ACTE I, SCÈNE IV
MENZIKOFF
Il est des trésors dont on est jaloux ! dont on est avare, et c'est peut-être un sentiment d'égoïsme paternel... qui m'a fait retarder jusqu'ici sa présentation à la cour. Je redoute ce monde qui va me la disputer et me l'enlever!
OLGA
Pouvez-vous le penser?
Sa place est près de moi , près de sa souveraine ! Elle sera ma pupille, ma fille!
OLGA
Ah! Madame... une telle bonté...
LA CZARINE, souriant.
Est peut-être une combinaison politique ! Au milieu de ses grandeurs, le prince votre père me négligeait beaucoup! je le force ainsi à me voir chaque jour, car vous ne me quitterez plus ! je vous garde en otage!... Mais vous veniez, mon enfant...
OLGA
Rappeler à mon père une promenade en traîneau qu'il m'a promise, et remettre au ministre des lettres... des papiers importants
que l'on vient d'apporter pour lui. (Elle remet plusieurs papiers à Menzikoff.)
MENZIKOFF, à la czarine,
Votre Majesté permet-elle?...
Nous l'exigeons... dans l'intérêt de l'État!... (a oiga.) Rassurezvous... ce ne sera pas long! Sa fille attend! les affaires auront tort!
MENZIKOFF, qai a jeté les yeux sur une lettre.
Excepté celle-ci, qui regarde Votre Majesté. (11 remet ia lettre Ua
czarine.)
LA CZARINE, lisant à part et avec émotion.
« Le comte Sapieha prie Son Excellence de vouloir bien lui « faire obtenir de sa grccieuse souveraine une audience particule lière! Il serait heureux, avant son départ, d'offrir ses respects à a Sa Majesté et de prendre ses ordres pour la France. » (atcc a^ iation.) Une audience particulière... à lui... c'est impossible!
MENZIKOFF
La réponse de Votre Majesté?
Je la ferai moi-même! Adieu, prince! Uoiga.) Adieu, mon
enfant, à bientôt, (a part et réfléchissant.) Avant son départ, dit-il... et
pOUr la dernière fois... (Avec un sentiment de désir.) Ail ! (vivement.) Non... non... (Avec force et courage.) Je ne le reverrai pas ! (Elle sort par la porte à droite.)