‹ La d'moiselle du Tabarin, opérette en trois actesChapitre 90 sur 107 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ARABELLE, seule; puis SATURNIN.

ARABELLE

Puisque papa y tient absolument, je serai vicomtesse! Mais c'est curieux... Depuis que je peux épouser monsieur Marcel... j'y tiens beaucoup moins! Et puis... si je m'étais mariée avec un industriel, nous aurions pu lancer le kola-gommepippermint de papa!...

SATURNIN, accourant de gauche.

Miss Arabelle!... Enfin!...

ARABELLE, joyeuse.

Monsieur Saturnin!

Duetto.

SATURNIN

Miss Arabell' je ne dors plus.

De mon sort vous êtes maîtresse, La nuit à mes sens tout émus Vous jetez le trouble et l'ivresse.

Personne ne saura jamais La passion vive et brutale Que peut causer (moi seul le sais) Que peut causer un' cart' postale,

ARABELLE

Pourquoi mentir

J'ai souvenir...

De certain baiser... merveilleux.

Sur l'épaule... Souvenez-vous?...

SATURNIN

M'en souvenir!... Je fais bien mieux...

C'est de ce jour que je suis fou...

Fou de vous... ô miss Arabelle...

ARABELLE

Une chose... chose unique... M'inquiète : votre état!...

SATURNIN, tranquille.

Garçon de café? Rien que ça?

Avec pitié.

Vieux préjugés de la neuve Amérique.

Entre nous Tranquillisez-vous ! . . .

Avec force, sur un air de bravoure.

Je ne suis pas ce que je parais être... Car je suis — sans le paraître —

Mieux qu'un bourgeois, Qu'un petit noble aux abois.

Qu'un fils de la magistrature.

Mcn origine est plus pure Je le redis avec fierté,

(Jamais je ne gasconne) J' suis r fils uniqu' du grand café Du grand café des Trois-Colonnes !...

ARABELLE, étonnée.

Un grand café Ça lancerait

Le kola

A papa!

SATURNIN

Mon père a le gros magot, . Il me dotera comme il faut.

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