ANAÏS
Saint-Gaudens, allez me chercher une glace !
Tout à l'heure !
ANAIS.
Alors, racontez-nous l'histoire du fiacre jaune.
J'y vais! j'y vais ! (Il sort.)
prudence, à Gaston.
Te rappelles-tu l'histoire du fiacre jaune ?
GASTON
Si je me la rappelle ! Je le crois bien ; c'est chez Marguerite qu'Olympe a voulu nous conter cela. Est-ce qu'elle est ici, Marguerite ?
OLYMPE
Elle doit venir.
GASTON
Et Armand ?
prudence.
Armand n'est pas à Paris... Vous ne savez donc pas ce qui est arrivé?
GASTON
Non.
PRUDENCE
Ils sont séparés.
ANAIS.
Bah!
Oui, Marguerite Ta quitté !
GASTON
Quand donc?
ANAIS.
Il y a un mois, etqu'elleabienfait!
GASTON
Pourquoi cela ?
ANAIS.
On doit toujours quitter les hommes avant qu'ils vous quittent
ARTHUR
Voyons, messieurs, joue-t-on, ou ne joue-t-on pas?
GASTON
Oh ! que tu es assommant, toi ! Crois-tu pas que je vais m'user les doigts à te retourner des cartes pour cent sous que tu joues? Tous les Arthur sont comme toi. Heureusement, tu es le dernier Arthur.
saint-gaudens, rentrant.
Anaïs, voici la glace demandée.
ANAIS.
Vous avez été bien long, mon pauvre vieux ; après ça, à votre âge...
gaston, se levant.
Messieurs, la banque a sauté. — Quand on pense que si Ton me disait : Gaston, mon ami, on va te donner cinq cents francs, à condition que tu retourneras des cartes pendant tout une nuit, je ne le voudrais pas, bien certainement. Eh bien! voilà deux heures que j'en retourne pour perdre deux mille francs l Ah ! le jeu est un joli métier. (Un autre reprend la banque.)