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présence des résultats que donne lhéliothérapie dans les autres Tocalisations tuberculeuses, chercher à faire bénéficier l'œil de ce nouveau mode de traitement. D'ailleurs, Lundsgaard avait obtenu des résultats remarquables à l’Institut Finsen dans le lupus conjonctival. Il avait été amené à constater que les muqueuses supportent très bien la lumière et que la tuberculose des muqueuses est plus vite guérie que celle de la peau par la photothérapie.

L'insolation sur les paupières fermées, même par le grand soleil, est très bien supportée par la rétine, comme Font montré nos mensurations de l’acuité et du champ visuels. Il convient naturellement d’entraiîner progressivement le malade à ce genre de traitement exactement comme pour le traitement des autres tuberculoses.

Les blépharites scrofuleuses guérissent souvent, on le sait depuis longtemps. par les séjours à la campagne et particulièrement au soleil de la montagne, qui sèche le bord palpébralen vivifiant les tissus mal nourris bien mieux que le nitrate d'argent et avec moins d’inconvénients. Dans ces cas-là, il convient de faire de brèves séances d’insolation répétées plusieurs fois par jour.

Les paysans présentent parfois des dacryocystites. qui guérissent pendant la saison des foins et des moissons, parce qu'à ce moment la cure de soleil est spontanément pratiquée. Cest en somme l’état général qui permet, plus que l’état local, de fixer la durée du traitement. Mais il va sans dire que lorsqu'il existe déjà de la carie osseuse, la cure devra étronde-longue-durée "puisque l'infection mixte est constante à cause des portes ouvertes, du côté nasal comme du côté caronculaire.

Nous avons observé un cas intéressant de tuberculose primaire de Ia conjonctive, dont nous allons brièvement résumer l’histoire. A. L., étudiant en médecine, âgé de 23 ans, bien portant, recoit sur l’œil droit, le 28 octobre 1910, le pus d’une caverne tuberculeuse au cours d’une autopsie. Le 7 décembre, on constate une conjonctivite, et le 14 du même mois, le professeur Haltenholf fait le diagnostic de tuberculose de la conjonctive. Dans les semaines qui suivent, on procède sans succès à deux raclages. et le 13 janvier 1911 le malade arrive à Leysin. À ce moment. l’examen

1 RozLter et Borez, Héliothérapie de la tuberculose primaire de la conjonctive. Revue méd. de la Suisse rom. 1912, n° 4.

174 LANCOTREMDE SOLEIL

de l'œil gauche révèle de l’ædème' de la paupière supérieure et un léger ptosis. La conjonctive de la paupière inférieure est irrégulièrement épaissie et présente de nombreux nodules saillants, grisàtres ou Jjaunâtres. La conjonctive de la paupière supérieure est également épaissie, hyperémiée, et présente des tubercules isolés ou réunis par groupes de trois ou quatre, les uns récents, les autres en voie de caséifi- Cation. On constate également un gros ganglion dans la région sous-auriculaire. Le malade est soumis au bain de soleil général pour augmenter sa résistance. Concurremment, il ectropionne successive- HÉDISSCSApDaupDié res iniIérieures etSSupéNeures de maniere amleurataire faire de l’insolation directe, les veux restant fermés, Il arrive ainsi à faire par jour six séances de dix minutes sur ses conjonctives, — Au bout de trois mois de ce traitement, la conjonctive peut être considérée comme guérie. Le, ganglion sous-auriculaire s'est ramolli et à été évacué par quelques ponctions. — Le 10 septembre 1911, examen objectif permet de constater que la guérison de l'œil est complète. (Voir la planche en couleur ci-contre.)

Nous venons d'appliquer le même traitement chez une jeune fille de 20 ans pour un cas analogue. La conjonctivite avait pris un tel développement et les paupières étaient si épaisses qu'on avait songé un instant à un sarcome à marche rapide. La tuméfaction des ganglions préauriculaires était également considérable. Des séances d'une demiheure, répétées jusqu'à quatre fois par jour, amenèrent une guérison complète alors que la muqueuse semblait irrémédiablement détruite.

LBélupus oculaire -dontué diagnosucrest assez (litiicile; a étéMtrop rarement soigné d'une part par la photothérapie et par la cure de soleil d'autre part pour qu'on puisse se faire une opinion sur les avantages respectifs des deux modes de traitement. Cest là une question encore à l’étude. Il est cependant important de noter que, comme nous Favons dit, Lundsgaardt a obtenu de bons résultats dans 11 cas de Tupus de Ta conJonctive par la photothérapie.

Chez les scrofuleux atteints de kératite tuberculeuse, nous avons remarqué dans plusieurs cas avec quelle rapidité les cornées, même

! LUNDSGAARD, Behandlungen von Lupus conjunctivae. Xlinische Monatsblütter fr Augenheilkunde, 1906 et 1909.

totalement opacifiées, s'éclaircissent complètement sous l'effet de Fhéliothérapie. De même les ulcérations profondes se détergent et les hypopvons disparaissent. La cure consiste alors à exposer les veux, au soleil, les paupières étant fermées, plusieurs fois par jour, par séances de dix à vingt minutes.

