‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 30 sur 279 · XXX. — AMIENS (France · texte numérisé non relu

XXX. — AMIENS (France

M. Miolan, Évêque d'Amiens, aujourd'hui Archevêque de Toulouse : « Très-Saint Père, partout dans notre diocèse, dans les écoles et les prédications publiques, on défend la pieuse croyance de l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie, et tous les fidèles l’embrassent avec un grand sentiment de piété. Chaque année, en vertu d'un Induit apostolique, la fête de l'immaculée Conception se célèbre solennellement le second dimanche de l’Avent. Dans l’Église cathédrale, et dans un grand nombre d’autres Églises, est en vigueur la pieuse association connue sous le nom d ’ Archiconfrérie du Très-Saint et Immaculé Cœur de la Bienheureuse Vierge pour la conversion des pécheurs; elle y produit de grands fruits pour le salut des âmes. Il n’y a donc rien dans ce diocèse qui semble s’opposer à ce que le Saint-Siège Apostolique décrète l’immaculée Conception de Marie. Loin de là, nous, Pasteur, clergé et peuple fidèle du diocèse d’Amiens, tous animés de la plus grande dévotion envers la Conception de la Vierge Immaculée, demandons ardemment et avec les plus vives instances, à Votre Sainteté, de vouloir bien définir comme doctrine de l'Eglise catholique que la Conception de la Bienheureuse Vierge Marie a été Immaculée en tout, et entièrement exempte de tome tache du péché originel. »

Cependant le Prélat faisait observer que, si l'immaculée Conception était présentée dans cette définition comme un article de foi, formel, exprès ou explicite, il y aurait lieu de craindre, au jugement de certains esprits, animés d’ailleurs de bons sentiments, qu’il ne s’élevât dans les écoles quelques controverses à cet égard, ce qui serait peut-être un sujet de scandale pour les faibles, de discussions parmi les savants, et une occasion pour les hérétiques et les incrédules de tenir des propos contraires à la religion. Mais n’étant point arrêté par cette considération, quelque fondée qu’elle fût en apparence, il ajoutait aussitôt : « Très-Saint Père, quelle que

— tiü —

soit la définition de Votre Sainteté, nous recevrons le décret du Siège Apostolique comme étant la vraie règle, la règle irréformable de notre foi et de notre conduite ; et nous nous écrierons avec nos Pères et toute l’antiquité chrétienne : Pierre a parlé par Pie IX (1 I. »

Quelque temps après, Louis-Antoine de Sauhis, son successeur, prit part aux actes du concile provincial de Reims, tenu Il Soissons au mois d’octobre 1 849. Or les Pères de ce concile, réitérant la demande qu’ils avaient faite individuellement, prièrent le Siège Apostolique de détinir l’immaculée Conception de a Mère de Dieu comme doctrine de l'Eglise catholique ('il.

Déjà, en 1843, M. Miolan avait exprimé le vœu, conjointement avec plusieurs autres Prélats français, que le sentiment qui professe l’immaculée Conception de la Vierge Marie fût défini par le Saint-Siège comme dogme de foi (3).

En remontant plus haut, nous remarquons que la Liturgie d'Amiens, qui vient d’être remplacée par la Liturgie romaine, nous offre une nouvelle preuve de la croyance de ce diocèse touchant l’immaculée Conception de la Vierge. Le Bréviaire imprimé par l’ordre de Louis-François-Gabriel d’Orléans de la Motte, en 1746. et réimprimé sous l’épiscopat de M. Miolan, contient l’oraison suivante : « Dieu, qui, pour l’honneur de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avez préservé sa Bienheureuse Mère la Vierge Marie de toute tache du péché, nous vous prions de nous purifier par votre grâce de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-pure Conception (4).»

(1) Cæterum, Beati«simc Pater, quiJquitl ea île re Sanclitati Vcstrœ placuerit, decretum Scdis Apo«to)icæ ut reram et firmiter tenendam rredendi agendique régulant nccipiemns, mm Pntrihus noslris totnque rctro antiquilale christiana conelnmanlos : Petru» per Pium locuius ett. Amiens, 10 avril I84J : Parsri. etc,, toi. I, pag loi

(2) Voyez Rf.ims — (3) Voyez Arras.

4) Voyez appendice VI.

Enfin, le Rituel publié, en 1784, par l’autorité de Louis- Charles de Macliaull. Évêque d’Amiens, contient, parmi les annonces que les curés devaient faire au prône, la formule suivante, concernant la fête de la Conception : « Nous célébrons (le 8 décembre) la fête de la Conception de la Sainte Vierge. C’est un jour de joie pour nous, parce qu’il annouce le salut qui doit nous cire apporté par Jésus-Christ, en nous annonçant la Conception de celle qui doit le mettre au monde. Cette Conception de la Mère de Dieu est toute sainte, et l’on doit, pour l’honneur de son Fils, en éloigner toute idée, tout soupçon du péché. C est le sentiment le plus autorisé dans l’Église, quoique ce ne soit pas un article de foi. Iæs iidèles doivent l'embrasser avec joie, comme celui qui honore davantage la Mère et le Fils, et on ne doit point douter que Dieu n’ait produit Marie toute pure et toute sainte au moment de sa Conception, en la préservant de la tache originelle par un privilège spécial (1). »

En faisant cette annonce, tout le clergé du diocèse faisait une profession publique et solennelle de sa croyance h l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie.

Page 1