‹ La d'moiselle du Tabarin, opérette en trois actesChapitre 101 sur 107 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

VOUS avouer qu'il est en fuite avec ma fiancée, ce joli monsieur !...

Je le savais... et si vous n'en souffriez pas plus que moi... j'en serais bien heureuse.

MARCEL

En souffrir!... Dites que je suis ravi de cette fugue qui me délie d'une promesse faite dans un moment d'emballement et d'inconscience !

NINI, joyeuse.

Bien vrai ?

MARCEL

Bien vrai 1... Pourquoi cette joie ?... Est-ce que ?...

NINI

Parce que... Vous ne devinez donc rien?

MARCEL

Mais...

LE MARQUIS, caché.

Le 'garçon de café lui a pris sa future... Est-ce que, lui, va me prendre la mienne ?

MARCEL, ravi.

Je ne sais si je dois supposer...

NINI

Eh ! bien ! Oui ! Vous devez le supposer... J'aime le neveu de mon noble fiancé!...

LE MARQUIS, caché.

Ça y est ! Il me la souffle !

MARCEL, la prenant dans ses bras.

Ah ! Nini ! Que je suis heureux !

NINI

Et moi donc ?

Ils se serrent la mais, LE MARQUIS, caché.

Ça y est! En plein !...

Petit terzetto.

NINI

Hélas ! Je n'appartiens pas à la haute, Vous le savez, vicomte altier, Je suis, ce n'est pas de ma faute.

Je suis fille de cafetier !

LE MARQUIS

Que dit-elle ? Fille de cafetier !

MARCEL

Je ne sais qu'une seule chose, Tes dehors de frivolité,

Cachent une fleur fraîche éclose.

Un cœur d'or et d'honnêteté 1

NINI

Si vous croyez à ma franchise.

Il faut que je vous le dise, Sachez que la folle Nini N'aimera jau ais à demi.

Qu'elle n'aimera qu'une fois !

Et sur ma foi.

Ce sera toi !

LE MARQUIS, à part.

Eh ! bien, c'est flatteur pour moi !

ENSEMBLE

Pour toujours aimons-nous !

Plus de pleurs, plus de querelle entre nous,

Page 1