Nous avons eu l’occasion d'observer à Leysin le cas d’un enfant qui avait subi une iridectomie énorme à un œil pour tubercule isolé de l'iris. L'autre œil, ayant été postérieurement atteint, guérit avec restitutio ad integruimn par l'héliothérapie transpalpébrale. La comparaison entre les deux yeux était un vivant plaidoyer pour la cure solaire. Il va sans dire qu'en pareil cas l'atropine et les compresses chaudes doivent être employées. Lorsqu'il s’agit de tuberculose atténnée se manifestant par des iritis insidieuses. le soleil agit très bien ainsi que nous l'avons constaté plusieurs fois.

L'iritis tuberculeuse, même lorsqu'il s’agit de cas graves, peut être très bien influencée par lhéliothérapie transpalpébrale. Il en est de même dans les choriorétinites avec corps flottants dans l'humeur vitrée qui arrive à s'éclaircir complètement sous l'influence de cette thérapeutique. Les hémorragies rétiniennes constituent une contre-indication à la cure

locale mais non pas, cela va sans dire, à la cure générale.

176 PAMCURPADEMCOLETL

Ce que nous avons dit au début du paragraphe précédent au sujet de l'œil s'applique également à l'oreille. Nous sommes souvent appelés à donner nos soins à des malades atteints de bacillose de l'appareil auditif el nous avons ainsi l’occasion de faire des observations intéressantes à propos de cette localisation. Le D' G. Frey, auriste de Montreux, qui a suivi un certain nombre d'otites chez nos patients, a bien voulu rédiger, spécialement pour ce livre, les quelques notes qui suivent.

Toutes les formes d'otite tuberculeuse seraient susceptibles de guérison ou de rémission clinique. Elles occupent néanmoins une place défavorable parmi les tuberculoses osseuses. En pratique, le pronostic doit donc en être posé avec la plus grande réserve, et on s'explique que Brieger ait pu dire, en parlant des otites moyennes bacillaires : « Celui » qui veut lutter efficacement contre la tuberculose locale doit connaître » toutes les ressources de la thérapeutique moderne.» En effet, quel médicament, à ne citer que l’acide lactique, l’acide trichloracétique, la formaline, l'iodoforme, l'iodol, le baume du Pérou, peut prétendre avoir acquis une place stable dans notre arsenal thérapeutique contre la bacilose ? Les tuberculines n'ont pas davantage donné de résultats intéressants. En définitive, jusqu'à ces dernières années, l’évidement pétro-mastoïdien a toujours été considéré commele traitement de choix de la tuberculose auriculaire. Tout récemment, Siebenmann, sur une série de 51 malades, accuse la belle proportion de 50°/ de guérisons sans accident n1 incident post-opératoire, alors que d’autres, Urbantschich, par exemple, attirent l’attention sur le fait que les germes sont souvent disséminés par lintervention. Quoi quil en soit, l’évidement le mieux conduit et le plus minutieux n'arrive pas mieux pour l'oreille que pour n'importe quelle autre tuberculose osseuse à supprimer tous les fovers d'infection. On est donc obligé de se contenter d’un demi-résultat symptomatique. Et il existe toute une catévorie de tuberculoses auriculaires qui échappent aux ressources de la chirurgie moderne. Ces considérations nous ont entrainés à appliquer l'héliothérapie à des malades atteints d'otites tuberculeuses et

qui séjournaient à Levsin pour d’autres localisations.

La technique que nous avons adoptée est très simple. Un tube de Widmer concentre les ravons solaires et les projette dans un tube otoscopique assez large, maintenu par une infirmière de telle manière que Îles rayons pénètrent jusqu’au fond du conduit. Chacune des séances dure de deux à trois minutes : elles sont renouvelées jusqu'à quatre et cinq fois par jour quand les conditions météorologiques le permettent. Ce bain de soleil local doit être précédé d’une irrigation à l’eau boriquée suivie d’un assèchement. Voici d'abord l’histoire de deux malades dont les lésions étaient plus ou moins cantonnées à la cavité tympanique et à l’aditus.

EH Mood An SolonépoununmaldeePoit el une carercostraile, présente une suppuration de l'oreille gauche remontant à plusieurs mois et avant débuté insidieusement sans cause apparente. L'ouïe à rapidement diminué. Le malade n’a eu ni vertiges, ni céphalée. L’otorrhée est ininterrompue et souvent abondante. À l'examen, on constate, le 30 novembre 1911, que la mastoïde et l’oreille externe sont normales. On trouve dans le conduit du pus très fétide et très épais. Le tympan est presque entièrement détruit, sauf un petit lambeau à Ja partie supérieure. Il existe un reste du manche du marteau. La muqueuse du promontoire paraît pâle et amincie. La sonde pénètre dans l’aditus et y rencontre une surface osseuse dépolie. L'examen fonctionnel dénote une surdité prononcée (Voix chuchotée : 20 cm.), avec abaissement de la limite supérieure d’audition. La réaction calorique est positive. On institue un traitement héliothéra-

pique général et local. — En décembre 1911 on constate une diminution notable del’otorrhée. — En octobre 1912, l'oreille est à sec; louïe est sensi-

blement améliorée : il s’est formé en arrière du moignon du marteau une membrane cicatricielle adhérente au promontoire. — En août 1913, la guérison persiste (Voix chuchotée: 200 cm.).

