I. — POUMON SAIN A) FORCES STATIQUES
- Ce sont elles qui maintiennent le poumon en état de distension lorsqu'il est au repos. Cet état statique est obtenu par l’équilibre de trois forces qui sont la pression atmosphérique, la rétractibilité pulmonaire et le poids du poumon.
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a) La pressien atmosphérique.
On sait depuis longtemps que la distension des al-
véoles pulmonaires est due à l’action de la pression atmosphérique agissant sur la paroi alvéolaire par l'intermédiaire de la trachée et des canaux bronchiques. Il est évident qu’elle agit aussi sur la face externe du poumon, mais c’est alors par l'intermédiaire d’une paroi rigide et peu dépressible : ia paroi thoracique. Si bien qu’en définitive c'est la pression atmosphérique qui applique le poumon sur la paroi interne du thorax.
b) La rétractilité pulmonaire.
Dès 1873, A. RICHET, dans son « Traité pratique
d'anatomie médico-chirurgicale », affirmait, contrairement aux auteurs qui attribuaient le collapsus pulmonaire au déséquilibre de la pression atmosphérique sur ses faces interne et externe, que le poumon se rétracte par sa propre rétractibilité : « Si la pression de l’atmosphère, en effet, pèse de toute sa puissance sur la face externe d’un poumon dont la plèvre est ouverte, il 2st également incontestabl: que, par l'intermédiaire de la trachée et des canaux bronchiques, elle s’exerce au même degré sur toute la surface interne. Ces deux pressions, se faisant nécessairement équilibre, le poumon, s’il était inerte, ne devrait pas avoir plus de tendance à s’affaisser qu'à se dilater,. et, de même qu'une éponge, il devrait rester dans un état intermédiaire à la dilatation et à l’affaissement.
Mais c’est qu’il n’est pas inerte ; il jouit au contraire
rs
d'une élasticité telle qu'aussitôt après avoir été distendu, il tend à revenir brusquement sur lui-même, et c’est là ce qui constitue sa rétractibilité. »
RICHET exprime clairement la conception, adoptée plus tard par d’autres auteurs, que la rétractibilité du poumon est la force qui domine tout le mécanisme de la respiration.
Cette rétraction élastique du poumon exerce sa traction sur toutes les parois de l’hémithorax correspondant, tant sur la paroi costale et le diaphragme que sur le médiastin, et est dirigée vers le centre mécanique du poumon que PAROD:I situe non pas au hile, mais un peu en dehors de lui.
Cette rétractibilité pulmonaire est d’ailleurs fonction de l’intégrité du parenchyme. Il est bien connu par exemple qu’un poumon hépatisé ne se rétracte que fort peu. Plus un poumon est dense, plus sa tension élastique diminue de valeur.
Et cependant PArRopI, mesurant la dépression statique en introduisant dans la plèvre une aiguille qu’il relis à un manomètre à eau, constate que la dénivellation est d'autant plus grande que le poumon est plus dense ; il en conclut que le poids du poumon est une force que l’on ne doit pas négliger dans l’étude de la statique pulmonaire.
c) Le poids du poumon.
Pendant longtemps, on peut dire que l’on avait con-
sidéré le poumon comme un corps presque irréel et sans poids. Personne avant PaRopI n'avait pensé que le facteur poids du poumon pouvait avoir une in-
fluence considérable sur la statique pulmonaire. Cependant, ainsi que de démontre la mesure de la dépression statique, cette influence est prépondérante.
En clinique, on constate que la dénivellation du manomètre est d'autant plus grande que le poumon est plus dense,
D’autre part, PARODI et CECCHINI ont démontré que les dépressions entre les deux feuillets pleuraux ne
sont pas égales dans toutes les parties du thorax, mais
qu'elles vont en augmentant de la base au sommet sur un sujet en position verticale.
Inversement, si le sujet étant placé en position fortement déclive, on mesure les dépressions pleurales, on constate qu'elles augmentent du sommet à la base.
L'action du poids doit, chez un sujet debout, se faire sentir au maximum à l’apex du poumon qui coïncide avec l'extrémité supérieure de l’axe de gra-. vité. « Si, dans un pneumothorax, écrit PARODI, les lobes supérieurs non adhérents sont les premiers à se détacher de la coupole pleurale, cela n’est pas dû à une électivité particulière que tout le monde invoque de façon abstraite, sans la définir, mais à un phénomène physique bien déterminé, le poids du poumon qui donne naissance, là où il prédomine, à une forte dépression statique. »
En résumé, on peut écrire que le poids du poumon s'exerce inévitablement suivant un axe vertical qui va varier aussi souvent que la position du sujet sera modifiée.
La composition des forces variera avec la position
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du sujet. S'il est debout, au sommet du poumon les deux facteurs rétraction élastique et poids du poumon sont de même sens et vont ajouter leurs effets : au contraire, à la base les deux forces sont de sens opposé et se détruisent partiellement. Donc pour toute position donnée la tension sera plus forte au sommet de l'axe vertical et plus faible à la base de cet axe.
On conçoit dès lors l'intérêt de cette notion dans le traitement de la tuberculose pulmonaire. Puisqu’il nous est possible de faire varier facilement une des forces principales de la statique pulmonaire, il va nous être possible de réaliser dans une certaine mesure une détente statique des lésions tuberculeuses. C’est ainsi que les lésions si fréquentes du sommet, en dehors même de tout autre agent thérapeutique, se trouveront ‘soustraites en partie au traumatisme respiratoire par la position de décubitus, et a fortiori par la position déclive.