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SCENE PREMIERE LAURIANE, MARGOT

LAURIANE

Certes, je peux le dire à voix haute ; je me soucie des palmes académiques comme de mon premier caleçon de bain. Il n'en est pas moins vrai que le doute où je vis de savoir si je les ai ou si je ne les ai pas me crée un odieux état d'âme. Tu es sûre qu'on ne trouve pas VOfficiel à Chennevières?

MARGOT

Sûre. Je te l'ai déjà dit cent fois.

A Ghampigny ?

Pas davantage.

Et à 1 ' Varenne ?

Pas p:u:^.

LA CRUCrfE

MARGOT

LAURIANE

MARGOT

LAURIANE

Drc)le d'idée j'ai eue d'avoir choisi ce patelin pour y venir passer mes vacances !... Je la retiens, la banlieue ! En tout cas, tu pourrais me laisser passer ; tu vois bien que je vais tirer de l'eau.

MARGOT, qui se range.

Oh I pardon.

LAURIANE, le bras en mouvement sur le levier de la pompe.

C'est comme Lavernié. Si jamais ma chienne fait des petits, tu parles, ma fille, non ma's tu parles, si je lui en mets un de côté.

MARGOT

Qu'est-ce qu'il t'a fait ?

LAURIANE

Il m'a fait que V Officiel est mis en vente à six heures du matin, qu'il est près de cinq heures du soir, que ce grand imbécile me laisse sans nouvelles, et que quand on a dit aux gens : « Je t'enverrai une dépêche sitôt qu'il y aura du nouveau », on ne doit pas les laisser sur le gril comme de simples saint Laurent. C'est vrai, ça .. Mais range-toi donc ! C'est curieux, ce besoin d'être toujours dans mes jambes !... (Ilpasse devant Margot, les arrosoirs à la main, gagne la haie qui isole son petit jardin de r allée banale de la villa. L'x, brusquement :) Tiens, Camille I...

Qui, Camille ?

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