M. M., âgée de 6 ans, atteinte du mal de Pott, est en traitement à Teysin depuis un an. En janvier 1912, elle contracte un coryza avec tuméfaction des ganglions cervicaux et avec température s’élevant à 88° et à 39°. À ce moment est apparue, à droite, une otorrhée qui est devenue rapidement fétide. A l'examen, le 23 mars 1912, on constate du pus très abondant et très fétide dans le conduit. Le tympan présente, dans sa moitié inférieure, une perforation réniforme : il est gris-rose, de même que le revêtement du promontoire. La sonde pénètre entre deux petites

178 LASCURE DE SOLEIL

longosités de la paroi interne et atteint une région dénudée de l'os. L'ouïe est affaiblie (Voix chuchotée : 20 cm.). La réaction calorique est conservée. L'appareil cochléaire semble être indemne. Le pus présente des bacilles de Koch. On institue un traitement qui consiste en insolation locale, en lavages réguliers et en douches d'air. Au bout de quatre mois, il n°y a plus trace de suppuration. — En janvier 1914, la perforation présente toujours les mêmes dimensions ; le tympan n’adhère nulle part, la muqueuse du promontoire est pâle : il n°y à plus aucune sécrétion (Voix Ghuchotee 50m):

Voici maintenant l'histoire d'un malade atteint de lésions fongueuses de la mastoïde et chez lequel l'héliothérapie nous a donné des résultats remarquables.

À. À., âgé de 18 ans. sujet aux bronchites, a eu la rougeole et la Scarlatine. [1 n°y à pas de tuberculose dans la famille. Le malade se plain, d'otorrhée à gauche, remontant à deux ou trois ans. et dont le début fut insidieux. Il n’a jamais eu ni douleurs, ni vertiges. Au cours de ces derniers mois, la suppuration à été très abondante et l'ouie a diminué. — À l'examen, on constate qu'il s’agit d’un sujet débile, d'intelligence médiocre, qui présente une matité nette au sommet du poumon droit, sans aucun signe de lésion active. — Au fond du conduit auditif gauche, on constate un polvpe gros comme un pois, de couleur gris pâle, baienant dans un pus très fétide. Le tympan est détruit. La sonde pénètre facilement dans l’aditus. L'examen histologique du polype, enlevé séance tenante, en décèle la nature tuberculeuse (professeur Langhans). L’ouiïe est affaiblie (Voix chuchotée : 0; voix de conversation : 10 em.). — Un traitement conservateur prolongé pendant plusieurs semaines : lavages de l’attique, insuflations d’iodoforme, etc., etc., reste sans effet. On se décide alors, en septembre 1912, à pratiquer l’évidement. La corticale est intacte. L'os est ramolli, d'aspect et de consistance torpide au niveau de l’antre. Une fistule mène vers le conduit auditif externe. L’aditus contient des fongosités partiellement nécrosées. On ne trouve pas trace du marteau. C’enclume présente une carie de la courte apophyse. On pratique le curetage, suivi d’une plastique de Siebenmann. — Le traitement postopératoire est très difficile. La cavité se remplit de bourgeons proliférants

qui suintent abondamment et qui récidivent avec ténacité pendant

plusieurs semaines, maleré de nombreux attouchements au nitrate d'argent d'abord, à l’acide lactique ensuite, et malgré deux curetages. On ne constate aucune amorce d'épidermisation. — ['inutilité de toutes ces tentatives nous amène, au bout de cinq à six semaines, à faire une tentative d’héliothérapie consistant en deux ou trois séances de trois à quatre minutes par jour. À notre grande surprise, nous constatons déjà au bout de huit jours que le tapis de granulations s’affaisse et que la suppuration diminue. Deux ou trois semaines plus tard, on constate un début d’épidermisation qui progresse si rapidement que la guérison est achevée au bout de cinq semaines d'héliothérapie, aussi régulièrement poursuivie que les conditions météorologiques l'avaient permis. Un an et demi après, la guérison s'était maintenue.

Le traitement des otites tuberculeuses soulève encore de nombreuses questions que nos observations, encore peu abondantes, ne peuvent pas résoudre. La technique, notamment, n’est pas encore rigoureusement ixée On,peut évalement se demander si certaines formes d'otite sont plus ou moins justiciables de la cure de soleil. Il y aura lieu en particulier de rechercher par des observations multipliées s’il est préférable, en cas de lésions étendues, de procéder à un évidement pétromastoïdien avant de faire la cure, ou si la cure ne suffit pas, comme pour les autres lésions osseuses, à guérir complètement, tout en étant plus économique au point de vue fonctionnel.

