‹ La curiosité; collections françaises et étrangères cabinets d'amateurs. BiographiesChapitre 2 sur 40 · X. Collection du prince Solt.ykolT · texte numérisé non relu

X. Collection du prince Solt.ykolT

XL Charles Avisseau, potier de Tours 259

Xll. Charles Sauvageol 275

Curiosité, — voilà un mot plus facile à comprendre qu’à définir. L’image qu’il éveille est familière à tous, et pourtant peu de personnes pourraient expliquer ce que l'on entend par cette expression, et jusqu’où s’étendent les limites de son acception. Du temps de La Bruyère, qui a consacré aux curieux la moitié d’un chapitre où il raille leurs ridicules et leurs manies, on entendait tout possesseur d’une collection quelconque de choses rares plutôt, que belles, en quelque genre que ce fût : fruits, insectes, oiseaux, coquilles, livres, meubles, estampes. Le portrait, le caractère de l’amateur de prunes est une œuvre achevée. Le moraliste y voit une passion aveugle, égoïste, une manie, un sacrifice à la mode, et sous son pinceau, le curieux devient un être parfaitement ridicule, vaniteux et exclusif. Sous le nom de Damocède , l’abhé de

Marolles, le fameux amateur d’estampes, est pincé jusqu’au sang. Plus tard, l’acception de ce terme perd un peu de cette idée de ridicule, et semble se circonscrire au collectionneur spécial d’objets ayant rapport à l’art. « Ce célèbre curieux , dit Mariette « en parlant de Crozat, s'étoit borné à ne placer « dans son cabinet que des morceaux qui étoient « du ressort du dessin 1 . » Le Dictionnaire de Trévoux (édit, de 1771) précise encore plus l’acception du mot Curiosité : « Ce mot, principalement au « pluriel, est souvent synonymefde choses rares et « curieuses, en fait de tableaux, de dessins, d’es- « tampes, marbres, bronzes, médailles, etc., etc.; « res singulares, eximiœ, raræ. Il y a à Paris plu- « sieurs cabinets de curiosités. Il se prend aussi « pour la recherche des curiosités; il est reçu parmi « les amateurs des arts. On dit familièrement : Com- « ment va la curiosité? Les brocanteurs s’assemblent « pour trafiquer entre eux, et ils appellent cela : se « trouver à la curiosité. » Les brocanteurs sont moins puristes de nos jours ; ils disent tout simplement aller à la vente. Après quoi ces honnêtes gens font la révision, c’est-à-dire une seconde vente entre eux qui égalise la valeur des objets et les empêche de tomber à Irop bas prix. C’est en somme le

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