IV. — ACQUAPENUEATE (états ro.vrinCAUi
On lit dans la lettre que M. Peuxi, évêque d’Acquapendenle, écrivait au Pape, en 1 8 i’J : « La Sainte et Immaculée Vierge, Mère de Dieu, est aussi la mère bien aimaule de tous les Chrétiens; elle est la patronne principale de celle ville et de ce diocèse, sous le litre même de l’immaculée Conception. » Puis, après avoir rendu témoignage de la piété
(t) Orbis un.vcisua, Suiptur arum oracu.is sulTullus, SS. l’alruin senter.liis roboratus. Ecclesiaiom liturgiis imimis, ejusdem Ecclcsiœ precibus, supplicatinnibus, Teslivitalibus edoclus, Virgipeni lmmaculatam nullaquc peccali labo conccplam Mariain Uci Malrem undiquo appellarc consucv il. Achrrvnlim, dit 28 octobris 1S-Î8 : I'aiuri, elc. , vol IX, pag. 1.‘0.
(2) Vojei Ar.aaen.
de lous les habitants de la cite envers la Bienheureuse Vierge Marie, il ajoute : « Très-Saint I’ère, vous comprenez déjà quel est mon sentiment, quels sont mes vœux : mes vœux, et les vœux de mon clergé et de tout mon troupeau, sont que la pieuse croyance de l'immaculée Conception, croyance commune et gravée dans presque lous les esprits, soit enlin sanctionnée et confirmée par un décret solennel du Siège Apostolique. Cette croyance, dit-il, est fondée sur la Tradition divine, qui brille comme le jour en plein midi dans la doctrine des Pères de tous les siècles, et dans les anciennes institutions de l'Eglise, c’est-à-dire dans les liturgies, même dans celles qui remontent aux temps apostoliques. Marie y est célébrée comme une Vierge très-sainte, très-glorieuse, comme Immaculée et distincte à ce titre de tous les autres hommes, comme exempte du péché sous tous les rapports, comme pure de toute éternité, comme digue avant lous les temps d'être la Mère de Dieu. » 11 cite ensuite les Pères, les Conciles, les Papes et les passages de l’Écriture, que les Docteurs ont coutume d’invoquer pour prouver que Marie a été conçue sans péché. Après quoi il conclut ainsi sa lettre : « Que reste-t-il donc à désirer pour décerner à la Mère de Dieu ce titre, le plus grand et le plus glorieux de tous les titres, si ce n’est l’oracle le plus grave de tous, l'oracle sacré de l’Église ou du Pontife Romain? et c’est cela même que je demande humblement et avec instance à la haute sagesse et à la grande piété de Votre Sainteté (1).
On remarquera que l’évêque d'Acquapendente met sur le même rang le jugement de l’Eglise et le jugement du Souverain Pontife, ce qui nous rappelle cette pensée de saint François de Sales : L’Eglise et le Pape, c’est tout un.
(1) Quid adhuc romand ad asterendum vindicandun.quc Beitæ Dci Genilrid omaïucnturum ac litulorum omnium maximum et pneciarum, nisi uiium omnium gravissimum sandissimumque KccIcmcc, si vc romani Pont ificis oranilum? Àlqnc hoc est, Ücatissimc Pater, quo i ogo supplidicr peto, oro «tqtic iinjloro a singulari tua sapientia, piclalc et religione. Ex civilité Atuip$ndii, die 15 augueti 1840 : Pareri, etc. , vol. 1, pag. 5U4.
Quelque temps après avoir écrit celte lettre 'a Pie IX, le même prélat, se trouvant avec dix-huit autres évêques réunis h Spolète, priait Sa Sainteté de décréter l'immaculée Conception, tant pour la gloire de Marie que pour la gloire de Dieu et l’utilité de l’Église (1).