180 LASNCURECDE SOLEIL

Nous avons parfois l’occasion de soigner des malades qui, en même temps qu'une tuberculose chirurgicale, présentent des lésions pulmonaires. Nous avons donc nécessairement à nous préoccuper de cette complication et, quoiqu elle ne constitue point notre domaine, nous ne pouvons nous dispenser de dire en quelques mots quelle conduite nous adoptons vis- NSEUIOLILES

Autrefois et jusque dans ces dernières années, on considérait, dans les milieux médicaux, que les ravons du soleil sont nuisibles pour les malades atteints de tuberculose pulmonaire : on les accusait de produire des foyers de congestion, des hémoptysies et de la fièvre. Il a donc fallu quelque courage pour lutter contre ce préjugé et se libérer de craintes manifestement exagérées. L'expérience nous montrait d’ailleurs chaque jour que nos malades atteints de complication pulmonaire ne souffraient en ‘réalité pas de la cure de soleil. Jamais nous n’avons observé de ce côté des accidents imputables à l'héliothérapie pratiquée avec méthode et jointe à la cure d'altitude. Mais, peut-être. faut-il faire une différence entre la tuberculose pulmonaire simple et celle qui se complique de lésions osseuses. [1 semble que les lésions dites chirurgicales confèrent aux lésions pulmonaires une certaine bénignité. En d’autres termes, on observe moins souvent, chez les tuberculeux qui sont à la fois osseux et pulmonaires, ces formes à marche rapide qui s'observent si fréquemment chez les malades dont seuls les poumons sont atteints. Inversement, la tuberculose pulmonaire agoravele pronostic des tuberculoses chirurgicales quant à la durée du traitement. Quoi qu'il en soit, il n'y a pas de raisons pour supposer que la cure de soleil n'augmente, pas les forces de résistance de l'organisme aussi bien dans les tuberculoses médicales que dans les tuberculoses chirurgicales. L'hyperémie cutanée provoquée par le bain de soleil nous a toujours paru constituer un dérivatif remarquable pour tous les viscères. Nous ne sommes d'ailleurs point partisans

du procédé d'insolation locale préconisé pour la première fois par Malgat!

1 MALGAT, La cure solaire de la tuberculose. Paris 1911.

en 1904: nous lui préférons de beaucoup le bain général, à la fois dérivatif et reconstituant. dont nous avons fixé la technique. C'est d'ailleurs la méthode adoptée par Morin, Jaquerod., Meyer, Burnand, Sillig. de Pever. Tecon, Roulet. Lorsqu'il s’agit de malades au premier degré, héliothérapie est admirablement supportée, et les bénéfices que les malades en retirent sont en général considérables. En pareil cas, Jacquerod préfère prescrire à ses malades, non pas de rester étendus, mais de se promener au soleil vêtus d’un caleçon et coiffés d’un chapeau de paille comme le faisaient déjà Rickli et Lahmann. Lorsque les lésions ont atteint le deuxième ou le troisième degré, il convient de prendre plus de précautions et de suivre avec soin les réactions des malades. car il est bien dificile de dire d'avance comment la cure pourra être supportée. Jacquerod préfère ne laisser insoler que la moitié inférieure du corps: Mever préconise dans tous les cas le bain général.

= En somme, si l'on en excepte quelques cas de sensibilité spéciale, la tuberculose pulmonaire ne constitue pas une contre-indication à la cure de soleil. Elle est particulièrement bien supportée par les enfants. La tendance aux hémoptysies oblige à redoubler de prudence, mais elle ne saurait être considérée comime une contre-indication absolue puisque, en fait, nous avons bien souvent observé des malades chez qui lhélothérapie à fait disparaitre cette tendance. Les mêmes considérations peuvent s'appliquer à la fièvre qui oblige à administrer les bains de soleil avec urné prudence extrême, mais qui pariois est influencée envhien, d'une aniérentrésuneltlé "par la cure tellécquernous l'avons préconisée mes exsudats pleuraux se résorbent en général rapidement sous l'influence du soleil comme l’a également constaté Silly.

Voici, pour compléter ce chapitre, l’histoire d’une de nos malades atteinte d’un empyème pleural ayant nécessité plusieurs résections, et de tuberculose pulmonaire. La vaste plaie qui résulta de ces interventions et les lésions pulmonaires furent complètement cicatrisées par la cure de soleil

Mile A. L. arrive à Leysin en août 1912. En 1909, la malade a eu une

1 Cette observation a été publiée avec les radiographies et photographies par Dr Eugen Kiseh und Dr Hans Grütz, Ueber die Einwirkung der Sonnenstrahlen auf tuberkulôse Fisteln. ACTOR CRM. NBA AOLIMEONA

182 LANCURECDESOLETL

double pneumonie: en 1910 et en 1911 elle à eu trois pleurésies qui ont provoqué chacune de hautes températures et ont nécessité un séjour de plusieurs semaines au lit. Au cours de la dernière atteinte, on ponctionne les plèvres et on retire du pus. En avril 1911, à Vienne, on résèque deux côtes et cette Intervention laisse après elle une fistule qui, six semaines plus tard, nécessite une nouvelle résection. Comme les choses ne s’améliorent pas. quelque temps plus tard on procède à la résection de deux autres côtes. L'état s’aggravant toujours, en août 1912, on envoie la malade à Leysin. Elle est, à son arrivée dans nos cliniques, dans un état général très mauvais, À l'examen des poumons on constate Poumon gauche :

Sommet gauche : matité relative : nombreux râles humides à petites bulles : expiration prolongée et soufflante ; inspiration rude.

