‹ La Cysticercose Bovine au MarocChapitre 12 sur 20 · CARACTÈRES DES LÉSIONS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES LÉSIONS

A) Cysticerques vivants. — On les rencontre dans la plupart des cas de ladrerie : 80 % environ. Forme. — Suivant son siège le cysticerque

affecte différentes formes. Libre ou faiblement enkysté 1l est à peu près sphérique, ainsi d’ailleurs que dans les tissus où il est soumis de toutes parts à la même pression : tissu conjonctif lâche, tissu adipeux, foie, poumon, glandes.

Dans les muscles, il est ellipsoïide, à grand axe parallèle à la direction des fibres musculaires.

Dans le système nerveux, ses aspects sont variés : sphérique ou légèrement ovoïde à la surface des circonvolutions et dans la substance cérébrale, il est quelquefois aplati lorsqu'il est comprimé entre le cerveau et la base du crâne.

On rencontre aussi des formes en haltère, en poire, en lentille, etc.

La variété « Cysticercus racemosus » caractérisée par des formes très irrégulières : en grappes, en étoiles, vésicules bosselées, ramifiées, pédiculées, est observée plus spécialement à la surface du cœur et dans le tissu conjonctif lâche.

Volume. — La taille du parasite est excessivement variable, si les dimensions ordinaires varient de 7 à 8 m/m de long sur 3 à 4 de large, 1l n’est pas rare de rencontrer des cysticerques ayant le volume d’un grain de chenevis.

Nous avons observé des kystes plus volumineux contenant deux cysticerques.

Couleur. — Le cysticerque se présente généralement sous la forme d’une vesicule translucide, le contenu vésiculaire apparaît quelquefois rose, blanchâtre ou noirâtre, la paroi vésiculaire est elle même souvent imprégnée de la couleur du Hquide.

Nombre. — Rien n’est plus variable que le nombre, on peut en rencontrer de 1 à 50.000. Nous en avons compté jusqu’à 1.500 dans le cœur, 1.500 dans un masséter, 1.800 dans la langue.

B) Cysticerques dégénérés. — Seuls ou coexistant avec des parasites vivants, ils se rencontrent dans 20 % des cas. La présence simultanée de cysticerques vivants et de cysticerques morts à tous les stades de la dégénérescence peut s’observer sur un même organe.

Nous avons trouvé des kystes complètement dégénérés, en voie de resorption, sur des animaux de cinq mois, mais c’est sur des animaux plus âgés que la ladrerie sèche est la plus fréquente.

Forme, volume, consistance des kystes dégénérés sont très variables :

Le plus souvent ils se présentent sous la forme normale, ovoïde, des vésicules ladriques; ils sont quelquefois sphériques et parfois à la surface du cœur ils affectent les formes les plus irrégulières. Leur volume va de la plus petite tête d’épingle à l’œuf de pigeon.

Quant à leur consistance, elle est molle et fluctuante dans la dégénérescence graisseuse ou caséeuse, et dure dans la dégénérescence calcaire.

2e Tone

Nous avons pu suivre les différentes phases de la transformation des cysticerques :

À un premier stade la membrane adventice s’épaissit, le liquide vésiculaire diminue, le cysticerque est en voie d’évagination.

À un stade plus avancé la coque s’est encore épaissie, le cysticerque est complètement évaginé, tantôt vivant, tantôt mort.

À un 3 ‘ stade la cavité intérieure est envahie par une matière molle, jaune verdâtre, dans laquelle on retrouve des débris de cysticerque.

Enfin à un dernier stade se produit une infiltration calcaire plus ou moins dense, bientôt suivie de résorption.

Nous avons été amené à croire, contrairement à l’opinion la plus fréquemment émise, que c’est la dégénérescence du kyste, phénomène défensif de l’organisme, qui provoque la mort du parasite.

LOCATISATIONS

Les cysticerques se rencontrent chez le bœuf dans presque tous les tissus. Ils sont quelquefois abondants et disséminés dans tout l’organisme : on dit que la ladrerie est généralisée; d’autres fois ils sont rares et ne se rencontrent que dans un seul ou un très petit nombre d’organes : la ladrerie est dite localisée.

Ces dénominations ne sont pas rigoureusement exactes. Si nous avons en effet des cas où les cysticerques sont nombreux dans des organes variés, il ne s’en suit pas pour cela que la maladie soit généralisée au sens propre du mot. Il vaudrait

RE

mieux dire : cysticercose étendue, disséminée, diffuse.

D'autre part l’observation d’un parasite sur un seul organe ne prouve pas a priori qu’il est localisé à cet organe. Il est très rare au contraire qu’une recherche minutieuse ne révèle pas l’existence d’autres lésions.

Le cysticerque a une prédilection très marquée pour le système musculaire et c’est là d’ailleurs que l’inspecteur va le dépister.

L’examen systématique des animaux ladres nous à permis d'établir comme suit la fréquence d’infestation des différents tissus :

Cas p. % CRT RO PEER ES 88 MaASSetérs it Free 89 DAT EUÉ Se nee 70 DiADHTA PME NN LRO 62 Muscles internes de l’épaule 60 Tissu conjonctif lâche ...... 99 Muscles:du cons 4.488 92 PÉOASET LaaE AE CHONES 30 Muscles abdominaux ...... 29 IFMissu adipons, 2 4 17 Poumorsiemisasce2oe 1F3) Système nerveux .......... 10

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Nous avons observé des cysticerques sur l’endocarde, sur les valvules tricuspide et mitrale, sur les valvules aortiques (une seule fois) ; dans les paupières, dans le tissu sous rétinien (une fois).

Les localisations du système nerveux sont assez fréquentes ; le plus souvent les cysticerques siègent entre les circonsvolutions et sont recouverts par la pie-mère. On les trouve aussi fixés sur la dure-mère ou inclus dans le cerveau, le cervelet, le

bulbe.

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