‹ La Cure Chirurgicale Du Cancer De L'EstomacChapitre 123 sur 129 · SmiTu. (Lancet, 1891, I, p. 1070.) — Mort opératoire · texte numérisé non relu

SmiTu. (Lancet, 1891, I, p. 1070.) — Mort opératoire

054. — BoWREMAN JESSET. (Larcet, 1891, IT, p. 921.) — Femme de 38 ans.

Opération, le 4 août 1891.

Carcinome du pylore, mobile. Pour la gastro-entérostomie emploi des plaques de Senn.

255. — Ruraerrorp Monison. (Lancet, 1893, IT, p. 1148.) — Homme de 65 ans.

Opération, le 3 août 1892.

Plaques de Senn pour la gastro-entérostomie.

Durée : 2 heures.

Diagnostic histologique. — Squirrhe annulaire du pylore.

Mort le 6 mars après avoir présenté pendant la nuit une syncope et de la dyspnée.

AUTOPSIE. — Suture en bon état, pas de péritonite ; un peu de sang souillait l'intestin.

256. — LAUENSTEIN. (Cas 12 in Deutsch. Zeitsch. f. Ch., XLIV , p. 241.) —

Femme de 66 ans.

Opération, le 22 février 1893.

Le pylore et la partie voisine de la petite courbure sont le siège d'une tumeur dure, du volume d’un œuf, pas tout à fait annulaire. Adhérences au pancréas. Après ligature des adhérences avec le hile du pancréas, ablation de la tumeur, fermeture dés2 orifices:par 2 ou 3 rangs de sutures, par gastro-entérostomie. Durée : 57 minutes.

Diagnostic histologique. — Careinome,

Mort le 26 février.

257. — Clinique de CZERNY: (Cas 3:in MUNDLER, Béitr. 2. kl. Ch., XIV, 1895.) — Homme de 42 ans.

Opération, le 13 novembre 1893.

Grande dilatation de l'estomac ; tumeur mobile ; infiltration des ganglions.

Manuel opératoire : Comme après la résection le duodénum se montrait rétréci, épais, et difficile à attirer vers l’estomac, on fit l’occlusion des 2 lumières par des sutures en plusieurs étages. La portion d'estomac située à 4 centim. en arrière de la suture d’occlusion, se laissant facilement rapprocher de l’anse duodénale située au-dessous, cette partie fut fixée dans la situation verticale par une suture continue séreuse ; on pratiqua un orifice dans les parois gastrique et intestinale et on fit un deuxième plan de suture de Braun et en troisième lieu une suture muqueuse. On sutura de même les bords antérieurs des orifices.

Durée : 2 heures. |

Portion enlevée : 15 centim. dans sa plus grande longueur. Orifice pylorique

admettant le volume d’un crayon. :

Diagnostic histologique. — Carcinome médullaire.

Faiblesse croissante. Pneumonie. Mort le 22 novembre.

AUTOPSIE. — Pleurésie séro-fibrineuse à droite avec atélectasie pulmonaire par compression du lobe inférieur droit, A gauche et en bas, pneumonie (Schluckpneumonie).

258. — Von HackER. (Clinique de BILLROTH, III, série Loc. cit.) — Femme de 43 ans.

Opération, le 2 avril 1894.

Tumeur du volume d’un poing d'enfant. Ganglions sur la grande et la petite courbure ; le tout est enlevé, y compris la tête du pancréas adhérente.

Manuel opératoire : 1° Gastro-entérostomie postérieure ; 2° résection et occlusion des 2 bouts. à

L'’orifice pylorique admet le petit doigt.

Diagnostic histologique. — Carcinome cylindrique.

Mort dans les premiers mois, par suite de récidive (?)

259. — QUENU. (Sem. medic., 11 juillet 1894, n° 40, p. 139. — Revue de chirurgie, 1895, p. 850. — DuviviEr. Th. Paris, 1895.) — Femme de 32 ans.

Le 20 avril 1894. M. Quénu pratique une laparotomie exploratrice et découvre une tumeur limitée au pylore, mobile avec des ganglions mobilés dans l'épiploon gastro-hépathique. M. Quénu n'ayant pas l’assentiment de la malade pour entreprendre la résection, remet celle-ei à quelques jours.

Opération, le 5 mai 1894.

