‹ La dame aux camélias; pièce en cinq actes, mêlée de chant. Représentée pour la première fois, à Paris, sur le théâtre du Vaudeville, le 2 février 1852Chapitre 53 sur 71 · ANAÏS · texte numérisé non relu

ANAÏS

Saint-Gaudens, allez me chercher une glace !

Tout à l'heure !

ANAIS.

Alors, racontez-nous l'histoire du fiacre jaune.

J'y vais! j'y vais ! (Il sort.)

prudence, à Gaston.

Te rappelles-tu l'histoire du fiacre jaune ?

GASTON

Si je me la rappelle ! Je le crois bien ; c'est chez Marguerite qu'Olympe a voulu nous conter cela. Est-ce qu'elle est ici, Marguerite ?

OLYMPE

Elle doit venir.

GASTON

Et Armand ?

prudence.

Armand n'est pas à Paris... Vous ne savez donc pas ce qui est arrivé?

GASTON

Non.

PRUDENCE

Ils sont séparés.

ANAIS.

Bah!

Oui, Marguerite Ta quitté !

GASTON

Quand donc?

ANAIS.

Il y a un mois, etqu'elleabienfait!

GASTON

Pourquoi cela ?

ANAIS.

On doit toujours quitter les hommes avant qu'ils vous quittent

ARTHUR

Voyons, messieurs, joue-t-on, ou ne joue-t-on pas?

GASTON

Oh ! que tu es assommant, toi ! Crois-tu pas que je vais m'user les doigts à te retourner des cartes pour cent sous que tu joues? Tous les Arthur sont comme toi. Heureusement, tu es le dernier Arthur.

saint-gaudens, rentrant.

Anaïs, voici la glace demandée.

ANAIS.

Vous avez été bien long, mon pauvre vieux ; après ça, à votre âge...

gaston, se levant.

Messieurs, la banque a sauté. — Quand on pense que si Ton me disait : Gaston, mon ami, on va te donner cinq cents francs, à condition que tu retourneras des cartes pendant tout une nuit, je ne le voudrais pas, bien certainement. Eh bien! voilà deux heures que j'en retourne pour perdre deux mille francs l Ah ! le jeu est un joli métier. (Un autre reprend la banque.)

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