‹ La danse devant l'archeChapitre 42 sur 61 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

Le haut plaisir de bien sentir son existence, D'être celui qui vit !

D'être celui qui ne perçoit ni l'univers Ni tous les mouvements de son âme illusoire, D'être celui qui sans attente et sans revers Se repaît de sa propre gloire.

Rien ne peut plus m'atteindre; ah! laissez que mon

feu Dans l'orgueil de sa solitude Eprouve à ne brûler sur l'autel d'aucun Dieu La céleste béatitude.

Si l'arche est vide où tu pensais trouver la loi,

Rien n'est réel que ta danse :

Puisqu'elle n'a pas d'objet elle est impérissable.

Danse pour le désert et danse pour l'espace

Comme un prophète dans le sable

Danse dans l'éternel silence

Avec la gravité d'un roi.

O transports du danseur agile, Ton bras lance des javelots ;

n6 LA DANSE DEVANT L'ARCHE

De plus en plus vite et, sans que tu pâmes

De plus en plus haut :

Tes sauts, tes bonds, tes jets, tes cris

Et le tournoiement sur les pointes

Chatoiement des gestes ardents

Ta vitesse d'enfant numide

O flamme, ô flèche, ô vif oiseau,

O faucon rapide.

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