1° Gastro-jéjunostomie à l’aide d’un bouton de Murphy n° 3, soutenu par trois points séparés muqueux et séreux pour l’occlusion des deux orifices gastrique et duodénal.

Durée : 1 heure 55, dont 15 minutes pour la gastro-entérostomie

Diagnostic histologique. — Épithélioma.

Guérison opératoire.

Augmentation de dix-huit livres en trois semaines.

14 mars 1895. Bon état général ; pas de menace de récidive.

Mai 1895. Récidive ; vomissements glaireux, mais non alimentaires.

2 octobre 1895. Mort.

AUTOPSIE. — Communication restée largement perméable : le bouton est retrouvé dans l'estomac.

260. — KocHER. (Cas 12 in Deutsch. med. Woch., 1895, p. + Femme.

Opération, le 13 juin 1894.

Careinome du pylore avec adhérences très solides sur la paroi Den EuRe, Gros paquet de ganglions tuméfiés vers la grande courbure.

Manuel opératoire : 1° Pylorectomie, et fermeture des deux orifices. Le duodénum ne se laissant pas suffisamment rapprocher du moignon gastrique, Kocher abandonne son procédé pour faire la gastro-jéjunostomie.

Diagnostic histologique. — Carcinome colloïde avec mélastase ganglionnaire (Langhans).

Guérison opératoire.

En février 1895. La malade ne se trouve pas très bien depuis l'opération ; elle a encore des douleurs ; elle peut manger de tout assez passablement, a un peu augmenté de poids.

261. -— KABLUKOW. (Petersb. med. Wochensch., 1895, Beilage, p. 8.) — Femme de 45 ans. — Ne peut plus marcher ; séjour au lit; eschares de décubitus. Le carcinome avait envahi tout le pylore et la face inférieure de l’estomac dans une étendue de 7 à 8 centim.

. Pylorectomie et gastro-entérostomie.

: Guérison opératoire.

Six mois après l'opération, la malade avait Rnene de 52 livres.

262. — BILHAUT. (Bullet. de la polyclin. de D'Hôpit. intern., août 1897.) — Homme de 55 ans.

Opération, le 4 juin 1895.

Néoplasme siégeant au-dessous de la région pylorique, dans la première por. tion du duodénum, de forme annulaire. Très mobile, et très limité.

Pylorectomie et gastro-jéjunostomie antérieure. Trois plans de sutures partout. Durée : plus de deux heures.

La tumeur ne laisse qu'un calibre intestinal tortueux, d’un diamètre de 2 millim. à peine.

Diagnostic histologique. — Tumeur de nature épithéliale, éléments épithéliaux particulièrement abondants dans le duodénum, prolifération épithéliale anormale dans la région pylorique.

Le quatrième jour, matières fécales décolorées. Le dix-neuvième jour, fistule biliaire vers l'extrémité supérieure de la plaie ; cette fistule persiste cinq jours; vingt-unième jour, garde-robe colorée.

Sortie le 10 juillet 1895, en bon état.

Mort peu de temps après de pneumonie.

263. — Socin. (Corresp.Bl. f.Schw. Aerate, XX VI,7;, p. 207, 1896. — Eod. loc., 15 mai 1897, p. 306.) — Femme de 45 ans. Poids, 43 kilog. 500.

Opération, décembre 1895. Chloroformisation.

Tumeur mobile sans métastase. Adhérences entre le grand épiploon et le liga-

ment gastro-colique, qui nécessitent la section de celui-ci au ras du côlon en un.

point.

Pylorectomie et gastro-jéjunostomie. Syncope pendant la chloroformisation. Ce procédé de résection a été employé en raison de l'étendue de la résection, 14 centim. sur la grande courbure, 8 centim. 5 sur la petite,

Diagnostic histologique. — Carcinome cylindrique.

Dixième jour : petite fistule stercorale dans la plaie ; de plus, fistule gastro

colique par suite des lésions de l’épiploon gastro-colique.

Ces fistules se ferment d’elles-mêmes au bout de trois semaines.

21 février 1896. Amélioration rapide ; augmentation de 6 kilog.

Tous les aliments sont bien supportés.

Le 18 février 1897. Tout à fait bien portante, la malade a repris ses occupations ; aucune trace de récidive.

. 264. — Z. V. MANTEUFFEL, (WOLD. FIck, cas 2. Archiv f. KI. Chir., LIV, p. 530.) -- Femme de 37 ans.

