CI. — BOGOTA oi SANTA-KÉ DE BOGOTA (kouvelle
GIIENADK ).
L Archevêque de Sainte-l oi de Bogota, Emmanuel Joseph De Monsquera, qui a si courageusement combattu pour la liberté de l’Église, écrivait au Pape en 1849 : « Comme l’Eciiture sainte, les Pères, les Docteurs en Théologie, les Conciles, entre autres le Concile de Trente, les Souverains Pontifes, lavorisent la pieuse croyance de l'immaculée Conception de la Vierge Marie; comme d’ailleurs l'Église, qui est infaillible dans les choses de la foi et de la morale, ne peut conseiller et encore moins ordonner un culte faux et superstitieux, ce qui arriverait cependant si la pieuse croyance de l'immaculée Conception de Marie était fausse, il s’ensuit que celle ciovance peut être définie par I Eglise, sequitur talent sententiam esse pvoxime definibilem ; c'est-à-dire, comme le pensait le
(B Arc porro, Bcalissiine Palor, eveipe liliorum vola, totiuaque catholici orliis desideriuni, et tandem a sublimi Aposlolicæ Sedis fastigio aclcmncni Conatitulioncni sapientia cl Cathedra Tua dignim cmille, qua. niundu Cœloqnc plaudcnlc. Sanelisstmîe üci GenilricU Conccptio penilus Immaculata et ah omni origin di lahe macula evpcrs dcccrnalur. D.ibam Bokii, die ü martii 18 A4 : |«Mnl "etc vol IX. pag. 66.
célèbre docteur Suarez, que l'Église peut définir, qnand elle le jugera il propos, celle vérité, savoir, que la Vierge a été conçue sans la tache du péché originel. Mais le temps opportun pour celte définition est-il venu? Qui peut en douter? Quant a moi, je crois que ce temps est arrivé, et qu'il est très-opportun. Le pieux sentiment de l'immaculée Conception est aujourd'hui universel; il est prêché partout; ceux mêmes qui autrefois l’ont combattu, le défendent maintenant avec le plus grand zèle; si cela n’a pas toujours été, Dieu l’a permis pour faire éclater de plus en plus la gloire de Marie. Dans l’Amérique méridionale, et particulièrement dans cet Archidiocèse, il n'y a qu’une voix pour proclamer que Marie a été conçue sans le péché originel. Dans les universités on fait vœu de défendre l’immaculée Conception, et sous ce titre-là même, Marie est reconnue pour Patronne de toute l’Amérique; plusieurs Églises, entre autres notre Cathédrale, sont dédiées à Marie conçue sans tache : nous avons des associations, des maisons religieuses, des fêtes publiques, instituées à l’honneur de l’immaculée Conception : plusieurs fois dans le courant de l’année, surtout pendant les ncuvaines et l’octave de la fête de l’immaculée Conception, les orateurs sacrés font de ce privilège de Marie le sujet de leurs discours ; et l'on n’anuonce jamais la parole de Dieu au peuple qu'on ne loue auparavant le Très-Suint Sacrement de l'Eucharistie et l 'Immaculée Conception de Marie.
« Ces faits et d’autres que je pourrais citer sont autant de preuves de la dévotion des fidèles de ce pays envers la Conception de la Vierge Marie. Aussi, ce que je ne saurais passer sous silence, à la lecture de l’Encyclique de Votre Sainteté, tous les fidèles ont éprouvé une grande joie, concevant dès lors l’espoir de voir bientôt définir, comme dogme de foi, la pieuse croyance de l’immaculée Conception de Marie. Déjà plusieurs Prélats en ont fait la demande à Vos Prédécesseurs ; j’ai fait moi-même la même demande à Grégoire XVI d'heureuse mémoire avec les Évêques de la Nouvelle-Grenade ; et aujourd’hui, quoique le dernier de tons, j’ose la renouveler
et prier Votre Sainteté, qui, comme chef uni par le consentement unanime au corps de l’Eglise dispersée (1), a reçu de' Dieu le don de l’Infaillibilité, de proclamer du haut de la Chaire apostolique que la glorieuse Vierge Marie, Mère de Dieu, laVierge des Vierges, a été Immaculée dans le premier moment de sa Conception (2|. »
M. Monsquera terminait sa Lettre en formulant ainsi son jugement qu’il soumettait à Sa Sainteté : « Je juge qu’on peut et qu’on doit délinir comme dogme de la foi catholique que Marie, toujours Vierge, a été préservée du péché originel par un privilège spécial de Dieu (5). »
Celte Lettre est du mois de décembre 1849. Le 1" novembre de la même année. M. Joseph-Antoine Chaves, Evêque auxiliaire de ce Prélat, avait écrit au Saint-Père une Lettre qui renferme, touchant l’immaculée Conception de Marie, les mêmes sentiments, les mêmes vœux, la même demande que la Lettre de l’Archevêque de Bogota.
CIL — BOIS-LE-DUC (hollande).
Henri Den?Dübbelden, Évêque d’Emmaüs in partibus infidelium, Vicaire Apostolique de Bois le-Duc, répondit h l’Encyclique par une Lettre du 25 juin 1849. Après avoir fait une longue énumération des institutions, associations, confréries et pratiques établies dans ce Vicariat, sous le titre de 17mmaculée Conception de In Sainte Vierye ou de Marie conçue sam péché, il ajoutait : « Vous voyez, Très-Saint Père, que nos fidèles et le clergé tiennent comme nous, de cœur et d’âme, à la pieuse croyance de l'immaculée Conception, qu’ils professent par parole, par écrit et par leurs actes; qu’ils la regardent comme une vérité très-certaine et incontestable, et
(1) Voyer à l'.irliclc ÉvnEüi ce que nom avons dit rie l'Autorité riu chel rie l'Église à l’occasion rie la Lettre de M. Olivier, Éviïque rie celte ville.
(2) Datum in urbe S.-Fidei De Bogota, VI Irius rieceinb. 1849 . Païucm, etc . vol. II, pag. 428.
(3) Pahsbi, etc., vol. II, pag. 287.
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qu’ils n'ont rien plus à cœur que de la voir définir au plus tôt, par un oracle de Votre Sainteté, par un décret de foi, décernant à Marie ce beau titre, qui, nous n’hésitons pas h le dire, est aussi glorieux pour Notre-Seigneur Jésus-Christ que pour sa Bienheureuse Mère, aussi réjouissant pour le ciel et consolant pour les serviteurs de Marie que terrible pour l’enfer et les ennemis de l’Église. C’est a celte fin que nous continuerons avec joie et avec une nouvelle ferveur de prier l'Esprit-Saint de répandre ses lumières sur Votre Sainteté (1 ). »
CI1I. — BOJANO (nov.vüsiE de Rafles).
En 1848, Joseph Riccaudi, Évêque de Bojano, désirait ardemment et demandait avec les plus vives instances que Notre Sainl-I’ère le Pape mît au nombre des articles de foi l’immaculée Conception de la Mère de Dieu. Il s’appuyait sur la demande du pieux Ferdinand II, roi des Deux-Siciles, sur le vœu unanime des Evêques, particulièrement de ceux du royaume de Naples, et sur la dévotion de tous les fidèles envers la Vierge Marie, comme ayant été sans tache, même dans le premier moment de sa Conception (2).