ACTE II
brouillées.. Vous ignorez peut-être ma situation
chez elle. Je suis une parente pauvre qu’elle entre- tient très généreusement... Si elle me chasse de son * foyer, ma vie est gâchée.….
PAUL, très content au fond.
Vous me mettez dans un grand embarras... Je serais navré de briser votre avenir... D’un autre côté, ma conscience proteste un peu.
LOUISE
Faites-la taire! Me croyez-vous capable de risquer légèrement le bonheur de Régine ?... moi qui lui ai servi de grande sœur, qui la soigne et la chéris depuis sa plus tendre enfance... Si vous êtes le
» mari que je lui souhaite, c’est que plus je vous
étudie, plus je sens à quel point votre cœur s’est
donné. Un amour pareil ne se rencontre pas deux
s fois dans l'existence. Je le saisis au passage, et je __ le livreà ma cousine.
PAUL
Vous le livrez légèrement fardé.
LOUISE
Tranchons le mot : vous rougissez de cette comédie, comme si vous n’étiez pas acteur depuis le premier jour où vous avez parlé à Régine et comme si Régine m’envoyait ici avec mission de ne dire
. que la vérité... Enfants trompeurs et sincères, tous deux vous déclamez des rôles...Mais d’où vient qu’à tout bout de champ vous vous évadez du pro-
1 il re iii q
# « 7 14 #2 LL b4 LA DANSE DEVANT LE MIROIR à gramme ?... Quel personnage invisible traversela ê scène et vous fournit des répliques si belles que, si vous avez l’audace de les prendre, le reste de la pièce ne paraît plus qu’une farce grossière... Oui,
se
décidément, deux comédiens, mais avec un mystérieux associé... Votre amour, un vaudeville avec l'idéal pour souffleur !.…. | D rit
PAUL Et c’est lui, ce maître divin, qui invente ce que nous ne faisons que réciter ?
LOUISE, riant.
Oui, depuis mon adolescence je suis une de ses meilleures élèves et m’en trouve on ne peut mieux. PAUL, riant. , #
Voilà qui me décide: je ferai de même !.…