ACTE III, SCÈNE XIV
SAPIEHA, prêt à donner un démenti.
Ah!...
OLGA, vivement.
Oui, Sire !
LE CZAR
Vous l'aimez donc bien... Répondez?,..
OLGA, avec hésitation et baissant les yeux.
Oui... Sire...
LE CZAR , àsapiena.
Et vous, monsieur?...
S A P I E H A , vivement et avec chaleur.
Moi!... je le demande à Votre Majesté... comment être insensible à tant de grâces et de jeunesse... comment ne pas éprouver un sentiment d'admiration... de reconnaissance... d'amour... devant tant de dévouement...
LE CZAR, "brusquement.
Il suffit! (a part.) On croirait, Dieu me damne! qu'il dit vrai... (Regardant oiga qui baisse les yeux.) Et elle aussi... Et pourtant! je sens autour de moi la trahison... Villerbeck n'a pas tout dit.
VILLERBECK.
Ainsi Votre Majesté n'en veut plus... à personne?...
LE CZAR , le regardant avec colère.
Qu'à toi seul qui es cause de tout, à toi qui as osé t'introduire la nuit dans ce pavillon.
VILLERBECK.
Dans un moment d'ivresse... Votre Majesté le sait bien...
LE CZAR
Ivresse d'autant plus coupable... qu'elle t'a empêché de distinguer. . . de reconnaître . . .
VILLERBECK.
Mais hier déjà Votre Majesté m'avait pardonné...
LE CZAR
A tort... Mon pardon était une injustice... et quand je suis injuste je le reconnais... aussi nous reviserons l'arrêt!
VILLERBECK.
Mais pour quelles raisons?...
LE CZAR
Je n'en ai pas à te donner... et je te trouve bien hardi d'en demander...
VILLERBECK, à part.
Sapieha disait vrai... le grand homme n'est pas agréable tous les jours !
KlOlgne-tOl ! (Prenant le milieu et s'adressant à Sapieha et a Olga pendant que
viiierbeck s'éloigne.) Je suis heureux que ce mariage ordonné par moi... soit décidément un mariage d'amour... Je vous laisse, monsieur le comte... je vous laisse avec votre femme! (n sort parie fond adroite.)