Opération, le 14 janvier 1896.

La tumeur occupe toute la région du pylore et la petite courbure, jusque dans le voisinage du cardia où l’on extirpe deux ganglions augmentés de volume et manifestement cancéreux. En faisant des ligatures sur le mésentère, hémorrhagie abondante provenant de la tête du pancréas. Ligature sur le tissu pancréatique. Isolement très pénible de la tumeur. Le duodénum ne se laissant pas suffisamment attirer vers l'estomac après la résection, on abandonne le procédé de Kocher pour la gastro-entérostomie postérieure, après la résection de la tumeur.

Un tamponnement de gaze iodoformée est laissé au niveau de la tête du pancréas ; le reste de la paroi abdominale est suturé à trois étages.

Après l'anesthésie, un vomissement; plus tard, douleurs vives et collapsus marqué.

Troisième jour, changement de la mèche de gaze iodoformée ; cinquième jour, râles de bronchite dans les deux poumons ; sixième jour, douleurs vives dans l'épigastre et ictère ; septième jour, après un lavement, selle décolorée ; neuvième jour, mort.

AUTOPSIE.— Pas de péritonite ; abcès bien limité qui entoure la tête du pancréas nécrosée, Pneumonie métastatique du lobe inférieur droit.

265. — CHAPUT. (Congrès français de chirurgie, 21 octobre 1896, Bullet el Mém. Soc. méd. des hôp. de Paris, 15 octobre 1897, p. 1164.) — Homme de 51 ans.

Opération, le 18 juillet 1896.

Anneau néoplasique au pylore.

Résection. Fermeture des 2 bouts par une suture à 2 étages. Gastro-entérostomie antérieure à l’aide du bouton de Chaput.

Durée de l’opération, 2 heures.

Diagnostic histologique. — Petit îlot microscopique de tubes d’épithélium pavimenteux, métatypique. Lésion cancéreuse au début, invisible à l'œil nu (Toupet).

Guérison opératoire, sans incident.

Octobre 1896. Augmentation de 19 livres depuis l'opération.

15 octobre 1897. L'opéré est présenté en excellent état à la Société médicale des hôpitaux ; a repris son travail, mange de tout et digère bien.

9 mars 1898. Même état (Société de chirurgie).

266. — Novk-JOSSERAND. (ROUBION. Lyon médical, LXXXIV, p. 306 et p. 346.) — Femmé de 43 ans, RAOEZ :0K3

Opération, le 20 janvier 1897.

Tumeur très mobile du volume d’une grosse noix ; aucune adhérence ; deux petits ganglions dans l’épiploon.

Manuel opératoire : 1° Gastro-jégunostomie à l’aide du bouton de Villard ; quelques points de suture maintiennent l'anse jéjunale en bonne position ; 20 Résection et occlusion des deux orifices tout et duodénal. par un triple surjet à la soie.

La pièce comprend tout le DYioLé et la portion voisine de l’estomac, sur une longueur de 8 à 9 centim.

Diagnostic histologique, — Limite plastique (Bard).

Dans ce cas, il eût été impossible, à cause de l’étendue de la partie enlevée, de réunir le duodénum à la ligne de suture d’ocelusion, ou de faire le procédé de Kocher,

Mort le 10e jour de broncho-pneumonie.

AUTOPSIE. — Abdomen en excellent état ; le bouton est en place, mais les adhérences sont si faibles que la demi-circonférence se détache sous une très faible traction. |

Sutures d'occlusion en très bon état ; les sutures de soutien avaient lâché.

267.— D" HARTMANN. (Observation inédite.) — Femme de 41 ans, qui nous est adressée par le Dr Warin (de Saint-Cloud) ; depuis environ 3 ans elle souffre de l’estomac..La maladie a débuté par des crampes d'estomac qui se faisaient sentir la nuit. Pas de vomissements. À ce moment, cette femme consulta un médecin qui la mit au lait et à l'eau de Vichy, et lui fit supprimer le café, le vin, la salade, etc. La malade se trouva mieux pendant 3 mois ; elle digérait bien. Il y a un an survint de la faiblesse générale ; le ventre augmenta de volume. Le matin la malade se sentait l'estomac plein comme la veille; les douleurs étaient moindres qu’au Réputs mais la digestion se faisait toujours. difficilement.

