‹ La d'moiselle du Tabarin, opérette en trois actesChapitre 6 sur 107 · FALEMPIN, NINI · texte numérisé non relu

FALEMPIN, NINI

Arrive Falempin, donnant le bras à sa fille Nini, Il marche gravement. Allures d un vieux gentleman,

FALEMPIN

Viens, Nini, ma fille chérie !

NINI| baissant les yeux.

Voilà, papa !

FALEMPIN, regardant autour de lui»

Personne! Nous pouvons lâcher ces allures guindées et solennelles !

NINI

Ouf! Ce n'est pas trop tôt! Ça commence à devenir rasant, depuis huit jours que nous faisons les gens austères et distingués !

FALEMPIN

Tu l'as reconnu toi-même, Nini ; tenir un cafébar, même au Bal Tabarin, c'est très lucratif... Mais ce n'est pas là où viendra te chercher le jeune homme de noblesse que je te souhaite !

NINI

Je ne le souhaite pas autant que toi, papa ! Tu as fait de bonnes affaires... Moi, je suis restée bonne fille... pas assez distinguée... Faut jouer à la petite bécasse. Je trouve ça dur !

FALEMPIN

Tu t'y feras ! Qui veut la fin veut les moyens.

NINI

Air.

Loin du cocktail et du Sherry brandy

Papa, que je m'embête...

Si notre exil n'est pas bientôt fini, La petite Nini

Perdra la tête...

Ah ! revenez cocktails, reviens Sherry brandy !

S'habiller très chic, prendre un bain.

Ne murmurer soir et matin Que des mots, des paroles sages.

Avoir de sérieux visages, Il nous faut veiller à cela.

Papa, mon cher papa.

Depuis qu'on est des personnages !

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