LA GRAVE
De Paris à Grenoble en chemin de fer, de (Grenoble à Bourg-d'Oisans en tramway à vapeur, de Bourg-d'Oisans à la Grave par diligence en (|uatre heures et demie.
La Grave est construite en amphithéâtre sur une colline juste en face de la chaîne du Pelvoux : c'est un village composé de masures assez misérables étagées le long- de la grand'roule. Du Lautaret on y arrive par un long- tunnel.
Le village est suspendu sur une corniche au-dessous de laquelle coule la Romanche. En face, et tout près, la chaîne du Pelvoux se dresse à pic : le g-roupc de la 31eige est celui qu'on a immédiatement sous les yeux et des glaciers énormes en descendent jusqu'au bas de la vallée. C'est magnifique, mais très triste. L'absence de végétation, les croupes des montagnes nues, le rocher sec, la neige donnent une grande impression d'isolement.
Le nombre des personnes qui peuvent résider à la Grave est assez restreint. La vie y est très simple. Les excursions de grand sommet y sont merveilleuses. Mais la promenade pédestre du valétudinaire n'est guère possible que sur la grande route.
STATIONS d'Été 249
L'ombre des sapins y est inconnue ou du moins il faut aller loin pour la trouver. A mon avis c'est un séjour de touristes bien plus qu'une station climatérique.
Le climat est rude; quand il fait chaud la poussière n'est pas
Fig. 60. — La Grave (ISaO").
absente. En résumé : pays superbe, mais peu confortable, bon pour des touristes et médiocre pour des valétudinaires.
Indications. — On n'enverra pas à la Grave de véritables malades. On y fera séjourner des personnes aimant la solitude, aimant se reposer et encore on les avertira bien de la situation du pays, si ce sont elles qui le réclament.
(Le plus prochain médecin est à Briançon.)