Poids, 166 livres. Malgré l'usage de cachets de pepsine, le poids.s’abaissa à 130 livres. D’août à novembre 1897, lavages d'estomac ; le matin à jeun on retirait du lait ingéré la veille; le poids remonta à 136 livres. De novembre 1897 à avril 1898, on cesse les lavages ; à cette époque, l’état empirant, les lavages sont recommencés quotidiennement,

Le 3 juin 1898. La malade ne digère plus rien ; on retire le matin par la

sonde ce qui a été pris la veille; constipation Opiniätre ; amaigrissement. Poids, 115livres.

Avant cette maladie, bonne santé habituelle, jamais de grossesse.

Père mort d’une maladie d'estomac accompagnée d’une sciatique. Mère morte tuberculeuse. Un frère et une sœur morts, l’un à 18 mois, l’autre à 5 ans, du CrOup.

Le 6. Malade pâle, amaigrie ; clapotement stomacal; tumeur ae limitée entre

l'ombilie et le rebord costal, en haut et à droite de l’ombilic, indolente au palper.

Opération, le 13 juin 1898, par M. HARTMANN. Chloroforme, Dr Bourbon ; aides : Guinard, Cunéo, Gosset.

Incision médiane sus-ombilicale contournant lombilie à gauche. Sur cette incision est branchée à 2 travers de doigt au-dessus de l’ombilic une incision transversale à droite, coupant la moitié interne du muscle grand droit.

La région pylorique se montre occupée par une infiltration gris blanchâtre et une tumeur qu'on peut prendre avec les doigts ; le tout est mobile. Perforant le petit épiploon le long de la petite courbure, le doigt est passé en arrière de la tumeur ; celle-ci semble tout à fait indépendante de la paroi abdominale postérieure. On pratique en premier lieu la gastro-entérostomie postérieure (von Hacker). Ensuite la résection est entreprise. Pince de Doyen sur l'estomac près de la bouche anastomotique afin de pouvoir enlever de gros ganglions le long de la grande courbure. Section des tuniques gastriques ; suture à deux étages. Section des replis épiploïques le long des deux courbures, en faisant de petits paquets isolés et allant progressivement de gauche à droite. On découvre ainsi, qu'en un certain point la tumeur se confond avec la tête du pancréas ; on doit en cetendroit couper en plein tissu pancréatique; de nombreux vaisseaux sont pincés et liés. Section du duodénum loin du pylore, car en avant et en arrière de la première portion se trouvent des ganglions volumineux et fusionnés avec les tuniques duodénales. Le bout duodénal est tellement court que son occlusion totale est difficile ; on peut bien faire le premier plan de sutures comprenant toutes ses tuniques, mais il est impossible d’invaginer ce plan; onramène alors au-devant du bout duodénal et du tissu pancréatique blessé, du tissu séreux de la face postérieure de l’arrière-cavité et on le suture à la face antérieure séreuse du duodénum. Un drain bien calibré est placé vers la tête du pancréas et les bords de la brèche épiploïque sont suturés aux bords correspondants du péritoine pariétal pour isoler l’arrière-cavité de la grande.

Durée de l’anesthésie, 2 heures : de l'intervention, 1 h. 35.

Examen des pièces. — On sent sur la face antérieure de la portion enlevée une induration très nette qui forme saillie et se propage sur les courbures et la face postérieure. En arrière du pylore, empiétant sur le duodénum, se voit un ganglion énorme du volume d’une grosse noix ; un ganglion siège également en avant de la même région. Deux ou trois gros ganglions se montrent dans le grand épiploon, près de la grande courbure, mais sans lui adhérer. L’estomac étant ouvert, on remarque sur Sa face antérieure une ulcération profonde et végétante large comme une pièce de 5 francs. Tout autour d'elle la muqueuse est tomenteuse et indurée sur une grande étendue. La section a dépassé les parties malades du côté de l'estomac ; on ne peut affirmer qu’il en ait été de même du côté du duodénum.

Examen histologique, par le Dr MIGNOT. — La coupe correspond à la partie moyenne du canal pylorique, sans en comprendre toute l'épaisseur.

Coupe d'aspect uniforme ; longues bandes étroites de tissu conjonctif entre lesquelles se trouve une couche composée de cellules épithéliomateuses, atypiques et de leucocytes. Ces dernières infiltrent egalement les travées fibreuses.

Sur beaucoup de points les travées sont séparées par des espaces vides, les cellules précédentes ayant une grande tendance à vider ces larges alvéoles.

