‹ La croyance générale et constante de l'Église touchant l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge MarieChapitre 65 sur 279 · LXXXIII. — BARI (royaume de naples · texte numérisé non relu

LXXXIII. — BARI (royaume de naples

Extrait de la Lettre que Michel Cari, Archevêque de Bari, écrivait au Pape, sous la date du 15 avril 1849: «Très- Saint Père, Dieu m’est témoin que je ne menls pas ; mon Archidiocèse verrait avec bonheur un décret émané de la Chaire de Pierre en faveur du mystère de l’immaculée Conception de la Vierge Marie; il aimerait à tenir désormais comme dogme de foi ce qui a été reçu jusqu’ici par la piété de tous. Parlerai-je de moi ? Mon cœur s’est ranimé et ma chair a repris son ancienne vigueur à la pensée que le jour était enfin arrivé, où il ne serait plus permis a personne d’avoir un sentiment contraire à la dignité de la Mère de Dieu conçue sans péché. Parlez donc, Très-Saint Père, l’univers à vos pieds attend de vous que nous voyions plus clairement que Marie est la femme promise à nos premiers parents, dès le commencement du monde, comme devant briser la tête du serpent, et nous applaudirons, et, dans le transport de notre joie, nous nous écrierons : Vous êtes vraiment toute belle, 6 Marie! et il n'y a point de tache en vous... Parlez, que votre voix se fasse entendre dans sa vertu et sa magnificence; proclamez votre jugement comme venant du ciel, et

(1) Barcinone, poatridie Irln» niitniali ann. 1R48 : Paueri, etc., fol. IX, P»g 129.

par vous Mario nous apparaîtra comme revêtue du soleil el foulant aux pieds la tête du Dragon, comme vraiment toute belle, et Immaculée, comme ayant élé bénie de Dieu entre toutes les femmes, el le monde entier fera éclater sa joie (I).

Nous avons une autre Lettre de l’Archevêque de Bari, qui est antérieure à l’Encyclique du 2 février 1849. Après quelques considérations générales tirées de la doctrine des Saints Pères, des décrets des Conciles el des Papes, de la Liturgie et de la croyance de presque tous les lidèles, il priait Sa Sainteté de définir enfin solennellement l’immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. « Cette définition, disait-il au Saint-Père, l’univers entier l’attend déjh depuis longtemps, et aujourd’hui, prosterné k vos pieds, il la sollicite de Votre Sainteté; et l'Église de Jésus-Christ, que vous gouvernez très-saintement, la demande instamment, plus instamment, très-instamment. Faites-nous donc entendre du haut de la chaire, que vous occupez si dignement, cet oracle apostolique : Il a plu au Saint-Esprit et h nous de déclarer qu'on doit tenir comme article de foi que la Vierge, Mère de Dieu, a été conçue sans la tache du péché originel (2). »

F.nfin, invité personnellement h se rendre h Borne pour assister aux conférences qui devaient précéder la proclamation du dogme de l’immaculée Conception, l’Archevêque de Barri écrivit au Saint-Père, en date du 13 novembre 1834,

(1) Beatissime Paler, sonet vox tua, vox in virlute, vox in maenificentia. et de calo auditum faciès judicium, et per Te apparens Mnrii vere amie la sole et sub pedibus confringens capila draconis, vere tola pulchra et itnmaculala, Benedicta a Domino Deo excelso præ omnibus mulieribus super terram; profusis gauiliis totus in orbe terr.irum mundus exullabit. Darii, die 15 aprilis 1849 : Parkri, etc., vol. I, pag. 95.

(2) Age ergo, Bealissime Paler, qui tubes scienliam sicul Angélus Dei, ut I uitlem aliquando audiamus ex Cathedra, in qu.i meritissime sedes, sicul Spinlui Sancto... ita et nobis visum est d cela rare, de fide lenenduin, Virginem Deiparam sine labe orizinali fuisse conception. — On retrouve le contenu de celte Lettre, qui est sans date, dans la Lettre du môme Prélat de l'année 1848. Ces deux Lettres se trouvent rapportées dans JX* volume des Parfri delV Episcopat o ca/tolico, etc. ; la première, à la page 3. et la seconde, à la page 195.

pour exprimer h Sa Sainteté sa reconnaissance et le regret profond qu’il éprouvait de ne pouvoir accomplir ce voyage, par suite d’une maladie très-grave dont il relevait k peine. Sa lettre était accompagnée d’une longue et savante dissertation qu'il avait rédigée pendant sa laborieuse convalescence, sur la défmibilité de ce point de doctrine, et à la fin de laquelle il adressait au Souverain Pontife ces belles paroles : « Je vous prie donc instamment, Très-Saint Père, de réaliser, par votre oracle infaillible, ce que toute l'Église désire. Puisque, dans ces temps désolants, où l’Église est aux prises avec tant de diflicultés et en butte a tant d'embûches occultes, il a plu à la divine Providence de vous réserver comme le Docteur et le Maître du salut, je vous conjure de couronner au plus tôt les vœux des fidèles, en usant de l'autorité que vous tenez de Jésus-Christ, Notre-Seigneur. Car le Dieu tout-puissant qui, selon la remarque de saint Augustin, sait appliquer aux diverses époques le remède qui leur convient, ouvrira, en vue de la glorilieation de la Bienheureuse Vierge, une source de joie pour tous ceux qui sont dans la tribulation ; et la condition de la grande famille chrétienne sera raffermie contre tous les assauts. Aussi, Très-Saint Père, tous les regards sont tournés vers vous, et toutes les voix vous invitent k remplir ce vœu de la piété publique, et votre souvenir se transmettra de génération en génération, pour l’accroissement extérieur d’honneur que votre délinition procureraklaViergeMère(l).»

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