ) Voyez [Ultikoaf

piété et leur doctrine, ont prouvé par de savants écrits pouvoir être défini comme dogme de la foi catholique (i).

Dans son Mandement pour la publication de l’Encyclique de Sa Sainteté sur l’immaculée Conception de Marie, M. Delebecque s’exprimait ainsi : « Nous n’eu doutons pas, la Sainte Vierge n'a jamais été un instant sous la puissance du démon ; une inimitié perpétuelle a existé entre elle et le démon iiguré par le serpeut, elle a toujours été toute belle aux yeux de Dieu, et dans elle il ne s’est jamais trouvé la moindre tache ; nous le croyons avec les anciens Pères, avec les plus célèbres Docteurs et les Saints des temps passés. Toutefois cette doctrine n’est pas encore un point de notre foi, elle n’a jamais été proposée h notre croyance. Cette doctrine est pieuse et certaine; nous croyons qu’elle est renfermée dans ce fonds de doctrine, que le Saint-Esprit communiqua aux Apôtres le jour de la Pentecôte, lorsqu’il leur enseigna toutes choses ; néanmoins il n’appartient qu'a l’interprète infaillible de la Tradition de nous l’assurer et de le décider. Or, cet interprète infaillible , le Docteur des Docteurs, le successeur de Saint Pierre, lève les yeux au ciel et a recours aux lumières divines avant de formuler sa décision ; il prie et nous invite ’a prier avec lui.». Prions donc avec ferveur, et attendons avec confiance une décision qui doit remplir nos cœurs de joie (2). »

CCLX1I. — GAP (France).

Jean Irénée Depéry, Évêque de Gap, répondant h l’Encyclique du 2 février 1849, dit que la dévotion envers l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie est trèsancienne dans son diocèse ; que les fidèles confiés h ses soins ont éprouvé, comme lui-même, une grande joie, en apprenant que le Saint-Père avait eu la pensée de définir par un jugement solennel que la Très-Sainte Mère de Dieu, l’Imma-

(1) Aclum üandavi in Synodo Episcopali, die 14 menais aprilis 4849 : Fa beri, etc», vol. 1, pag. 90.

(2) Mandement du 12 avril 1819

culée Vierge Marie, a été conçue sans aucune tache originelle. Puis il ajoutait : « Nous, Pasteur, prêtres et fidèles du diocèse de Gap, animés de la plus grande piété envers la Conception de la Vierge Immaculée, nous demandons trèsardemment et avec les plus vives instancesquele Saint-Siège daigne définir comme doctrine de l’Église catholique l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Alors toute l’Église sera dans la joie ; nos Alpes applaudissant, tressailleront d 'allégresse, et rendront grâces h Dieu et h Votre Paternité (I). Quelques années auparavant, l’Évêque de Gap, avant obtenu du pape Grégoire XVI un Induit qui lui permettait d'ajouter dans la Préface de la Messe le mot Immaculata au mot Conceptione, et, dans les Litanies de Notre-Dame de Lorette, celte invocation, Reine conçue sans péché, priez pour nous, avait publié un Mandement, où il exprimait ainsi ses sentiments: « C'est avec un cœur surabondant de joie, N. T. C. F., qu'aujourd’hui nous venons vous annoncer une nouvelle qui sera pour tous les enfants de Marie, c’est-à-dire pour tous nos bien-aimés diocésains, le sujet d’une grande et vive allégresse, une nouvelle qui doublera dans tous les cœurs la confiance et l’amour envers celte Vierge très-sainte; une nouvelle enfin qui devra satisfaire à tons les désirs empressés de ses serviteurs ; désormais aux noms les plus doux, les plus honorables sous lesquels on l’invoque, il nous est permis d’ajouter un nom bien doux aussi, une qualité bien honorable encore, un privilège bien glorieux, celui de Vierge conçue sans péché... Que Marie, N. T. C. F., ait été conçue sans péché, rien de plus certain après les dogmes de notre foi. Les Pères de l’Église, organes vénérables de ses traditions, doctes interprètes de ses croyaqpes, déposent hautement en faveur de cette vérité, elle saint Concile de Trente, résumant dans son célèbre décret touchant le péché originel celte tradition de tous les âges chrétiens, s'exprime ainsi : Le saint Concile de Trente déclare que son intention n’est pas de com-

(I) Vapincii, die 12 martii 1849 : Paiilhi, clc., vol. T, pag. 16.

prendre dans le décrel où il est question du péché originel la Bienheureuse et Imnuiculée Vierge Marie, Mère de Dieu.

