Grand Rond de Jambe. — // se fait par l'articulation
de la hanche et s'exécute par toute la jambe tendue^ en dehors ou en dedans (191).
Fig. 227.
Fig. 228.
Supposons que le danseur ait la jambe droite en Grande II et qu'il exécute un Grand Rond de Jambe en dehors. De la Grande II {fig, 229) la jambe passe à la Grande IV derrière {fig. 62) par un
mouvement horizontal; puis de la Grande IV derrière à la Grande IV devant (fig. 6i et 229) par un demicercle dont la Position a détermine le plan; enfin de la Grande ÏV devant à la Grande II par un mouvement horizontal.
[Géométriquement, la Pointe de la jambe agissante décrit deux demi^cerclesy l'un horizontal, entre les deux /F, en passant par la II, Vautre incliné d'environ 45" sur le plan horizontal, entre les deux IV, en passant par la Position a.)
Fig. 229.
195. La forme et Tétendue des mouvements dans les divers Ronds de Jambe rendent sa représentation impossible par une seule image.
Il y a lieu cependant de rapprocher de la figure 210 le danseur de la figure 472. L'identité du /wo/we/i^ (282) est évidente. Il est donc possible que ce petit Mèn-Atys exécute un Rond de Jambe soutenu, de la jambe gauche, et que, par alternance, il le fasse suivre d'un Rond de Jambe soutenu, de la jambe droite : (321) et (fig. 473).
En comparant à la série chronophotographique exprimée par les
Fig. 230.
figures 222 à 228, la figure 230, qui présente elle-même une véritable série analytique, on doit cire frappé de l'analogie qui existe entre les mouvements de jambe de ces grotesques et ceux de la danseuse. Si l'on tient compte des diflerences de perspective (225), le rap-
EXERCICES PREPARATOIRES. 123
prochement deviendra très plausible; les cinq images de la figure 230 représenteront cinq moments d'un Rond de Jambe soutenu, de la jambe gauche.
196. Les exercices précédents : les Plies, les Dégagés, les Battements, les Ronds de Jambe sont essentiellement simples et instinctifs. Ils ne sont en effet que l'exagération de mouvements naturels. Les conditions de la physiologie n'ont pas changé depuis vingt siècles : pour assouplir leurs articulations, pour permettre à leurs jambes de fléchir, de se tendre, de se lancer dans toutes les directions, de se mouvoir dans tous les sens, les danseurs grecs, comme les nôtres, ont recours a ces exercices nécessaires qui viennent d'être énumérés. A défaut de preuves directes, on aurait le droit d'aflirmer que leurs premières études orchestiques ne différaient pas sensiblement des nôtres.
197. Mouvements des Bras. — Le jeu des bras est d'une grande délicatesse : il constitue à lui seul une des difficultés les plus redoutables de la danse, et Von peut apprécier le talent d'un danseur à V usage qu'il fait de ses bras, aussi bien dans le repos que dans le mouvement.
Quelles que soient Vampleur et la rapidité du mouvement qu'il exécute, le bras qui se lève ou qui s'ouvre — on pourrait dire, par analogie avec les jambes : le bras qui dégage (179) — est astreint à une règle tout à fait analogue à celle du Dégagement (180). Les divisions du bras étant, à partir de l'épaule, le bras, l'avant-bras, la main, c'est le bras qui doit le premier se détacher du corps et entraîner dans son mouvement l'avant-bras, que la main suit {Jig. 324 à 328). Inversement, pour abaisser un bras levé ou fermer horizontalement un bras ouvert, il faut d'abord infléchir la main dans la direction voulue — verticale ou horizontale; la main entraîne l'avant-bras; le bras ne se meut qu'en dernier lieu (fig. 331 à 334).
La même prescription s'applique donc aux membres inférieurs (187) et aux membres supérieurs.
198. Le danseur apprend à dégager les bras, à les développer, à passer de la Position du repos {Jtg, 88) à toutes les autres {fig- 89 et suiv.), à enchaîner les différentes Positions entre elles, etc. Les
înous^ements des bras, beaucoup moins soumis que ceux des jambes aux nécessités de l' aplomb , comportent une infinité de nuances; ils peuvent et ils doivent prendre , en dehors même de toute mimique y une signification expressive, et l'importance de leur rôle n'est pas dans leur gymnastique, Aussi^ loin d'obéir à des î'ègles toutes faites, dépendent-ils en grande partie du goût de chaque danseur.
La seule observation générale qu'on puisse appliquer aux mouvements des bras dans notre danse, est qu'ils pourraient, à peu près tous, se représenter graphiquement par des courbes.
Il sera question plus loin de la fonction mécanique des bras : dans certains cas ils servent de balancier régulateur; parfois même ils deviennent de véritables moteurs par l'élan qu'ils impriment au corps tout entier (260). Mais leur action a beau devenir mécanique, ils doivent toujours se mouvoir avec grâce et mettre, auraient dit les Grecs, de l'eurythmie dans leur effort,
199. Nous touchons ici à l'une des différences essentielles qui séparent la danse grecque de la notre. Tandis que les mouvements de bras de nos danseurs ont pour limites des formules convenues, assez peu nombreuses, vers lesquelles ils tendent (fig. 88 à 101), et qui, en dépit des nuances qu^elles admettent, n'expriment rien d'intellectuel, les mouvements de bras des danseurs grecs, très mimétiques, sont plus variés et moins artificiels.
Dans notre danse, les mouvements des bras sont faits surtout pour encadrer la tête, pour animer le torse, pour donner à l'ensemble du corps un équilibre gracieux, et quelle que soit la variété que puisse y introduire l'art propre à chaque danseur, ils se ramènent à un petit nombre de types, correspondant aux nécessités assez restreintes de leur usage.
Dans Torchestique grecque, où la mimique a toujours ses droits, ce sont les mains, ce sont les bras qui parlent (ye».povo|jLta). De là vient l'entière liberté dont ils jouissent. Ils ne s'astreignent pas à inscrire leurs mouvements dans d'élégantes courbes. Ils les font à l'occasion brusques, anguleux, contournés. Le danseur grec se soucie moins de montrer de beaux bras et de les arrondir avec grâce, que de s'en servir pour dire tout (SrtavTa XàXeiv). Il lui