En dessous de l’épine de l’omoplate : matité absolue et bruits respiratoires très diminués.

Poumon droit :

Alamhauteur des]obes supérieur et. moyen, la"percussion est normale.

À l'inspiration profonde, râles à grosses bulles, isolés, d’origine bronchitique probable.

Au lobe inférieur : emphysème vicariant.

Les côtes, de fa cinquième à la neuvième, sont partiellement réséquées. De l’épine de l'omoplate, obliquement en bas et en avant jusqu'à un centimètre au delà de la ligne axilaire antérieure, s'étend sur une longueur de douze centimètres, une plaie opératoire, béante, qui laisse voir la plèvre viscérale. Au milieu de cette plaie s'ouvre un orifice, large de deux doigts, qui conduit dans la poche de Fempyème en passant sous les extrémités réséquées des sixième et septième côtes. La plaie est recouverte «le granulations blafardes et exsangues. La radiographie, à laquelle il ne put être procédé que trois mois après l’arrivée, montre que le sommet du poumon gauche est infiltré et que le lobe inférieur et une partie du lobe moyen sont transformés en tissu cicatriciel. À droite, on voit un gros paquet de glandes trachéo-bronchiques. — En janvier 1913, l’état général s’est amélioré, la plaie se recouvre peu à peu d’épiderme, elle ne mesure

plus que 10 centimètres de long sur 6 centimètres de large. La poche de

Etat après une année de cure solaire.

ivée.

Lupus. Etat à larr

l'empyème se recouvre également d'épiderme. La suppuration à beancoup diminué. En juin 1913. la plaie ne mesure plns que 2 centimètres sur 3 centimètres. — En septembre, la radiographie montre que le poumon gauche contient de l'air jusque dans le lobe inférieur et que le sommet s’est beaucoup amélioré. — En octobre, la plaie est complètement cicatrisée. [Il en est de même des lésions pulmonaires dont voici 16 status Amal:

Poumon gauche : Au sommet gauche on perçoit le murmure vésiculaire plus rude que normalement. Pas de râles ni de matité.

Poumon droit : Au niveau du lobe moyen on décèle une expiration prolongée et soufflante. Sur toute la surface du poumon droit, pas de matité ni de râles. Le volume du poumon est augmenté.

La radiographie, faite le 25 septembre 1915, montre que l’aération des tissus pulmonaires est manifeste Jusque dans le lobe inférieur. Le lobe supérieur gauche est aéré et parsemé de ganglions calcifiés. Le poumon droit montre l'arbre bronchique fortement dessiné. Dans le lobe moyen, plusieurs ganglions calcifiés.

L'état général de la malade est excellent. Elle a augmenté de 15 kilos.

184 LANCURENDE SOLEIL

Dans les notes qui suivent et que le D’ L. de Reynier, laryngologue à Leysin, à bien voulu rédiger spécialement pour ce livre on trouvera des renseignements sur l’héliothérapie de la tuberculose ‘du larynx qui n'est pas notre domaine et que nous n'avons pas expérimentée personnéllemente

L'héliothérapie intralaryngée, dans les tuberculoses du larynx, fut appliquée pourtlanpremière fois par Stilmann en 19022 mais cest à DOrS0Mquenrevient honneur d'avoir créemdtatmetnodeniellenquelleneet actuellement employée partout. Le D'R. Alexander* (Hauteville) modifia l'appareil de Sorgo d’une manière très avantageuse aussi est-ce son appareil | «Auto-insolateur » que nous emplovons ici à Leysin.

Cette méthode ne peut s'appliquer que dans les cas d'ulcération superficielle des cordes, fausses cordes. replis ary-épiglottiques et bords de l’épiglotte. Elle est par contre, contre-indiquée, toutes les fois qu'il y a infiltration et œdème, car les réactions, quelquefois violentes, peuvent provoquer une sténose de la glotte souvent très désagréable. Tous les auteurs ayant pratiqué cette méthode à l'altitude ont été à même d'observer

d'excellents résultats anatomiques et fonctionnels.

LERELPEUS

Nous avons eu à maintes reprises l'occasion de soiener des lupiques, soit qu'ils fussent atteints exclusivement de tuberculose cutanée, soit qu'ils présentassent d'autres localisations osseuses ou viscérales. Nous avons toujours obtenu dans ces cas-là d'excellents résultats. D'ailleurs. Finsen à lui-même reconnu que Fidéal pour le traitement du lupus. CSN SCUTONS Cl rem tit ue ALIMnaratADiIenECErLAITIMenNeCtTEeTtE

les effets stimulants du climat d'altitude et du bain de soleil général

1 STILMANN, À novel feature in the treatment of tubercular laryngilis with recital of a presumably cured case. The laryngoscope, sept. 1902.

