‹ La crucheChapitre 36 sur 54 · ACTE DFAXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DFAXIEME

LAVKRMÉ, aoec le plus grand sérieux.

Eli bien, alors, c'est entendu. L'affaire s'étant élucidée à la satisfaction de tous deux, je n'ai plus qu'à couronner tes vœux en choquant le verre avec toi à notre vieille amitié. Au petit calé, tu dis?

LAUHIANE

A six heures et demie.

LAVERXIÉ

Tu peux compter sur moi, j'y serai. Et pas de cérémonie, n'est-ce pas?... La soupe et le bœuf...

LALRIANE

... les quatre mendiants.

LAVERMÉ

C'est bien cela. A tout à l'heure.

LAURIANE

A tout à l'heure. — Sacré Lavernié !

LAVERNIÉ

Oui, mon vieux.

[Lauriane va pour sortir. A ce moment, sur le seuil de la porte même qu'il vient d'ouvrir, Camille paraît.)

CAMILLE, à Lavernié.

Bonjour, maître.

LAURIAXE

Madame Marvejol, Dieu me damne !

CAMILLE

Monsieur Lauriane, Dieu me pardonne ! Charmée de vous rencontrer.

LAURIAXE

Qu'est-ce que je dirai, alors? Inutile de vous demander des nouvelles de votre santé. Jamais on ne vous vit

58 LA cm cuE

plus charmante et plus jeune. J'ai cru, quand vous êtes apparue, que c'était le printemps qui revenait.

CAMILLE

Je me suis souvent demandé où vous alliez chercher les belles choses que vous dites.

LAURIANE, galant.

Je les lis dans vos yeux.

CAMILLE

L'image n'est pas très claire, mais l'intention est excellente... {A Lavernié.) Eh bien, maître, vous ne dites rien?

LAVERNIÉ

Je...

CAMILLE

Je vous dérange ?

LA. VERNIE

Aucunement.

CAMILLE

J'en suis bien aise. Je viens pour le portrait.

LAURIANE, curieux.

Un portrait?

LAVERNIÉ, surpris.

Quel portrait ?

CAMILLE

Comment quel portrait?... Mon portrait!

LAURIANE

Tu devais faire le portrait de madame, et tu...

LAVERNIÉ, feignant de se souvenir.

Où avais-je la tète ?

LAURIANE, sévère.

Je me le demande. {A Camille.) Ce n'est pas à moi que ces choses-là arriveraient.

Page 1