ACTE II, SCÈNE IV
VILLERBECK.
J'ai idée cependant... que les grands arbres verts appartenaient à quelque parc impérial...
SAPIEHA
Allons donc!... Des sapins... et des bouleaux... il y en a partout... il n'y a pas d'autre verdure en Russie. . . Et là. . . franchement, vous n'avez pas distingué les traits de la beauté mystérieuse?...
VILLERBECK.
Non... je n'ai rien vu!...
SAPIEHA, à part.
Nous sommes sauvés !
VILLERBECK.
Bien!... mais au cri que cette femme a poussé... c'est bien singulier... il m'a semblé...
SAPIEHA, vivement.
Quoi donc?...
Rien !... la nuit tous les cris se ressemblent...
SAPIEHA, le pressant.
Mais encore?...
VILLERBECK, vivement.
Non... ce serait trop absurde!... Il faut être ivre pour avoir des idées pareilles... (Rêvant.) Ce qui aurait pu les justifier... cependant.... c'était la richesse de l'ameublement... j'étais, à coup sûr, chez une grande dame.
SAPIEHA, vivement.
Raison de plus alors pour vous taire.
VILLERBECK, de même.
Vous croyez?...
SAPIEHA
Sinon ce serait s'exposer au courroux de quelque famille puissante... qui, pour assoupir cette affaire... vous enverrait loin! bien loin !... et les nuits de la Sibérie sont plus froides encore que celle passée à la porte de votre hôtel.
VILLERBECK.
Vous avez raison!... j'en grelotte d'avance! et si quelque rumeur circulait à ce sujet...
SAPIEHA, vivement.
Je les éloignerai... comptez sur moi...
VILLERBECK.
Silence! c'est la czarine!...