SCÈNE XVIIl
Les Mêmes, BEAUCRESSON, SYLVIE. Beaucresson vient par la droite, et Sylvie par le fond.
BEAUCRESSON.
Encore 1
SYLVIE, à part, joyeuse.
Ah! du coup... il en a reçu * !
BEAUCRESSON.
Mais c’est de la ragel c’est une maladie incurable 1
ANGÈLE
J’en conviens, Ernest... vous me prenez en faute.
BEAUCRESSON.
.Ma chère, votre conduite est celle d’un palefrenier !
CORADIN, ayant l’air de se monter la tête.
Certainement... parce que... des voies de fait... Mais ça ne se passera pas comme ça!... 11 y a des lois. Madame! il y a des tribunaux I
ANGÈLE, feignant l’effroi.
Grand Dieu! un scandale public!
BEAUCRESSON.
Nous serons la fable du quartier !
* Sylvie, Coradin, Beaucresson, Angèle.
ANGELE.
Coradin, je regrette mon premier mouvement !
Trop tard !
BEAUCRESSON.
CORADIN
Oui, trop tard... comme dit Ernest!
ANGELE.
Mais il me semble que, si je vous indemnisais...
Enfin!
SYLVIE, à pari.
CORADIN
Madame doit savoir qu’elle m’en a donné trois... sans compter celui que Monsieur a reçu pour moi ?
ANGÈLE, arcignant son porte-monnaie.
Je sais le nombre et je m’exécute... Tenez!
CORADIN, bas b Sylyie.
Je vais donc palper !
ANGÈLE
Prenez! (Elle lui donne de l’argent.)
Quarante sous!
Quarante sous !
SYLVIE, à part.
ANGELE.
Prenez, ce n’est pas trop !
CORADIN
Mais, Madame, c’est pour rien!
BEAUCRESSON, rouillant b sa poche.
Au fait, ma chère amie, ça vaut bien trois francs de plus'
CORADIN
Mais, je ne veux ni de vos quarante sous, ni de vos trois francs... et je v'ous traînerai devant la Correctionnelle!
LA DAME AUX GIllOFLEtS
BEAUCRESSON
Voyons... calme-loi, Saladin ! A quelle somme estimais-tu la réparation ?
ANOÈLE.
Je vais vous le dire, mon ami. — Coradin savait que j’avais donné cinq cents francs au dernier domestique...
COBADIN.
Moi, madame?... Qui aurait pu m’apprendre ?...
AXGÈLE.
Sylvie!. . J’étais là, tout à l’heure... et j’ai entendu le complot !
CORADIN, h pari.
Flambé!
SYLVIE, à part.
Choux blanc!
BEAUCRESSON.
Ainsi, drôle, lu .spéculais sur la nervosité de ma femme?
ANGÈLE
Le chiffre de cinq cents l’avait alléché... et, depuis ce matin, il travaille à s’attirer ce qu’il vient de recevoir I BEAUCRESSON.
Tu n’es qu’un Scapin! Et, si c’était encore la mode, je te ferai périr sous le bâton, drôle !
Nous sommes dans le régime de l’industrie, et mon invention était morale... car, si ça n’avait pas manqué, j’épousais Sylvie!
ANGÈLE
L’épouser !
CORADIN
Elle peut vous le certifier elle-même ** !
• Sylvie, Coradin, Beancrosson, Angèle, *• Coradin, Sylvie, Angèle, Beanrresson.
LA DAME AUX GlilOFLÉES
SYLVIE
Eh bien... oui, Madame!,., nous nous connaissons depuis longtemps... et nous n’attendions qu’une bonne aubaine pour nous établir!
ANGÈLE
Comment, Sylvie?... Tu as un singulier goiU!
COR ADIN
Sylvie me connaît!... et, si Madame me connaissait...
ANGÈLE
Assez !
BE AUCRESSON.
Et tu me soup(^onnais, ma chère!...’ moi, un penseur! moi qu i plane au-dessus des passions vulgaires!...
ANGÈLE
Mon ami, un homme qui fait des conférences est capable de tout!
BEAUCRESSON.
Si je les mariais ensemble, serais-tu rassurée?
ANGÈLE
Sans doute!
BEAUCRESSON.
Alors je les marie et je les dotel
SYLVIE et COBADIN.
Une dot!
BEAUCRESSON, alLinl à Coradin.
Salurpin, sois content... tu auras le billet de cinq!...
CORADIN
Ah! monsieur...
BEAUCRESSON.
Ne me remercie pas !
Non, monsieur... ce n’est pas assez!..
SYLVIE
Il nous en faudrait encore autant?
BEAUCRESSON.
Diable !
» ANGÈLE
Allons, je contribuerai pour ma part!... vous aurez la somme !
CORAUIN et SYLVIE.
Complet 1
BEAUenESSON, à fa femme.
Et pour le soutlleL que tu m’as donné?
ANGÈLE
Celui-là, c’est dilférentl je l’etraçe! (Elle embrasse son mari.) BEAUCRESSON, allant à Coradin.
Tu le vois, Dominique... c’est une excellente femme !
CORADIN
Dominique, à c’t’heuro?
Oui... décidément... je t’appellerai Hyacinthe]
CORADIN
Ah bien 1 c’est le nom que j’ai toujours désiré I
CHOEUR FLXAL.
Am ; Mhl pour moi quelle chance I
Lorsque femme les donne.
Très-souvent aux soufflets Avec joie on pardonne...
Grâce à leurs doux effets!