SCÈNE XI
Les Mêmes, SYLVIE *.
SYLVIE, entrant, et à part.
Je crois qu’il en a reçu un !
Allons, bon 1 voilà que je frappe à mon tour !
ANGÈLE , riant.
AhI ah! ah ! ah! j’en ris de bon cœur! (Elle s^asâed prè» dn piano, en continuant de rire.)
SYLVIE
Comment, Monsieur... c’est vous qui...
BEAUCRESSON.
Oui, Sylvie! l’effet de l’exemple... c’est contagieux ! Moi, un homme d’intelligence... Je ne suis plus qu’un Esprit frappeur!
CORADIN, bas A Syhie.
Monsieur finance-t-il ?
SYLVIE, bas.
Non!
Sylvie, Coradin, Boaucresson, Angèle.
COBADIN, à part.
Volél
ANGÈLE
Ernest, ne vous avisez plus de me faire de la morale I... vous voyez qu’on peut s’emporter malgré soi I
BEAUCRESSON..
Oui... j’ai été trop vif!... je sens que j’ai eu tort!
CORADIN
Et moi aussi, je le sens...
BEAUCRESSON.
C’est honteux! j’en rougis jusqu’au blanc des yeux!... Et c’est ce Carotin...
CORADIN
Est-ce que c’est de ma faute?...
BEAUCRESSON.
Oui! tu as faitrougir ton maître jusqu’au b!anc des yeux!... Je ne veux plus de toi !... je te payerai tes huit jours!
CORADIN
Vous me renvoyez?
ANGÈLE
Tout de suite}
SYLVIE *
Puisqu’il a reçu un soufflet... il me semble qu’il est assez puni !
ANGÈLE
Non!
BEAUCRESSON, à SyWie.
Tu t’intéresses donc à lui, toi?
Oh! à cause de vous, monsieur!... Il |)araissait si heureux de vous servir ! (Elle remonle cl se place derrière le fauleuil d’Angèle.)
CORADIN
C’est vrai. Monsieur! j’ai pris tout de suite de l’attache-
* Coradin, Sylvie, lleaucrci'Soo, An^Me.
Ar*
ment pour vous!... c' acun a sa toquade!... moi, j’aime les grands hommes!
BEAUCRESSON, déclamant.
Détestable flatteur, présent le plus. . .
(A part.) Il est gentil, ce garçon!... il a du jugement! (Haut.) Allons, je ne suis pas un tigre... tu resteras... mais tu feras des excuses à ma femme!
ANGÈLE
C’est inutile! je ne lui pardonnerai jamais!
SYLVIE
Si j’osais demander sa grâce à Madame?..,
ANGÈLE, SC levant.
Mais, Sylvie... tu n’as donc pas vu?... (Elle lui montre les meubles.)
SVLVIE. .
Oh! Madame! c’est facüe à réparer. Aidez-moi, Coradin! (ils remettent les meubles en placo.)
BEAUCRESSON, àsafcnimo, sur le premier plan.
Va! si tu m’en crois, nous userons d’indulgence.
ANGÈLE
Non! pas d’indulgence... ce serait de la faiblesse!
BEAUCRESSON.
Qu’est-ce que ça fait? la faiblesse va si bien aux femmes, à toi surtout... et tu le sais de reste!... car, quelquefois, quand je te prie d’être faible...
ANGÈLE
Vous dites des bêtises!
BEAUCRESSON.
Bah! laisse-toi fléchir... ce garçon se corrigera !... N’estce pas, Carotin, que tu te corrigeras?...
' CORADIN
Oh! monsieur, avec vous, ce serait facile!
ANGÈLE
Ce qui signiûe qu’avec moi ce serait impossible !
BEAUCRESSON..
Mais non! tu interprètes mal...
ANGÈLE
Alors je ne sais ce que je dis?...
SYLVIE, revenant en scène.
Madame... tout est rangé.
BEAUCBESSON.
Carotin, vas vite faire ma chambre... mais fais-la autrement que le salon I <
CORVDIN.
Oui, monsieur! (a part.) Oh! je n’y renonce pas! ENSEMBLE.
Air du Supplice d'un Homme.
ANGELE.
Nous avons pris un laquais De la plus stupide espèce!
Quel ton! quelle maladresse!
Je ne m’y ferai jamais!
BEAUCRESSON.
Comme écrivain du progrès,
Je vais occuper la Presse!
Mais si tout ce bruit ne cesse,
Je raterai mon succès!
CORADIN, à part.
Pour attraper des soufflets.
J'irriterai ma maîtresse!
En y mettant de l’adresse,
Je suis certain du succès!
SYLVIE, à part.
Pour attraper des soufflets.
Il ne faut qu’un peu d'adresse;
Un valet de cette espèce Doit être sûr du succès!
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