‹ La D'Arsonvalisation dans l'hypertension artérielleChapitre 41 sur 51 · DIVERS TROUBLES ET ACCIDENTS CIRCULATOIRES DE L’'ENCÉPHALE · texte numérisé non relu

DIVERS TROUBLES ET ACCIDENTS CIRCULATOIRES DE L’'ENCÉPHALE

Nous publions ici sept observations ayant trait à des troubles ou des accidents encéphaliques divers.

Les malades des deux premières observations présentaient des troubles légers, étourdissements, céphalée, probablement en rapport avec leur hypertension artérielle.

La d’Arsonvalisation semble dans ces deux cas avoir exercé une heureuse influence, puisque chez l’un de ces malades les étourdissements disparurent immédiatement, et que chez l’autre la céphalée diminua progressivement.

Les autres observations ont trait à des accidents d'artérite oblitérante et d’hémorragie méningée ; les malades des deux dernières ont succombé. Pour être complet, au sujet des applications que nous avons faites dans des cas analogues, il faudrait joindre à ces observations trois autres dont deux ont trait à des accidents d’artérite oblitérante et une à un cas d’hémorragie cérébrale (dont l'issue fut fatale). Ces observations sont trop incomplètes pour être publiées, néanmoins nous devions les signaler.

Le D' Babinski insiste sur l'importance capitale des signes physiques en général et des signes réflexes en particulier, et, nous relatons ces quelques observations dans la pensée qu’elles pourront servir à l’étude de la marche des réflexes dans lhémiplégie comme à celle de l’action de la d'Arsonvalisation dans des accidents de cette nature.

Chez quatre de ces malades, vu leur âge, l’absence d’ictus et

l'établissement relativement lent de leur hémiplégie, ce fut vrai-

Mie

semblablement l’artérite oblitérante la cause de cette lésion.

Chez le malade de l’obs. LI, quelques minutes après la première séance, la crise convulsive s'arrêta. Dans les jours suivants on vit progressivement les réftexes du côté droit revenir presque entièrement à l’état normal.

Chez le malade de l’obs. LIT, on note surtout une amélioration fonctionnelle rapide. La force revint entièrement dans la jambe et le bras.

Chez le malade de l’obs. LIT, le membre supérieur droit était déjà gravement atteint lorsque nous appliquâmes le traitement. Ce membre ne tarda pas à se contracturer. Le signe du peaucier que l'on avait noté disparut. On observa du côté du membre inférieur une amélioration fonctionnelle progressive et une régression du mouvement de flexion combinée de la cuisse sur le tronc.

La régression de ce signe fut également notée dans les deux observations que nous ne relatons pas (en dehors des améliorations fonctionnelles qui furent constatées).

Dans le traitement électrique de l'hémiplégie d’origine cérébrale, les électrothérapeutes ne parlent que d'applications de faradisation ou de galvanisation. Ils mettent d’ailleurs en garde le médecin contre ces courants eux-mêmes qui sont susceptibles de provoquer de la contracture.

Dans son rapport de 1897 sur le traitement électrique dans l'hémiplégie cérébrale, le Dr Dignat conclut ainsi:

« Dans toute hémiplégie d'origine cérébrale, on ne devra instituer aucun traitement électrique, quel qu'il soit, dans les premiers Jours qui suivent l’attaque. »

Mais il ajoute en terminant :

« Il serait intéressant de rechercher quelle action peuvent avoir, chez les malades de cette catégorie, les courants de haute

fréquence. Mais n'ayant pas, pour le moment du moins, d’expé-

rience personnelle à ce sujet, il ne nous est pas possible d'aborder nous-même cette question. »

Divers électriciens protestèrent d’ailleurs aussitôt de cette affirmation qui leur sembla trop hardie.

C’est de propos délibéré que nous avons tenté l’application de la d’Arsonvalisation dans des cas d’hémiplégie d’origine cérébrale en voie de formation. Connaissant l’action de cette méthode sur la circulation, il nous semblait intéressant de voir l’influence qu’elle pouvait exercer chez ces malades.

Il est certes bien difficile de savoir quelle part revient au traitement dans les améliorations constatées. Cette intervention rapide a-t-elle pu aussi, dans une certaine mesure, limiter l’évolution de la lésion ?

C’est ce qu’il est impossible de savoir.

Les malades semblent s’être rétablis d'autant plus complètement que le traitement avait été appliqué de façon plus précoce.

Il n’y a peut-être là qu’une simple coïncidence.

