‹ La dame aux camélias (volume 2)Chapitre 40 sur 68 · ALLIONS NOUS ASSEOIR SOUS LE PETIT BOIS · texte numérisé non relu

ALLIONS NOUS ASSEOIR SOUS LE PETIT BOIS

Vous donner des détails sur notre nouvelle vie serait chose difficile. Elle se composait d'une série d’enfantillages charmants pour nous, mais insignifiants pour ceux à qui je les raconterais. Vous savez ce que c’est que d'aimer une femme, vous savez comment s’abrègent les journées, et avec quelle amoureuse paresse on se laisse porter au lendemain. Vous n'ignorez pas cet oubli de toutes choses, qui naît d'un amour violent, confiant et partagé.

Tout être qui n'est pas la femme aimée semble un être inutile dans la création.

On regrette d'avoir déjà jeté des parcelles de son cœur à d'autres femmes, et l’on n'entrevoit pas la possibilité de presser jamais une autre main que celle que l’on tient dans les siennes. Le cerveau n’admet ni travail ni souvenir, rien enfin de ce qui pourrait le distraire de l’unique pensée qu'on lui offre sans cesse. Chaque jour on découvre dans sa maitresse un charme nouveau, une volupté inconnue.

L'existence n'est plus que l’accomplissement réitéré d'un désir continu, l'âme n'est plus que la vestale chargée d'’en:tretenir le feu sacré de l'amour.

Souvent nous allions, la nuit venue, nous asseoir sous le petit bois qui domi:

nait la maison. Là nous écoutions les gaies

harmonies du soir, en songeant tous deux

har L Jusqu'au lendemain dans les bras l'un de à l'heure prochaine qui allait nous laisser : se

l’autre. D’autres fois nous restions couchés

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