‹ La curiosité; collections françaises et étrangères cabinets d'amateurs. BiographiesChapitre 5 sur 40 · Paris, Frédéric Léonard. 1 700. ln-4° de 804 pages · texte numérisé non relu

Paris, Frédéric Léonard. 1 700. ln-4° de 804 pages

2. Tout ce qui reste de ces curiosités figure, soit au Cabinet des Médailles à la Bibliothèque impériale, soit au Musée des Souverains au Louvre.

« môme salle du Trésor, ajoute le savant bénédictin, « un cabinet où sont plusieurs pièces curieuses et « que l’on pourra dans la suite augmenter de pluie sieurs autres qui sont dans les armoires avec les « saintes reliques, afin de séparer autant qu’il se « peut le sacré du profane. »

La piété de saint Louis élève au treizième siècle, en construisant la Sainte-Chapelle, une redoutable concurrence au Trésor de Saint-Denis. Trois inventaires faits successivement à cent ans de distance : en 1341, en 1480 et en 1373, sont de véritables catalogues des objets d’art que contenait la sacristie et attestent l’importance toujours croissante de la collection de la Sainte-Chapelle, commencée par saint Louis. Le dernier, celui de 1373, et le seul écrit en français, a été publié intégralement par M. Douëtd’Arq, dans la Revue archéologique de 1848. Il comprend à peu près deux cent cinquante objets, parmi lesquels je citerai seulement, au n° 53 : « Ung beau grand camahieu, assis sur une table quarrée, » qui n’est autre que la fameuse agate de la Sainte-Chapelle, placée aujourd’hui au cabinet des médailles. Cette agate, d’un prix inestimable, passa pendant tout le moyen âge pour représenter le T riomphe de saint Joseph. C’est seulement au siècle dernier que l’on reconnut que le sujet traité par l’artiste était l’Apothéose d’Auguste. Les archives de laplu-

pari des grands établissements religieux contiennent des énumérations non moins intéressantes et de la piété des fidèles et du goût qui présidait à leurs dons.

Les rois, les princes, les grands personnages ne restèrent pas en arrière de ce mouvement qui intéressait une qualité si essentiellement française, le goût ; les inventaires récemment publiés en font foi. Sans vouloir fatiguer les lecteurs par une aride nomenclature, je citerai l’inventaire de Louis de France, duc d’Anjou, dressé de 1360 à 1368', et contenant 196 numéros; celui d’Isabeau de Bavière, femme de Charles VI, datant de 1 4 1 6 1 2 ; celui de Marguerite d’Autriche, fille de Maximilien et de Marie de Bourgogne, dressé le 9 juillet 1523, et contenant 263 numéros 3 celui de Gabrielle d’Eslrées 4 ; enfin celui de Louise de Vaudemont, veuve de Henri III, dressé en 1 606 5 , par lequel s’ouvre le dix-septième siècle.

Ici les documents se pressent en foule et ne laissent aux recherches que l’embarras du choix.

Henri IV était grand amateur de pierres gravées; il en mettait jusque sur la garde de son épée ; il en attachait son pourpoint; il en boutonnait son haut-

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