Souvent d’ailleurs, les lésions sont d'emblée telles, qu'aucune médication ne saurait enrayer les suites fatales de Paccident. Trois de nos malades traités ont succombé, Pun au progrès de son artérite oblitérante, les deux autres aux suites de leur hémorragie cérébrale et méningée (leur tension artérielle, qui toujours était élevée, avait été ramenée vers la normale).

Les anciens hémiplégiques peuvent tirer également quelque bénéfice de ce mode de traitement, ainsi qu'on peut le constater dans les obs. XLII et XLIV, où les malades virent après Îles séances s'améliorer l’état fonctionnel de leurs membres paralysés.

La d’Arsonvalisation semble donc pouvoir apporter quelque amélioration chez des infirmes qui ne sont que trop souvent des incurables.

Elle paraît devoir prendre place parmi les traitements de l’hé-

miplégie, état lésionnel dans lequel la thérapeutique est si désarmée, et pourrait être utilisée aussi comme traitement mmédiat de quelques troubles et accidents circulatoires de l’encéphale sous la dépendance de l'hypertension artérielle.

OBSERVATIONS

OgsEervaTion XLIX

(Personnelle).

D... Edouard, cocher, 47 ans.

Entré à la maison départementale le 28 novembre 1903.

Régime de la 3° section.

Le 9 septembre, le malade conduisait sa voiture lorsque brusquement il est pris d’un étourdissement, suivi de nausées. Son corps sc couvre de sueurs.

Une demi-heure après cet accident il est amené à l’infirmerie. L'étourdissement est toujours aussi violent ; il met le malade dans l’incapacité de marcher, dans l'impossibilité de lever la tête,

Sa tension artérielle est de 21.

On fait une séance d’autoconduction de 3 minutes seulement,

* L'étourdissement disparaît aussitôt, La tension artérielle est descendue à 17,5. Dix minutes après la séance, les sueurs disparaissent, les nausées quelque temps après.

Le malade se trouvant fort bien ne consent pas à rester à l’infirmerie et sort le lendemain,

Son interrogatoire ne révélait rien dans ses antécédents héréditaires. Dans ses antécédents personnels on notait de l'alcoolisme.

L'examen de ses divers organes ne révélait que l’existence de quelques symptômes d’artério-sclérose, en particulier un 2° bruit du cœur éclatant,

OgsErvaTION L

(Personnelle).

T.., Maximien, palefrenier, 57 ans.

Entré à la maison départementale le 12 mai 1904.

Régime de la 3° section.

Le 23 juillet, le malade, déjà souffrant dans la matinée, est pris vers À h. de l'après-midi d'étourdissements. Il tombe.

Il est amené à l’infirmerie dans un état de résolution complète.

Tous ses réflexes sont normaux.

Sa tension artérielle est de 22.

Placé sur le lit condensateur, à cause de l’inertie complète qu’il présente, le malade au bout de 2 minutes se débat.

On essaie de le remettre en circuit, mais il se lève d’un coup.

Sa tension artérielle est de 19.

Le lendemain nous revoyons le malade. Il se plaint de céphalée persistante. Sa tension artérielle est de 19.

Son interrogatoire ne révèle rien dans ses antécédents héréditaires et personnels.

L'examen de ses divers appareils n'indique l'existence d'aucun signe pathologique.

Le 95 juillet, le malade est plus lucide.

La tension artérielle est à 18,5.

Une séance de lit condensateur amène la tension à 15.

Le 27 juillet, 3° séance, de 15,5, la t. a. descend à 15.

A la suite de cette séance, la céphalalgie diminue progressivement.

Sa tension artérielle, mesurée à différentes reprises, est auxenvirons de 16.

OBsERvATION LI

(Personnelle).

B... Jean-Marie, terrassier, 67 ans.

Entré à la maison départementale le 28 décembre 1904.

Régime de la 3° section.

Le 6 mars, à 4 h. de l’après-midi, cet homme est pris de quelques secousses convulsives qui commençaient par le pouce et se propageaient à l'avant-bras droit.

A 5 h.1/2 il mange. Aussitôt après ce repas il tombe et perd connaissance.

Un quart d'heure après sa chute, vers 6 h., il estamené à l’infirmerie en état de prostration complète.

Les secousses convulsives continuent et vont en augmentant. Elles occupent le bras droit d'une façon permanente; bientôt le côté droit de la face est le siège de contractions cloniques.

ne

La tension artérielle est de 22.

On fait une séance d'autoconduction. La tension descend à 18.

Pendant la séance le malade a une crise convulsive occupant le bras droit et le côté droit de la face.

