SCÈNE PREMIÈRE PAUL, LOUISE
Paul est étendu sur un canapé, les yeux grands ouverts regardant le plafond. Louise entre, s’approche sans attirer son attention et Pexamine. Enfin il tourne la tête, l’aperçoit, et, d’un bond, se trouve debout devant elle. |
PAUL, tout à fait homme du monde, s’inclinant et lui baisant la main.
Mille pardons, Mademoiselle, je ne vous avais pas entendue... (Souriant.) En ce moment la tenue de ma maison laisse un peu à désirer.
Allons, ne perdons pas notre temps à jouer aux belles manières... Traitez-moi en amie, je le mérite... Mon affection pour Régine, ma sympathie
pour vous, le désir de mettre d’accord ces deux sentiments, voilà d’excellentes raisons pour que vous me donniez votre confiance... D’abord, comment allez-vous P...
PAUL, avec ‘un soupir
Aussi bien que possible.
LOUISE
C'est-à-dire très mal?
PAUL
Au moral, oui, franchement, très mal,
LOUISE
Vous avez mauvaise mine.
Un peu de fatigue. J’en suis quitte à bon compte. Il y avait de quoi tuer un bœuf et je n’ai même pas un rhume.
LOUISE
Le corps a été plus résistant que l’âme... J’ai eu le temps de vous observer, étendu là, sur ce canapé, broyant du noir... Réagissez, voyons !.…
PAUL
Trouvez-vôus que j'aie beaucoup à me réjouir P...
LOUISE
Mais oui, plutôt! Régine m'a fait part de son :