« En effet, N. T. C. F., Fille du Père, Mère du Fils, Épouse de l’Esprit, Marie, prédestinée à tant de grandeur, devant être revêtue de tant de titres, Marie ne pouvait appartenir qu’à Dieu lui seul ; il n’entrait pas dans les desseins de la Divinité que le démon fût le premier maître d’une âme si chère, que jamais il souillât de sa présence un sanctuaire si vénéré ; il n'eùl été ni convenable ni séant à la majesté du Dieu trois fois Saint de descendre dans uu cœur qu’il eût été obligé d’emprunter, pour ainsi dire, au prince des ténèbres, dans un cœur qui n’eût pas toujours été sa légitime possession. Aussi aimons-nous à nous représenter les trois augustes personnes méditant dans les conseils de leur éternelle sagesse la création de Marie ainsi que celle du premier homme ; formons-la, disent-elles, à notre image et ressemblance ; faciamus... ad imaginent et similitudinem nustram d); et cet ouvrage merveilleux sort de leurs mains pur et sans tache, rempli de grâces, brillant de justice, tout parfumé de vertus. Et, en admiration devant son œuvre, le Seigneur s'écrie : Vous étt s toute belle, ô ma hien-aimée, il n’y a point de tache en vous. Tota pukhra es, arnica mea, et macula non est in te (2). Il la contemple avec une complaisance infinie, il semble qu'il ne puisse en détacher ses yeux ni son cœur. Que vous êtes belle, répète-t-il encore, que vous êtes belle, délices de mon âme! Quam pulchra es, et quum décora, carissima iu de/iciis (Si!

«Telle fut, N. T. C. F., l’opinion constante de l’Eglise, opinion qui, en traversant les siècles, nous est parvenue entraînant à sa suite l'adhésion de tous ceux à qui il fut donné d’éclairer le monde par leur doctrine, de l’édifier par leurs vertus; opinion qui, dans notre religieuse patrie surtout, s’est depuis longtemps placée au rang de ces vérités dout la certitude devient incontestable ; opinion que l'Université de Paris, fille aînée de nos Hois. (lambeau naguère si brillant

(t) Gen«*., I, 2t>. — (2)C»ni., jv, 7. — (3)C«n(., VU, B.

dans l’Église de France, malheureusement éteint de nos jours, a protégée, a défendue de tout l’immense savoir de ses Docteurs.

« Mù par ces motifs, encouragé par l’exemple de plusieurs de nos vénérables collègues dans l’Épiscopat, nous nous sommes empressé de porter au pied du Trône Pontifical vos vœux ardents, ceux de tout notre peuple, sollicitant, la faveur de saluer solennellement Marie, au milieu de la célébration des saints mystères, du glorieux nom (V Immaculée dans sa Conception ; et le réprésentant de Jésus-Christ sur la terre, toujours heureux de pouvoir seconder la piété des Chrétiens à cet égard, et satisfaire a leur dévotion envers l’auguste Reineduciel, a daigné agréer notre humble requête. Ainsi, N. T. C. F., la voix du Souverain Pontife vient d’ajouter le poids immense de son autorité au poids déjà si grand de celle de tous ces Pères de l'Iiglise, de tous ces Théo logieus, la lumière de leur siècle et l'admiration du nôtre, qui croyaient avec tant de sincérité et défendaient avec tant d’éloquence celte auguste prérogative de notre Mère....

« Que le culte de Marie, N. T. C. F., vous soit donc toujours bien cher ; que celte devise, Marie conçue sans péché, soit votre devise ; porlez-la gravée dans vos cœurs ; qu’elle soit souvent sur vos lèvres ! Daus vos peines, dans vos afflictions, dans les jours mauvais, hélas ! si nombreux sur cette terre, elle vous consolera, elle vous ranimera. Ce sera un cri de guerre, un chant de victoire qui vous fera triompher de toutes les attaques de l’enfer, de toutes les séductions du monde, de toute la violence de vos passions ; et lorsque votre âme s’en ira dans la maison de son éternité, elle adoucira pour vous encore le terrible passage. Au chevet de votre lit, Marie ranimera votre foi, vos espérances, elle mettra des paroles d’amour sur vos lèvres défaillantes, réchauffera votre cœur, et de sa main maternelle vous ouvrira les portes de la bienheureuse patrie (1). »

(i) Mandement du 2 juillet 1845.

