‹ La d'moiselle du Tabarin, opérette en trois actesChapitre 99 sur 107 · SCENE XIII LE MARQUIS, puis MARCEL · texte numérisé non relu

SCENE XIII LE MARQUIS, puis MARCEL

LE MARQUIS, ahuri.

Ma fiancée qui fait des poids! Qui danse sur les tréteaux, qui embrasse des saltimbanques et monte au mât de Cocagne pour gagner un cochon ! . . . C'est tout de même excessif... et si je n'étais esclave de ma parole...

MARCEL, sortant de la maison avec sa valise.

Mon oncle, je prends congé de vous... Vous allez bondir... Je ne me marie plus.

LE MARQUIS, avec flegme.

Ah?

MARCEL

Dussiez- VOUS me déshériter, je ne puis épouser la fiancée dont je vous ai parlé...

LE MARQUIS, étonné.

Te déshériter ? parce que tu t'es conformé à ma devise... la seule, la vraie... la bonne... « Tout est permis, hors le mariage... » Tu n'y penses pas.

MARCEL, étonné.

Ah ? Tout à l'heure... vous disiez...

Tout à l'heure, je n'avais pas vu la future marquise de Pont-Sablé monter au mât de Cocagne et lutter avec les gars du village pour gagner un cochon...

MARCEL

Ce n'est que ça? Savez-vous ce que ma future, à moi, a fait ? Elle ?

LE MARQUIS

Quoi ?

MARCEL

Elle a fichu le camp avec un garçon de café 1...

LE MARQUIS, se grattant l'oreille.

Sapristi I Ce n'est pas encourageant pour se marier I Mais voici ma fiancée qui vient de ce côté !... Je voudrais que tu la questionnes pour savoir si, réellement, elle a pour moi, des sentiments de tendresse, ou bien si elle me roule comme ta fiancée t'a roulé toi-même !

MARCEL, avec philosophie.

Si vous voulez, mon oncle.

LE MARQUIS

Je te laisse... et je reviens dans quelques minutes... Tâche de savoir... (ll se retire à gauche, au public.) Je vais écouter sans qu'il s'en doute.

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