CXXIX. — CAHORS ( France
Jean-Jacques-David Bardou, Évêque de Cahors : « Très- Saint Père, la Lettre Encyclique qui nous est parvenue du lieu de votre douloureux exil, louchant la prochaine délinition de la Conception Immaculée, a rempli de joie le pasteur et le troupeau du diocèse de Cahors. Aussitôt nous avons indiqué des prières publiques pour demander à Dieu d’éclairer Votre Sainteté des lumières de sa grâce dans une question d'une si haute importance. Notre appel a été entendu : prêtres et fidèles, tous ont montré dans cette occasion un empressement digne d’éloges, comme ils sont toujours disposés à le faire, lorsqu’il s’agit de la gloire de Marie.
« Si nous en venons maintenant, Très-Saint Père, à inter-
(1) Calari, die 24 aprilis 1849 : Pahehi. etc., vol. 11. pag. 273.
(2] Enixc precor atque oblcstor, Bealissimc Palcr... ul qua polies auctorilale et infalUbtlitaie Christi in terris vicarius, univers dis Ecclesiæ Doeloret Magister, piam Virginia ab originali labo immunis fulem, calholicum Dogma supremaque dcfinilionc pronuntics. Oabam Calari, IV Monat februani 1844 : Parfju, etc., vol. IX, pag. 35.
roger la tradition de noire Église, tout ce que nous pourrons affirmer à Votre Sainteté, c’est que la dévotion la plus tendre envers la Bienheureuse Vierge Marie a été ici florissante dès les premiers siècles ; c’est que plusieurs antiques sanctuaires, entre lesquels se distingue celui de Rocamadour, ont été constamment en possession d’attirer une foule immense de pèlerins; c'est que, enfin, lorsqu’il y a quelques années nous avons obtenu de la Chaire Apostolique la faculté d'invoquer publiquement Marie sous le litre si doux et si pur de la Vierge Immaculée, tout notre diocèse a tressailli d allégresse. Or, n’avons-nous pas lieu de croire que cette croyance, aujourd’hui si fortement enracinée dans les cœurs, n'est qu’un pieux héritage transmis d’âge en âge des pères à leurs enfants?
« Quant a nous, Très-Saint Père, nous le déclarons en toute humilité, heureux de pouvoir donnera la Reine du ciel ce nouveau témoignage de notre dévouement et de notre amour, le saint nom de Dieu invoqué, ont, nous pensons que le Saint-Siège peut définir comme dogme de l’Église universelle que la Conception de Marie a été exempte de toute souillure originelle.
« Celle décision, si longtemps désirée, sera accueillie avec enthousiasme dans toutes les parties du monde; le ciel et la terre s’en réjouiront; elle sera, nous ne saurions en douter, une source abondante de bénédictions et de grâces pour votre personne sacrée et pour l'Eglise de Jésus-Christ, dont vous êtes le chef et le père si tendrement aimé(i). »
Quelque temps auparavant, en 1845, l’Êvèque de Cahors avait émis le vœu, avec cinquante autres Prélats français, que la croyance généralement reçue dans l’Eglise, louchant l’immaculée Conception de la Vierge Marie, fût définie par le Saint-Siège comme article de foi (2).
En remontant plus haut, nous trouvons une preuve aulhen-
(I) Calior*, le ^juillet 18-49 : Paiuiu, de.. >o’. !. png. 455.
(3) Voyez A h bas.
tique Je la croyance de l'Kglisc Je Cahors louchant l’immaculée Conception Je la Mère de Dieu. Le Missel de cette Église, imprimé en I7GIJ, contient, pour la Messe de la Conception, l'oraison suivante: « Dieu, qui, pour l'honneur de Noire-Seigneur Jésus-Christ, avez préservé sa Bienheureuse Mère, la Vierge Marie, de toute tache du péché, nous vous prions de nous purifier, par votre grâce, de toute iniquité, nous qui célébrons sa très-pure Conception (I). »