M. l’Évêque de Gap a exprimé de nouveau les mêmes sentiments dans le Mandement qu'il a publié à l’occasion de l’Encyclique du 2 février 1849 (1).

Nous ajouterons, comme une nouvelle preuve de l'ancienne croyance de cette Église, louchant l’immaculée Conception de. Marie, qu’en 1457 Gauthier de Forcalquier, Évêque de Gap, a souscrit au Concile d'Avignon le décret qui ordonnait qu’on observât inviolablement la décision du Concile de Bâle, portant que la doctrine qui exemple la Mère de Dieu du péché originel doit être embrassée par tous les catholiques, comme étant conforme au culte de l'Église, à la foi. à la raison et ’a l’Écriture Sainte (2).

CCLXII1. — GÊNES ( nov.vunE de sahdaigne).

Lettre du Cardinal Tadisi, Archevêque de Gênes, au Pape Grégoire XVI : « Très- Saint Père, ça toujours été une croyance commune parmi les Théologiens catholiques, que la Bienheureuse Vierge Marie a été conçue sans aucune tache originelle; celte croyance, qui est fondée sur la doctrine des anciens Pères de l’Église, s’est considérablement développée, surtout de notre temps, par suite des prodiges sans nombre qui se sont opérés sous l’invocation de la Vierge Immaculée. C'est pourquoi un grand nombre d’Évêques, de Religieux et d'hommes pieux de toutes les nations, prosternés aux pieds de Votre Sainteté, vous ont prié avec instance, Très-Saint Père, de définir enfin, par un jugement émané de l'autorité infaillible que vous avez reçue de Dieu, la croyance commune de l'immaculée Conception de la Vierge Marie, et d’en faire un dogme catholique. Je viens aussi unir mes vœux â leurs vœux et à leurs demandes, en vous priant et en vous conjurant avec toute l'ardeur dont je suis capable, non-seulement de nous accorder l'office propre de V Immaculée Conception, avec l’ad-

(1) Mandement du 10 mars 1849.

(2) Voyez Avignon.

dition du mol Immaculala dans la préface de la Messe, et de l'invocation Reine conçue sans péché dans les Litanies de Lorelte; mais encore de déclarer catholique, par un oracle sorti de votre bouche, la pieuse croyance touchant la Vierge Immaculée dans son origine, et de la proclamer, par une délinition suprême, comme dogme catholique (1). »

En 1849, l’abbé Ferrari, Vicaire capitulaire deGènes, le Siège vacant, écrivait a notre Saint-Père le Pape, en réponse a l’Encyclique du 2 février de la même année, que le clergé et le peuple du diocèse montraient le plus grand zèle pour l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, que la dévotion dont ils étaient animés envers la Mère de Dieu, conçue sans péché, leur venait de leurs pères, et qu’on trouvait partout des preuves de celle ancienne croyance dans les autels, les oratoires et les associations érigées sous le litre de l’immaculée Conception. Il déclarait en outre, pour ce qui le concernait personnellement, qu’il croyait que la Bienheureuse Vierge n’a pas été un seul instant souillée par le péché, ajoutant que cette croyance était conforme à l’ancienne Tradition de l’Eglise, h l’Esprit des Pères et des Conciles, et que l'opinion contraire ne répondrait pas suffisamment h la bonté de Dieu, à la gloire de son Fils unique et à la Dignité de l'Auguste Vierge. Il terminait sa lettre en priant Sa Sainteté, au nom du clergé et du peuple, de proclamer euliu la pensée que l’Ésprit-Saint lui avait inspirée touchant l’immaculée Conception de Marie (2).

Cette lettre était accompagnée de celle qu’il avait reçue du Chapitre métropolitain. Les Chanoines rapportent dans leur lettre que, depuis plusieurs siècles, leurs pères ont pris Marie conçue sans tache pour patronne et pour reine de la répu-

(1) Enixe cfllagitarunt ut, qua ilivitiitus polies auclorilale et infallibilitale judicii detinias demum et calholicum fadas domina conununem (idem Inimaculalæ Conceplionis Virginia Mariæ. Dalum Gmute, 4 Mal. jan. 1844 : Panuu, etc., vol. VIII, pag. 28.

(2) Genuœ, die 20 juin 1849 : Pauesi, etc., vol. IV, pag. 74.

blique génoise, et qu’on a eu constamment recours à sa protection. Aussi demandaient-ils que l'immaculée Conception de la Mère de Dieu fût définie par le Siège Apostolique comme article de foi (I).

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