2 SORGO, Deutsch. med. Wochenschr., 1904, n° 46: Wiener klin. Wochenschr., 1904.

3 ALEXANDER, Archives internationales de laryngologie, mars 1912; Congrès intern. de la tuberculose. Rome, 1912,

LEVLUPUS 185

joints à l’action locale d’une lumière riche en rayons ultra-violets constituent l’idéal pour le traitement de cette affection. Le seul inconvénient que présente cette thérapeutique c’est qu'elle oblige le malade à s'éloigner de ses affaires et de son entourage, tandis que la lumière artificielle s'applique aujourd'hui uu peu partout. D'ailleurs, nous pratiquons concurremment la finsenthérapie. Dans certains cas de lupus particulièrement rebelles, il ne paraît pas inutile de renforcer parfois l’action locale du soleil par celle de la lumière artificielle. La malade représentée sur la planche en couleur ci-contre fut uniquement traitée par le soleil. La malade de la planche LVIT fut traitée par les radiations solaires concentrées par une lentille de quartz suivant le procédé de Finsen. On voit par

là que l'insolation donne à elle seule des résultats fort remarquables.

IS6 LACCURHMDESOMELI

AFFECTIONS NON TÜBERCULEUSES

Le bain de soleil nous a donné des résultats intéressants dans un certain nombre d'affections non-tuberculeuses. Soit qu'on utilise son action dérivative, soit qu'on fasse appel à son action bactéricide quand il s'agit de Jésions très superficielles, soit encore qu'on fasse application de son effet reconstituant sur les organismes débilités, on pourra lui trouver, comme on le conçoit sans peine, un très grand nombre d'indications en dehors de la tuberculose proprement dite. Sans vouloir prétendre ici épuiser ce sujet extrêmement vaste, nous allons cependant

donner dans les paragraphes qui suivent le résultat de nos observations.

Plaies par traumatismes et plaies opératoires. — L'héliothérapie est le traitement de choix des plaies par traumatismes à cause de l’action désinfectante et sclérosante des radiations solaires. Nous avons soigné par cette méthode. pour ne citer qu'un exemple, un garçon de quatorze ans qui portait au front une large plaie infectée, souillée de terre et de fumier. Le frontal était mis à nu sur un espace de la grandeur d’une pièce de 2 fr. La plaie fut nettoyée puis lavée à l’alcool. Par un fil passé dans la partie supérieure du lambeau, et que le malade tenait entre ses dents. le volet musculo-cutané fut ramené en avant, afin de permettre l'insolation de la plaie dans ses moindres recoins. La nuit, un pansement de gaze stérilisée la protégeait. Quatre jours d'héliothérapie suffirent pour quo la plaie se couvrit de granulations vigoureuses. On ramena alors Îe lambeau sur le front, en fixant le fil sur le front à l’aide d’une bandelette de sparadrap. Au bout de dix jours, la cicatrisation était complète. (Voir Album, pl. LXXI.)

La cure de soleil donne également de très bons résultats dans Îles fractures compliquées. Nous immobilisons le membre lésé au moven de l'extension continue : la plaie est exposée au soleil et à l'air et, dans ces conditions, elle se ferme rapidement et sans incident.

Nous avons obtenu des résultats intéressants dans un cas d'amputation accidentelle d'un doigt. Il s'agissait d’un ouvrier qui venait, d'un

coup de hache, de se trancher le pouce à la base de Ia première pha-

AFFECTIONS NON TUBERCULEUSES Ven

lange. Comme la victime nous avait apporté le tronçon du doigt amputé, nous procédämes de la manière suivante. Après avoir lavé et avivé les deux surfaces osseuses, les fragments furent affrontés et la peau suturée tout autour de la surface de section. Nous prescrivimes ensuite au malade d'exposer son pouce au soleil. Au bout de quelques jours de ce traitement, en piquant la pulpe digitale, on faisait sourdre des soutter de sang. Peu à peu, la sensibilité et la mobilité réapparurent, et le pouce semblait recouvrer son état normal, lorsqu'une imprudence de la victime le lui hit perdre définitivement. Comme on était en hiver, il enveloppait soionéusement son pouce pour le protéser contre le Troidides nuïts” Nas lorsqu'il sentit que son doigt avait retrouvé sa mobilité, sa sensibilité et sa température normales, il négligea ces précautions. Un soir, au cabaret. 1] procéda à de copieuses libations et quand il sortit avec ses compaonons, 1] Jugea superflu de garantir son pouce contre le froid. Le résultat ne se fit pas longtemps attendre : le lendemain matin, il nous présentait un doigt complètement gelé et définitivement perdu.

Dans les plaies opératoires, l'héliothérapie donne toujours des résultats tentainsetdurables comme, parexemple. danses cas de plaies tcomse cutives à la néphrectomie dont nous avons parlé précédemment. Nous avons obtenu de même, après appendicectomie ou herniotomie. lorsqu'il y avait persistance de fistules, une solide cicatrice avec fermeture des fistules. Nous employons régulièrement l'héliothérapie comme traitement post-opératoire dans les cas de mastites suppurées, Après avoir incisé largement les abcès et drainé à fond, nous arrivons, par un entrainement progressif, à exposer la plaie au soleil. L'action antiseptique et sclérosante des radiations solaires ne tarde pas à se faire sentir ; en peu de temps, le fond de la plaie se couvre de granulations vivaces et saines, et une forte cicatrisation s'établit.