A la fin de la séance, étant encore dans la cage, le malade sort de sa stupeur et remue le bras droit. Aussitôt après il peut marcher un peu en traînant le pied droit ; il est capable de mouvoir, quoique mal, ses membres du côté droit. Il paraît comprendre les questions, mais répond par des mots mal articulés, inintelligibles.

A Th. du soir, examiné dans son lit, le malade a bon aspect. [1 peut remuer les membres du côté droit et parler un peu quoique fort mal,

Les crises convulsives ont entièrement cessé. Quelques minutes après la séance, une dernière assez forte s'était produite.

L'examen de ses réflexes tendineux avait permis de constater que tous ceux du côté droit étaient exagérés.

Il n’y avait pas de signe de Babinski.

Enfin les urines contenaient un nuage d’albumine.

Le T mars au matin, le malade répond aux questions que l’on lui pose, mais mal. Il remue bien les membres du côté droit et se plaint de céphalalgie.

Sa tension artérielle est de 18.

Le 8 mars l'examen de ses réflexes tendineux permet de constater qu'ils sont bien moins exagérés.

L'interrogatoire du malade ne révèle rien dans ses antécédents héréditaires.

Au mois d'octobre le malade était déjà tombé à la renverse. Il était resté 10 jours ne pouvant parler que difficilement, mais il n'avait eu aucun symptôme de paralysie. Durant le mois suivant il avait pris de l'iodure de potassium.

Au mois de janvier le malade était venu nous consulter pour un malaise quelconque, et nous avions noté que sa tension artérielle était alors de 21.

L'examen des appareils pulmonaire et digestif ne révélait l'existence d'aucun signe pathologique.

A l’examen du système circulatoire on notait un 2€ bruit claqué ; la matité absolue du cœur mesurait 5 cm. 5 de haut sur 5 cm. de large.

Le 10 mars, 2° séance de cage, la tension de 17 descend à 15,5.

Le malade parle assez bien et répond fort bien aux questions.

be,

Il faut un examen soigneux des réflexes tendineux pour constater que les réflexes tricipital, radial et rotulien sont un peu plus forts à droite qu’à gauche.

Le réflexe cutané abdominal est diminué à droite.

Il existe à droite un léger mouvement de flexion combinée de la cuisse et du tronc.

43 mars, 3° séance de cage, la tension de 16 descend à 15,5

22 — ÿe LS RE 15,5

Le malade parle mieux.

Les réflexes tendineux sont presque égaux.

Les réflexes cutanés abdominaux sont égaux.

Léger mouvement de flexion combinée à droite.

24 mars, 6° séance de cage, la tension de 16 descend à 15

2 je — 18,5 — 17

Le mouvement de flexion combinée a encore diminué d'amplitude. L'examen des réflexes donne les mêmes résultats que précédemment. 3 avril, 9 séance de cage la tension de 18 descend à 16 5 — 10e — 16 — 15,5 La matité absolue du cœur mesure 4 cm. 5 sur 4 cm. à. 7 avril, 11e séance de cage, la tension de 16,5 descend à 16 12 -… 12e — 16,5 — 159 44 — Ja tension artérielle est à 15.

L'examen des réflexes donne les mêmes résultats que précédemment.

Le malade quitte la maison, mais y rentre peu après.

31 mai, la tension artérielle est à 16.

Le malade parle bien et marche fort bien.

Le mouvement de flexion combinée est très faible.

Les réflexes tendineux sont à peine plus forts à droite qu'à gauche.

La matité absolue du cœur mesure 4 cm. 2 de haut sur 4 cm. de large. L’auscultation ne permet plus de retrouver le claquement du

2e bruit.

Ogservarion LII (Personnelle).

J... François, grainetier, 65 ans. Entré à la maison départementale le 5 août 1903.

Régime de la 3° section.

Le 15 novembre au matin cethomme s'aperçoit que sa main gauche est sans force. Trois fois, à peu d'intervalle, il tombe à terre.

Amené à l'infirmerie l'examen permet de constater que le malade peut mouvoir un peu le membre supérieur gauche, mais ne peut aucunement serrer avec la main. Le malade traîne la jambe gauche en marchant.

Les réflexes tendineux radial, tricipital, rotulien et achiléen sont plus amples et un peu plus brusques à gauche qu’à droite.

Il existe un léger mouvement de flexion combinée de la cuisse gauche sur le tronc. Le signe de Babinski est négatif.

La tension artérielle est de 20.

Après une séance d'autoconduction la tension descend à 16.

Les réflexes sont identiques après la séance à ce qu'ils étaientavant.

re

16 novembre, 22 séance, la tension artérielle de 17 descend à 15

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