Suites opératoires. — Pendant les cinq premiers jours, 1,200 grammes de sérum par jour. Deuxième, troisième, quatrième jours, champagne, eau de Vichy, lavements nutritifs. Cinquième jour, un demi-litre de lait en plus. Suppression des lavements nutritifs à partir du sixième jour. Œufs à partir du huitième ; depuis, alimentation progressive.

Quatrième jour, gaz et selles aprèslavements ; huitième jour,un peu de diarrhée.

La température, qui était restée au-dessus de 38° jusqu'au sixième jour, baissa à partir de ce moment, où il se fit-par le drain un écoulement bilieux et intestinal abondant, trèsirritant pour la peau. Le large drain fut remplacé par un autre plus étroit ; l'écoulement devint moins abondant mais persistait encore avec des intermittences dans la quantité des liquides écoulés, le quatorzième jour ; l’état général s’améliorait malgré la présence de cette fistule duodénale.

Actuellement, 28 juin, la malade digère bien tout ce qu’elle prend, mais il persiste encore une fistule qui donne lieu à un écoulement de bile et de suc intestinal, sans matière alimentaire, écoulement irritant pour la peau.

267 bis. — (Observation inédite.) (1). — Hugues L..., 33 ans, nous est adressé par le D' Soupault. Il entre, le 18 juin 1898, salle Jarjavay, venant de l'hôpital Andral, du service du Dr Mathieu.

Il se plaint de douleurs excessivement violentes à la région épigastrique ; il n'y a pas d’élévation de température ; le malade ne peut absolument rien prendre ; tout, même le lait, étant vomi aussitôt.

Le malade interrogé fait remonter le début de son affection à la fin de février de cette année ; à ce moment il commença à perdre l'appétit et les forces. Il avait une sensation de pesanteur à la région épigastrique, sensation très pénible redoublant d'intensité après les repas. Il avait aussi quelques régurgitations acides. À ce moment, il ne vomissait pas encore. Il entra à l'hôpital Andral le 1er juin, dans le service du D" Mathieu. Là le D' Soupault l’'examina complètement, lui fit deux lavages d'estomac et une analyse du suc gastrique. Apepsie ; présence d’acide lactique.

Le traitement consista en lait, potages clairs, poudre de viande ; l’effet en fut du reste absolument nul.

Le 18 juin, le malade fut pris le matin d'accidents aigus de sténose pylorique : douleurs excessivement violentes à la région épigastrique, vomissements à la moindre tentative d'alimentation.

Pas d’antécédents héréditaires ni personnels, sauf cependant quelques excès alcooliques il y a cinq ou six ans.

État actuel. — Le malade très affaibli, mais pas trop cachectique cependant, se plaint de souffrir beaucoup de l’estomac ; à l'examen, on constate que par la percussion, la limite inférieure de la sonorité gastrique est un peu au-dessous de l’ombilic.

(1) Cette observation, trop récente, ne figure pas dans les chiffres de notre statistique.

À la palpation on sent sur la ligne médiane et s'étendant un peu à gauche, Correspondant au siège anatomique du pylore, une tuméfaction régulière, dure, très douloureuse à la pression. Les autres organes abdominaux paraissent sains. \

Opération, le 21 juin, à 8 heures et demie du matin, par M. HARTMANN. Chloroforme, M. Bourbon. Aides : Gosset, Guinard et Guillemin. — Après lavage de l'estomac avec 6 litres d’eau de Vichy, laparotomie médiane susombilicale. On trouve une masse cancéreuse qui occupe la région pylorique. En haut cette masse est recouverte d'exsudats fibrineux qui la relient à la face inférieure du foie. Le long de la grande courbure, au voisinage du pylore, on trouve quelques ganglions gros comme de petites noisettes. On décolle la région pylorique d'avec la face inférieure du foie, ce qui est facile, les adhérences étant molles et glutineuses. On effondre l'épiploon gastro-hépatique et explore la face postérieure du pylore qui paraît mobile. On sectionne alors par petits paquets les épiploons, liant au-dessous des ganglions qui bordent la grande courbure. Deux pinces courbes sont ensuite placées sur l'estomac; section entre les deux; suture à deux plans de la section stomacale. Faisant relever le bout duodénal dont Ja section est enveloppée d’une compresse, on avance progressivement pour arriver à couper en plein tissu sain ; onest obligé de décoller la face antérieure du pancréas, mais cela se fait facilement sans sculpter la glande. La section duodénale porte trop loin pour pouvoir être facilement suturée à la face postérieure de l'estomac ; aussi, faisant un trou dans le mésocôlon transverse, on attire l’origine du jéjunum, puis on fait la gastro-entérostomie postérieure verticalement sur la face postérieure de l'estomac. On attire alors l’anastomose à travers le trou du mésocôlon transverse et on fixe par 4 points la partie saillante en bas de l'estomac aux bords du trou du mésocôlon. Un drain est placé dans la cavité résultant de la résection stomacale.