Ulecère variqueux. — Cette affection, si rebelle, nous à fourni l’occasion de nombreux succès, tout au début de notre carrière à Leysin. Beaucoup d'entre les paysans âgés du village souffraient alors d'uleères variqueux au point d'en être souvent complètement incapables de travailler. Nous leur avons alors systématiquement prescrit l'héliothérapie. Nos

malades se couchaient sur des chaises-longues, en plein champ, et expo-

158 LANCURE DE SOLEIL

saient progressivementleurs leurs plaies au soleil, en ayant soin que leurs jambes fussent un peu surélevées. La guérison survint rapidement

et aujourd'hui, l’ulcère variqueux a pour ainsi dire disparu de Leysin.

Escarre par déeubitus. — Les pottiques et les coxalgiques qui ont été immobilisés pendant de longues années dans des appareils plâtrés nous arrivent très souvent avec des escarres sacrées étendues. En pareil cas, le décubitus ventral, Joint à la cure de soleil, nous donne, comme on peut le penser, les résultats les plus rapides. Quelques jours suffisent à rendre ces plaies torpides à la vie. à les couvrir de granulations de

bonne nature et enfin à les cicatriser complètement.

Panaris. — L'héliothérapie nous a donné d'excellents résultats dans de nombreux cas de panaris nécrosés. Nous en avons vu plusieurs dans lesquels la nécrose très avancée et très étendue des phalanges, compliquée de phlegmons, semblait rendre lamputation inévitable. Tous ces cas, nous les avons traités par l'insolation : nous avons pu ainsi obtenir, sans opération, une cicatrisation et une guérison rapides.

Nous avons notamment traité par cette méthode un panaris très grave de l’index : la phalangette était détruite: la phalangine n'était qu'une plaie, fétide et sanieuse : un phlegmon s’étendait jusqu'à la racine du doigt. L'amputation paraissait s'imposer. La cure de soleil fit rapidement disparaître le phlegmon : la plaie de la phalangine guérit, et l'extrémité du doigt se cicatrisa dans des conditions tout à fait inespérées. (Voir DAC ENS)

Ostéomyélite. — Nous considérons l'héliothérapie comme le traitement par excellence des ostéomvélites banales, après trépanation. Ïl ne sera pas inutile d'insister ici sur la différence essentielle qui existe entre la tuberculose et lostéomvélite. Celle-ci arrive «à chaud »: c'est une intoxication aiguë, faisant des séquestres souvent trop volumineux pour être éliminés spontanément. Il est donc absolument indiqué d'avoir recours à la trépanation classique. Après un évidement étendu et minutieux du foyer. et après une hémostase soignée, la plaie est traitée par les ravons

solaires qui ont pour effet d'antiseptiser la plaie d'une facon parfaite, et

ne

de cure solai

1on apres SiX MOIS

Cicatrisat

trépanation.

ès

Malade âgé de 40 ans.

Ostéomyélite staphylococcique. Plaie étendue apr

AFFECTIONS NON TUBERCULEUSES 189

de faire naître des granulations vigoureuses. Grâce à ces deux actions combinées, la cicatrisation et la guérison sont assurées beaucoup plus rapidement qu'avec les procédés usuels (voir la planche en couleur cicontre). Cette méthode présente en outre l’avantage d’éviter le tamponnement de la plaie et les pansements qui sont toujours si douloureux. Nous appliquons le même traitement aux mastoïdites trépanées.

Notre assistant, le D' Vodoz, publiera très prochainement un travail sur cette question.

Affections gynécologiques. — La cure de soleil à été appliquée dans les affections gynécologiques, il y a de longues années déjà, par SnéguirefFi, Cet auteur faisait prendre des bains locaux sur le ventre et les membres inférieurs, et il leur attribuait une action décongestive. Depuis lors, il ne semble pas que ce mode thérapeutique se soit beaucoup généralisé dans ce genre d'affection. Aimes? cite pourtant dans son récent travail quelques observations intéressantes qui tendent à faire admettre qu'on pourfait obtenir de très bons résultats dans un bon nombre d’annexites ou de pelvi-péritonites non tuberculeuses. Il paraît en effet que ces affections, si longues à guérir autrement que par des opérations mutilantes, seraient de nature à être heureusement influencées par l’action dérivative du bain de soleil.

Paralvsie infantile et maladie de Little. — L'héliothérapie exerce sur le pronostic de [a paralysie infantile une influence favorable. Grâce à elle, on parvient fréquemment à rendre aux muscles touchés par la maladie une partie de leur motilité et de leur contractilité.

De même, dans certains cas de maladie de Little, nous avons obtenu de bons résultats. Nous citerons le cas d’une petite fille entrée chez nous avec les symptômes caractéristiques de cette affection Elle présentait une paraplégie spasmodique, avec flexion des cuisses en adduction forcée eten rotation interne, entrecroisement des jambes, équinisme double, exagération des réflexes, trépidation épileptoïde, athétose et troubles du

langage articulé. L'enfant ne pouvait absolument pas se tenir debout.

