Tournoiement par Piétinement en IV croisée
L'une^des Positions préférées du danseur grec, qui tourne en piétinant, est la IV croisée (95) sur la demi Pointe ou sur la Pointe; et c'est là une des singularités les plus frappantes de l'orchestique
grecque. Souvent le croisement est extrêmement serré et suppose des piétinements très menus.
Nos danseurs ne pratiquent guère ce genre de rotation; ils seraient assez empêchés d'exécuter en lY croisée un tournoiement très rapide, le croisement permanent des jambes étant un obstacle sérieux à la vitesse du mouvement giratoire. Mais les danseurs grecs, très exercés sans doute à ce mécanisme étrange, tournaient sur eux-mêmes, en lY croisée, avec une grande célérité. Il su(Bt, pour TaiBrmer, de considérer les coups de vents (268) qui soulèvent leurs draperies, et qui supposent, par leur ampleur, une rot«ntion très vive (fig. 86\
Fig. 354.
Fig. 333.
Fig. 336.
Il y a d'ailleurs des degrés dans la vitesse du tournoiement. Les figures 84, 354, 355, dans lesquelles le pied qui croise devant s'appuie sur le sol avec quelque lourdeur, n'expriment pas un mouvement rapide. En raison des oscillations du torse, le danseur représenté par la figure 189 ne peut pas non plus tourner vite. Le tournoiement s'accélère sur la figure 356 où l'on voit l'exécutant piétiner légèrement sur la demi Pointe; même remarque au sujet de la figure 352. Un exemple de Pas Tourbillonnant (257) sur les Pointes est fourni par la figure 357 *. Les danseuses voilées 358 et 359 tournoient, à une allure plus modérée, sur la demi Pointe
1. La danseuse qui déploie son voile (fige. 458) et qui piétine en IV croisée, sur les Pointes, doit également tourbillonner (318).
DE QUELQUES TEMPS ET PAS
OU sur la Pointe : l'empâtement de ces terres cuites ne permet j de déterminer exactement la Position des pieds.
268. Dans quel sens s'effectue la rotation de chacune de ces figures? Est-il possible de le reconnaître?
Cela serait dilBcile à la seule inspection des jambes. Mais le mouvement du torse fournit, dans un assez grand nombre de cas, une indication très utile. Ainsi le Faune Borghèse, auquel appartiennent les jambes de la figure 355, et dont le Corps est fortement tourné à gauche, tournoie certainement de droite a gauche, du côté de la jambe qui croise devant. Il en est de même du personnage qui flanque à l'intérieur, et à droite, la porte d'entrée de l'Hérocin, à Trysa (fig. 490). Son pendant de gauche (fig. 491) tourne de gauche à droite, également du côté de la jambe qui croise devant.
Quand le danseur représenté n'est pas nu, le Coup de VenC qui gonfle ses draperies peut aider à déterminer le sens de la rotation. Les peintres de vases, les coroplastes et les sculpteurs ont exprimé par les enroulements en hélice des étoffes légères le mouvement giratoire des danseurs. Lorsque l'enroulement se fait de droite à gauche, la rotation a lieu de gauche ii droite (fig. 346, 347, 348, 357, 476, A); s'il se fait de gauche à droite, le danseur tourne de droite à gauche (fig. 349, 476, B). Ce sont là d'ailleurs de pures conventions (316).
Si l'on manque à la fois des indications fournies par la torsion du corps et par l'enroulement des étoffes, il est à peu près impossible de reconnaître le sens de la rotation. C'est le cas des figures 199, C, 351. 353, 359, 458, etc.
269. La Piroiietle, telle qu'elle a été déSnie (258), a été pratiquée dans l'orchestique grecque. Il n'y a rien de surprenant h ce que son mécanisme ancien soit identique à son mécanisme moderne. Pour tourner sur un seul pied dont le talon n'appuie pas sur le sol, il est nécessaire que l'élan vienne des bras et du torse, et cette nécessité s'impose aux danseurs de tous les temps.
Les figures 360, 361,362, 363, 364, 365 sont des Préparations
de la Pirouette. On se souvient que la rotation se fait du côté du bras qui croise devant (260). Elle aura donc lieu à gauche pour les
danseurs représentés par les figures 360 et 361, et à droite pour les quatre autres. Il est facile, malgré les déformations qu'il a subies, de retrouver, dans ces six figures et dans les deux suivantes, l'équivaleat du mouvement de bras analysé par les huit images
DESCRIPTION DE QUELQUES TEMPS ET PAS
chronophotographiques (fig. 331 à 338). [Les deux jambes des danseuses (fig. 361 à 365) sont encore à terre : la Pirouette n'^st pas effective ; elle n'est que préparée.] On observera sur les figures 362 et 363 un léger entraînement du torse vers la gauche, comparable à celui qui se produit sur Timage chronophotographique 336» et qui précède immédiatement la détente en sens inverse (262).
270. Ce joyeux citoyen qui célèbre Kômos (fig. 366) exécute une Pirouette en dehors (259) tournée à droite sur la demi Pointe (fig. 320). Un de ses compagnons (fig. 367), qui ne soulève pas assez son talon, et dont la Pirouette a quelque lourdeur, tourne également en dehors, mais à gauche. La danseuse de profession que montre la figure 368 se dresse fort élégamment sur la demi Pointe pour tourner a droite sa Pirouette en dedans (259) et (fig. 321).
Les trois figures 366, 367, 368 appellent une remarque impor-
Fig. 363.
Fîg. 366.
Fig. 367.
tante : la Préparation de la Pirouette par les bras et son Exécution par la jambe d'appui y sont simultanées. C'est un artifice du peintre et du coroplaste, auteurs de ces deux représentations orchestiques : ne disposant chacun que d'une image, ils ont superposé deux moments (282) successifs du mouvement complexe qui constitue la Pirouette; de telle sorte que l'ensemble exprime en même temps
le Daécanisme qut produit et précède la rotation sur une jambe, et
cette rotatioD elle-même. Reportoas-nous à la série cbronopho-
tographique précédente : le moment des bras de la figure 333 et
le momsnt des jambes de la
figure 340, assez éloignés l'un