ACTE DEUXIÈME
SATURNIN, poussant ua soupir.
J'y vais, mademoiselle !
Il s'en va tranquillement en levant les bras au ciel, ÉMILIENNE.
Tu dois en recevoir des déclarations d'hommes chic, ici ?
NINI
Assez ! Mais je suis toujours très sérieuse...
ÉMILIENNE
Gomme moi !
NINI
Plaisanter? Tant qu'on veut! Pour le reste... rien de fait !
ÉMILIENNE
Pas tout à fait comme moi, cela!
MARCEL, à part.
Si encore c'était vrai !
SATURNIN, servant le Champagne.
Voilà, mademoiselle!
Ma chère, je vais t'annoncer une grande nouvelle. Je me marie.
MARCEL, à part.
Hein ? Je vais enfin savoir 1
SATURNIN, prenant un air désolé.
Pas devant moi, mademoiselle, pas devant moi !
NINI
Qu'est-ce qui te prend?
SATURNIN
Vous me fendez l'âme de plus en plus, mademoi-
selle ! Il n'en restera bientôt plus que des copeaux !
(il s'éloigne tragiquement.) Ah! papa! pourquoi exi-
ges-tu de moi ce pénible apprentissage ?
Il sort.
MARCEL, haut.
Vous devez vous marier ? Avec qui, mademoiselle ?
NINT.
Avec un jeune homme que j'ai rencontré aux bains de mer !
MARCEL, défaillant, à part.
Plus d'erreur possible, c'est bien de moi qu'il s'agit !
NINI, se moquant.
Un type, ma chère^ qui croit m'avoir sauvé la vie!
MARCEL
Gomment... qui croit?
NINI
Figurez-vous qu'il faisait des trous dans le sable pour y faire tomber les jeunes personnes quand la mer était haute, et pour avoir le plaisir de les sauver ensuite!
MARCEL
Gomment savez- vous ça?
NINI
Par un de ses amis, M. Ghannoiseau !..»
MARCEL, à part.
Lui qui prétendait être muet comme une concierge !
NINI
Alors j'di fait semblant de me noyer... II m'a