‹ La Cuisinière mariée, folie-vaudeville en un acteChapitre 3 sur 25 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PETtTGRIS, pMtf M- PKTITGÏUS.

PETIT!* RIS» entrant et achevant de j’urranger. Là!... voilà.... Maisquo fait donc Nastasié? je gagerais que la coquette.... ( Voyant ouvrir la porte de sa femme.) Ah!... (Lui prenant la matn.) Chère amie!

Am de Ma maiueste et de ma femme.

Dp Ion époux sincère,

Ma chère.

L'amour . i

Tendrement te souhait*'

Ta fêla En ce jour \

D'un charmant privilège Permcls-lui d'user...

Et sur ton front de neige Reçois son doux baiser.

LA Cl ISIMKIIK MARI KF. 3

Lui offiaut uu bouquet de renoncule» qu'il tenait caché derrière lui.

Daigne encore accepter ce léger hommage

Que tu surpasses pnr ta fraîcheur. - Kf*" PETiTur.is, tournant.

(lu bouquet , cher bijou ! (.4 port.) Quel affreux présage ,

Pour un mari dans «a couleur!

ENSEMBLE

PETITGRIS.

De ton époux fidèle L'amour,

En co jour,

Ici te renouvelle Ses serments Constants !

Pour son Anastasic Briller h jamais,

Oui, voilà de sa vie Les plus doux souhaits.

giuc PETITGRIS, a I Mirl .

Quand d'un époux fidèle.

L'amour,

En ce jour.

Ici me renouvelle Des serments Constants,

Sla noire perfidie M’inspire des regrets;

Le remords dans ma vie Se glisse pour jamais.

petitgris, montrant le bouquet. Il est gentil, pas vrai ?

S!"“ PETITGRIS. Moins que toi, chéri. (A port.) Pauvre Adolphe!... et moi qui ai eu l'imprudence de répondre aux mystérieux 1 billets roses qu'un inconnu. . . ingrate jpic je suis!...

' PETITGRIS, retenant. Mais te n'est pas tout... Qui donc qui avait envie d'une jolie' petite campagne aux environs de Nogent?

Vf" PETITGRIS. Celle des Mélifln ! tu as 1 terminé?

PETITGRIS. Non! non, pas encore! il tient toujours 5 35... moi je tiens à 30. Mordicus! Mais tu sais... ces anciens bonnetiers sont sensibles à un bon dîner... Je les ai invités pour ce soir. . . entre le poivre et la salade, je les entreprends, je les entortille...* je les fascine. . . et au dessert. . . Stasie, je te fais hommage de la charmante villa et peut-être aussi d'un neveu.

M“ petitgris. l'n neveu ?

PETITGRIS. Un mari pour Ainanda, que tu vas aller chercher à sa pension. Un joli |x*tit mari.

M'” PETITGRIS. Quiça?

petitgris Encore un de nos invités...

noire ex-voisin de la nicdesGravHliers.

M"" petitgris. Timothée Chicoreux?

petitgris. I, 'herboriste. . . j'ai le doux espoir qu'assis à table à côté de notre nièce. . .

M"* PETITGRIS. Mais Amanda A* déteste'

PETITGRIS. Qu'est-ce que ça prouve? ne te souviens-tu pas que lorsque je t’ai épousée... et cependant... depuis... ( Soupirant yaillardement.) Ah!... Ainsi lu vois qu'il nous • faut un repas... mais'... uu rc|>as diplomatique... et je veux recommander à Victoire...

M"” petitgris. J'ai aussi 5 lui parler. - (Appelant.) Victoire... Victoire...

victoire, entrant par la 2*' parle de gauche. ■ Bonjour, monsieur... madame...

Bonne fête, madame.

Elle fait la révérence.

M“ petitgris. Merci, mademoiselle.

VICTOIRE, à part. Toujours manizcllc.

Elle se met à éplucher des légumes. '

M we PETITGRIS. Nous direz-vous avec qui vous parliez, ici tout à l’heure pendant que je m’habillais?

PETi rcnis. Je suppose que tu n’as pas d’amoureux... que tu ne cultives ni le |»mpier ni le fantassin!

Air d'Arislippc.

Victoir’, tu connais la consigne.

Tu sais que je no veux ici Ni pompier, ni troupe de ligne.

Ni petit cousin, ni mari :

Par ce moyen, vois-tu, j'espère No jamais trouver en ccs lieux Mon bordeaux tournant à l’eau claire.

Mon bouillon privé de ses jreo*.

Quelle était cette voix mâle avec qui tu dialoguais ?

victoire. Hé ! monsieur, c’était le garçon épicier.

petitgris. la* jeune Célestin?

' M"" petitgris. Oc petit drôle qui a osé nous demander la main d’Amanda ?...

petitgris. Ah ça, mais, il veut donc fine j’use mes bottes sur ses fonds de culotte ?

VICTOIRE, l’ardinc ! mais il faut bien qu'il apporte les prov isions de chez sun patron. . .

•PETITGRIS. Je xais déclarer il l'épicier que s'il envoie de nouveau chez moi ce jeune intrigant , je lui retire nia pratique... ou j’achète il l’instant des bottes il triple semelle... En voilà assez!... je n'ai pasle temps aujinird'lmideme mettre en colère. . . Dis- moi. lu as tout ce qu'il faut?... il s’agit de te distinguer, de te surpasser toi-mème.

victoire. N'ayez pas peur, monsieur...

laissez-moi faire.

PETITGRIS. De ton repas dépendent les destinées de deux grandes affaires que je mijotteavec le plus vif intérêt... Si, grâce à toi, je réussis... je suis capable... ma foi , oui, j’en suis capable...

'VICTOIRE. De quoi, monsieur?

petitgris. De t’accorder, à titre de gratiliraliou, un livret de cent écus sur la caisse d'épargne. •

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