Durée de l'opération : 2 heures, dont 28 minutes pour la gastro-entérostomie.

Examen de la pièce. — Le segment d'estomac et de duodénum enlevé représente, fendu et étalé, une sorte de trapèze d'environ 130 centimètres carrés ; en son milieu, on voit un néoplasme ulcéré situé exactement au niveau de l'antre pylorique. En arrière du côté de la grande courbure, quelques ganglions gros comme des noisettes.

Après l'opération, injection de 500 gr. de sérum artificiel. A 5heures dusoir, pouls à 80°, température 360,8, pas de vomissements; état général très bon. Deux nouvelles injections de 500 gr. de sérum, et 5 lavements de thé et cognac. Le malade urine seul. Le lendemain, 22 juin, pouls à 100, température 379,4; état général excellent, vraiment surprenant après une intervention aussi grave. Le surlendemain 23 juin, pouls à 90, température 370,4 ; le malade prend du lait, du champagne glacé ; a uriné seul 500 gr. d'urine normale ; état général toujours très bon.

24 juin, pouls à 90, température 370,3; ablation du drain qui est remplacé par un autre beaucoup plus court et d’un plus petit calibre ; état général toujours excellent. 8 juillet. Guérison opératoire.

4, — Résection pyloro-gastrique avec anastomose latérale en raquotte.

& cas, k morts opératoires (100 p. 100 JE

268. — V. ErseLsBERG. (Archiv f. klin. Ch., Bd 39, p. 796.) — Femme de 45 ans.

Opération, le 2 avril 1888.

Cancer du pylore très étendu mais bien limité.

Pylorectomie et gastro-jéjunostomie en raquette. Suture muqueuse continne ; sutures séreuses à points séparés. Les sutures coupaient les parois de l'estomac:

Durée : 3 heures et demie.

Mort au bout de 2 jours de péritonite par perforation. |

A l'AUTOPSIE, on trouva un orifice gros comme un pois à l'endroit où les sutures d’occlusion et d'abouchement se rencontraient.

269. — Doyen. (Archives provinc. de chirurgie, juillet 1892.) — Femme de 39 ans, in extremis.

Opération, fin 1891.

Le cancer a envahi les 2 tiers de l'étendue de l'estomac et empiète au travers du pylore sur le duodénum, au niveau de la grande courbure. Gros ganglions extirpés dans tout le voisinage.

Manuel opératoire : Abouchement de l'extrémité de la section stomacale

elle-même dans le jéjunum. Partout 3 plans de suture continue entrecoupée. :

Les parois de l'organe se trouvent réséquées en presque totalité : il n'existe

plus du côté de la grande courbure que de quoi ménager un canal étroit du

diamètre de l'intestin grêle, entre le cardia et l'extrémité du viscère.

Le 9e jour, malaise ; l'abdomen est douloureux et distendu.

Délire. Mort avec 41° de température.

AUTOPSIE. — Issue du contenu stomacal par un orifice minuscule au point de jonction des sutures circulaire et longitudinale, par nécrose des parois provoquée par la multiplicité des fils. Excellent état du reste de la suture.

270-271. — Roux. (Congrès français de chirurgie, 1893.) — Dans deux cas de résection pylorique pour cancer, devant l'impossibilité de rapprocher le duodénum de la section stomacale, ferma l'ouverture duodénale et aboucha l'extrémité inférieure de la plaie gastrique dans le jéjunum.

Les 2 cas se terminèrent par la mort.

5. — Résection pyloro-gastrique sans indication du procédé d'anastomose,

18, cas, 9 morts opératoires.

272. — JESSET. (British medic. Journ., 27 juin 1891. — Soc. med. chir., 14 juin 1892.)

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