LA CA HE D'ALTITI DIC
temps : on n'y connaît pas le foehn; la présence ilu vent frais (le nord-est est cause que la chaleur n'est jamais lourde, même en plein été.
L'insolation est très forte, les pentes nues de la Gemmi s'échaufîent rapidement.
Il faut pourtant tenir compte d'un élément important. L'encaissement de Louèche fait que le soleil s'y lève tard et s'y couche tôt. Ainsi en septemhre il apparaît à sept heures un quart et disparaît à quatre heures et demie. La saison est donc courte; on choisira de préférence juillet et août.
Indications. — Le court aperçu que nous avons donné de l'effet thérapeutique du traitement balnéaire de Louèche nous fait comprendre qu'on choisira cette station quand on voudra combiner une action thermale à la cure d'altitude. Les nerveux, les fatigués qui seront en même temps des eczémateux trouveront là l'occasion de se refaire, d'autant qu'à Louèche la vie est des plus calmes. On éloignera de cette station les emphysémateux, les cardiaques, les asthmatiques.
AROLLA (2003")
De Paris à Dijon, I^ontarlier, Lausanne et Sion en chemin de fer. — De Sion à Evolena elles Haudères par petites voitures en sept heures et demie. — Des Haudères à Arolla à mulet en trois heures. En tout dix heures de trajet depuis Sion.
Comme il est fâcheux qu'Arolla soit si loin et surtout si difficile à aborder! car c'est un merveilleux endroit et une station de grande altitude qui réunit des qualités généralement contradictoires : 1" grande hauteur; 2" riche végétation; 3" immenses glaciers; 4" longue promenade presque complètement à plat dans une vallée; 5° eau exquise ne provenant pas de la fonte immédiate des neiges.
Malheureusement pour atteindre cette admirable région alpestre il faut dix heures, dont trois au moins à mulet, et il ne semble pas que de longtemps cela doive changer.
STATIONS d'Été 29o
On commence par gagner Evolena (voir la description de cette localité). Puis, continuant de se diriger vers la Dent Blanche, on arrive à la bifurcation de la vallée. Une branche s'avance vers Ferpècle, l'autre continue au sud vers Arolla. On s'engage dans une gorge étroite et boisée au fond de laquelle on entend gronder le torrent. On monte beaucoup et par un sentier assez raide, contourné en mille lacets. Enfin on
Fig. 79. — Arolla (2003"').
aboutit en deux heures à la haute vallée qu'on appelle dans le pays Combe d'Arolla. A partir d'ici la route, pendant près d'une heure, devient tout à fait horizontale et longe le torrent. On traverse de hautes prairies coupées de temps en temps par de petits bois d'alviés remplis de la flore supérieure des Alpes.
Tout d'un coup apparaît le kurhaus, simple, mais excellent, et l'hôtel du Collon; on est arrivé.
On a devant soi l'immense pyramide du mont Collon entouré de deux glaciers qui viennent finir jusqu'au milieu de la vallée. A côté, la Pigne d'Arolla et ses neiges toutes proches, la Dent de Perroc et ses deux pitons recourbés.
Fig. 80. — Région d Ai-ulla
(Heportéc, avec l'aulorisation du Bureau topopraphiquc fédéral suisse, d'après la carte de Dufour à 1/100 000'. — Reproduction interdite.)
STATIONS D'ÉTÉ
Mais ce qui frappe de suite, c'est que cette grande altitude est loin d'être un désert déglaces : partout de la mousse, des fleurs, des sapins, des alviés immenses. Quand les mélèzes eux-mêmes cèdent, le sol est tapissé de saule nain qui forme une pelouse serrée de chaque côté du sentier.
Enfin, pour ainsi dire sans intermédiaire, voici la neige éternelle dont le bord fond jusque dans l'eau du torrent.
Il vient beaucoup de touristes à Arolla, c'est un point de départ déjà élevé pour les alpinistes. L'air y est vif, un peu dur et ne conviendrait nullement à des bronches délicates ou à des jeunes enfants. (On notera aussi qu'il n'y a pas de médecin.) Dès que le soleil se cache, il fait assez froid, mais les beaux jours sont extrêmement nombreux, la pluie est assez rare. Il est vrai qu'au cœur de l'été elle peut être remplacée par la neige. On s'y vêtira donc comme en plein hiver, quitte à se découvrir un peu dès que le soleil sera chaud. La nourriture est simple, mais bonne. Absence complète, bien entendu, de cuisines compliquées.
Indications. — On n'aura jamais l'idée d'envoyer à Arolla de vrais malades : rien que la longueur et la difficulté du trajet les éloigneront d'un pareil endroit. On n'oubliera pas les troi& heures de mulet absolument nécessaires pour arriver et la presque impossibilité d'emporter des bagages louixls.
En revanche excellente station pour les neurasthéniques, les psychopathes, les hypocondriaques, les personnes fatiguées qu'on veut violemment dépayser et reposer, les faibles qu'on veut tonifier et hémaloser.
Les résidents sont presque tous des Américains et des Anglais. Peu d'Allemands, quelques Français.
Arolla est contre-indiqué aux tuberculeux, c'est trop dur pour eux; aux cardiaques à cause du trajet, aux gens qui ont facilement des rhumatismes à cause de la variabilité du climat, aux convalescents trop près de leur maladie.
(Médecin à Evolena.)