1 SNÉGUIREFF, Hémorragies utérines. Paris, 1886. 2? A1MEs, L’héliothérapie. Montpellier, 1913.

Au bout de trois mois, les bains d'air et de soleil avaient déjà produit une amélioration notable de l’état général, L’équinisme et la flexion des ge- NoOUMÉlAleN Mantes tementrenbonnemoimlercorrectroneparlenrecressez ment manuel lent associé au massage. L’athétose disparut par la rééducation des mouvements. L'adduction forcée de la cuisse gauche fut réduite par ténotomie sous-cutanée des adducteurs, suivie de limmobilisation en bonne position Six tmois aprés arrivée Jess )imbes dedlentanterurent placées dans des appareils amovibles qui permettaient l'éducation musculaire par des mouvements actifs et passifs de flexion et d'extension. L'enfant commençait alors à se servir de ses mains sans difficulté. Une année plus tard, l’état général, grâce au grand air et au soleil, est tout à

fait bon et la malade fait ses premiers pas. (Voir planche LXVIIL.)

Rachitisme., — (Quoique l’étiologie de cette maladie soit encore assez mal connue, il est certain cependant qu'elle relève d'infections diverses et, comme l’a montré Marfan, de la tuberculose dans un grand nombre de cas. À ce titre, la thérapeutique du rachitisme devrait toujours comprendre la cure de soleil. Au surplus, cette maladie, quelle qu'en soit l'origine, est toujours associée à un affaiblissement de l’état général, à une diminution des forces de résistance de l'organisme qui la font assurément rentrer dans le domaine de l'héliothérapie, Il n'est sans doute pas inutile de rappeler à ce sujet que beaucoup d’auteurs font Jouer un certain rôle à l’absence de lumière dans l'étiologie du rachitisme. Cette théorie, si l’observation venait à la confirmer, expliquerait l’action si nette que le soleil exerce sur l'état local et général des enfanis-rachiti ques. (Voir Album, planche LXVII.)

Les maladies de la peau. — Un certain nombre d'affections cutanées semblent être justiciables de la cure de soleil. Ces affections seront tout d'abord celles qui surviennent chez des individus affaiblis dont 1} s'agit avant toute chose de remonter l’état général. Il en est ainsi notamment pour les lésions svphilitiques florides, qui, comme on le sait, guérissent plus où moins vite sous l'influence du traitement spécifique suivant que le malade est où non physiquement affaibli. Nous avons eu l'occasion

d'observer des sommes syphilitiques qui nous ont paru avoir guéri dans

AFFECTIONS NON TUBERCULEUSES 191

un délai remarquablement court sous l'influence du mercure associé au bain de soleil. (Voir Album, planche LXIX). En second lieu, un certain nombre d'affections parasitaires paraissent pouvoir être guéries par l’insolation. Il en est ainsi particulièrement du pityvriasis versicolor, qu'un seul bain de soleil suffisamment prolongé peut faire disparaître, comme nous l'avons constaté de la manière la plus nette dans plusieurs cas typiques.

La cure de Soleil à également une action manifeste Sur les cas de psoriasis que nous avons eu l'occasion de traiter. Une malade atteinte de tuberculose du bassin avec fistule présentait sur toute l'étendue du tégument du psiorasis vieux de dix ans et rebelle à tous les traitements. Par suite de la situation de sa fistule la malade se trouvait obligée d'observer le décubitus dorsal, et par conséquent d'insoler presque exclusivement la . région ventrale. Au bout de quelques mois de traitement les plaques de psoriasis avaient complètement disparu de la partie antérieure du corps. En revanche, les lésions de la face postérieure non insolée du corps subsistaient presque sans modifications. Elles disparurent dans la suite dès que l’insolation de la région dorsale put étre pratiquée t.

Maladies diverses. — Les anémies de toute origine, les convalescences de maladies graves, la débilité générale, aussi bien celle qui peut atteindre les vieillards que celle qui s'observe chez les nourrissons sont autant de cas où les bains de soleil associés au climat d’altitude ou, suivant les cas. au climat marin, donnent des résultats remarquables. Les observations que nous avons reproduites au cours de ce travail, comme les planches de l’album, constituent l'illustration, sans se rapporter expressément à ces Gas, de l’action que la cure de soleil exerce sur les maladies générales.

Différentes formes de rhumatismes semblent devoir fégalement relever de la cure de soleil au même titre que le rhumatisme tuberculeux de Poncet. Sans parler de Chautard qui, en 1844, soumettait ses malades atteints de rhumatisme articulaire aigu au bain de soleil général, il convient de rappeler qu'à Barbotan le D' de Ruguine applique, non sans succès, ce mode de traitement à ses malades. Tout ce que nous savons sur l’action de la lumière tend à montrer que le rhumatisme chronique est de nature à bénéficier largement de la cure de soleil.

1 CÊ. Revue méd. de la Suisse romande. 1914. Page 75.

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