FRANÇOIS PORCHE
toujours brûlante. D'ailleurs lui-même voudrait bien échapper à cette tristesse un peu ennuyeuse. Il cherche au loin la solitude. Il va en Russie, et y fait ses meilleurs vers :
O cosaques, comment avec un pareil nom Avez-vous cet aspect jeune et si peu farouche
Le chant que vous chantez arrondit votre bouche... Et toutes les fureurs de meurtre et de débauche Ont quelque chose en vous d'innocent et de pur.
Je ne sais pas distinguer si ce que j'aime est ce qu'on va lire ou bien la voix des enfants du pays de Moussorgsky :
De quel timbre léger, fin, comme ciselé A vibré cette voix d'enfant dans l'air gelé ? Le silence en paraît plus grave : la Nature Ecoute longuement une chanson si pure.
Oh ! dites, si durant tant de jours, sur F isba Et le palais doré, tant de neige tomba, C'était pour étouffer, pour contraindre à se taire Tous les démons, tous les vilains bruits de la terre, C était pour effacer les empreintes de pas
Que laissent tous les pieds des méchants ici-bas... Et pour que rien enfin ne subsistât, rien d'autre Rien du monde ancien, rien des hommes d'hier Que cette voix d'enfant dans la paix de l'hiver ?
En somme rien de décidément fort, ni de décidément neuf. Dans les vers mêmes que j'ai cités, il y a souvent des défaillances. Mais des parties estimables, beaucoup de bonne volonté, une réelle noblesse d'intention, parfois un peu de vraie tendresse.
On a lu ici 1 la Tombée du jour dans une capitale.
Il faut que M. Porche continue à chercher avec la même sérieuse application. Plus loin, peut-être...
Janvier 1910.
1 La Nou-veîle Re<vue Française.