ACTE I, SCENE VI
MARGUERITE
Arrive donc, Olympe, j'ai cru que tu ne viendrais plus.
C'est la faute de Saint-Gaudens.
C'est toujours ma faute. Bonjour, Varville.
VARVILLE
Bonjour, cher ami.
Vous soupez avec nous ?
MARGUERITE
Non.
saint-gaudens, à Marguerite.
Et vous, chère petite, comment allez-vous?
marguerite.
Très-bien.
Allons, tant mieux! va-t-on s'amuser ici ?
OLYMPE
On s'amuse toujours où vous êtes.
Méchante ! Ah ! ce cher Varville, qui ne soupe pas avec nous, celame faitune peine affreuse. (A Marguerite.) En passant devant la Maison d'Or, j'ai dit qu'on apporte des huîtres et un certain Champagne qu'on ne donne qu'à moi. Il est parfait... Il est parfait.
OLYMPE
Et Prudence, va-t-elle venir?
Oui.
olympe, bas f à Marguerite.
Pourquoi n'as-tu pas invité Edmond?
MARGUERITE
Pourquoi ne l'as-tu pas amené ?
OLYMPE
Et Saint-Gaudens !
MARGUERITE
Est-ce qu'il n'y est pas habitué ?
OLYMPE
Pas encore, ma chère; à son âge on prend si difficilement sine habitude, et surtout une bonne.
marguerite, appelant Nanine.
Le souper doit être prêt.
Dans cinq minutes, madame. Où faudra-t-il servir? dans la salle à manger?
MARGUERITE
Non, ici, nous serons mieux.— Eh bienl Varville, vous n'êtes pas encore parti ?
VARVILLE
Je pars.
marguerite, à la fenêtre, appelant.
Prudence !
OLYMPE
Prudence demeure donc en face ?
MARGUERITE
Elle demeure même dans la maison, tu le sais' bien ; presque toutes nos fenêtres correspondent. Nous ne sommes séparées que par une petite cour -p c est très-commode, quand j'ai besoin d'elle.
Ah çà ! qu'est-ce qu'elle fait, Prudence ?
OLYMPE
Elle est modiste.
MARGUERITE
Et il n'y a que moi qui lui achète des chapeaux.
OLYMPE
Que tu ne mets jamais.
MARGUERITE
C'est bien assez de les acheter, ils sont affreux ; mais ce n'est pas une mauvaise femme, et elle a besoin d'argent. (Appelant.) Prudence !
prudence, du dehors.
Me voilà !
MARGUERITE
Pourquoi ne venez-vous pas, puisque vous êtes rentrée ?
Je ne puis pas.
MARGUERITE
Qui vous en empêche?
PRUDENCE
J'ai deux jeunes ge ns chez moi , ils m'ont invitée à souper.