Ou plusieurs
moments essentiels du Battement analysé; toutes les autres ne sont que des moments intermédiaires.
Sur la planche III, le moment caractéristique de l'Entrechat, celui qui correspond au croisement des pieds en l'air, dure pendant deux images (images 3 et 4, 9 et 10, 15 et 16). Si la vitesse de l'appareil augmentait encore, — on peut la régler à volonté, — le nombre des images s'accroîtrait proportionnellement.
C'est au contraire à un minimum d'images schématiques, correspondant aux moments essentiels des Qiouvements, que se réduisent les figures 217, 218, 273-274, 275-276, 284-285, etc.
286. Ces considérations nous permettent de formuler les conditions auxquelles doivent répondre les images orchestiques relevées sur les monuments, pour servir de base solide à la reconstitution des mouvements de la danse :
1® Une seule image peut suffire à déterminer un mouvement, pourvu qu'elle en présente un moment caractéristique.
2** Faute d'une image exprimant un moment caractéristique, le mouvement ne peut être reconstitué qu'avec le secours de plusieurs images : leur nombre doit être au moins égal à celui des moments essentiels de ce mouvement.
287. Le cas. le plus simple est celui où l'image empruntée aux vases ou aux reliefs exprime un moment caractéristique du mouvement (283).
La figure 281 a été interprétée comme la fin d'un Jeté. Cette seule image suffit à faire deviner les différentes phases du mouvement complet. Elles ont été (222, 229), dans l'ordre de leur succession :
1, plier de la jambe droite,
2, sauter de la jambe droite,
3, retomber sur la Pointe gauche en retirant la jambe droite au genou : moment caractéristique.
De même la figure 318, qui est le moment caractéristique d'un Entrechat, permet à elle seule de restaurer l'ensemble du mouvement, dont les trois phases sont :
1, plier des deux jambes,
2, sauter et battre : moment caractéristique y
3, retomber.
288. La Pirouette a deux moments caractéristiques successifs : l'un qui correspond à la Préparation (fig. 319), l'autre à l'Exécution du mouvement (fig. 320 ou 321). Le premier est celui où le bras croise devant la poitrine avant de s'ouvrir dans le sens où la rotation doit s'effectuer (260); le second dure pendant tout le temps que se fait la rotation sur la demi Pointe ou sur la Pointe.
Ces deux moments sont exprimés par d'assez nombreuses images antiques, tantôt dissociés, comme il convient, tantôt conventionnellement superposés (270). Nous avons vu quel parti peut être tiré de chacune de ces images pour la reconstitution de la Pirouette.
289. Imagées en séries. — Il semble que nous n'ayons aucune chance de découvrir sur les vases ou sur les reliefs les images multiples nécessaires à la traduction des moments essentiels d'un mouvement (286). Les peintres céramistes ni les sculpteurs antiques n'ont dû songer à établir ce que nous appelons, en langage moderne, des séries d'images instantanées et successives... Il faut pourtant se rendre à l'évidence : le cas se présente plus d'une fois oii plusieurs danseurs, groupés sur un même vase ou sur un même relief, exécutent manifestement le même mouvement et sont représentés a divers moments de ce mouvement.
Ils peuvent et doivent donc être considérés comme un danseur unique dont le mouvement subit une véritable analyse, moins parfaite à coup sûr que l'analyse chronophotographique, mais analogue.
Nous avons signalé (fig. 230, 277) deux de ces curieuses séries,
qui révèlent, de la part du peintre à qui elles sont dues, une véritable intention d'analyse, indéniable. L'exemple suivant est plus remarquable encore.
290. Les trois Satyres à pieds de bouc, de la £ig. 386, sont empruntés a un même vase. Malgré la déformation de leurs mem-
Fig. 3S6.
bres inférieurs, ils sont facilement comparables aux images de la série chronophotographique * qui commence à la figure 387 et finit
Fig. 387. Fig. 388..
Fig. 389.
Fig. 390. Fig. 391. Fig. 392.
à la figure 398. Cette série est l'analyse d'une des innombrables formes du saut dans notre danse : le Saut de Chat, exécuté iatéra-
1. Il y a solution de continuité entre Timage 392 et Timag^e 393. Nous avons sup> primé les imagées intermédiaires.
lement de gauche à droite (fig. 387 à 392); de droite à gauche (fig. 393 à 398).
Les pieds A (fig. 386) sont vus à un moment du saut qui correspond au moment de la figure 395. Les figures 390 et 393 peuvent être rapprochées de Timage B.
Fig. 393. ¥ig. 39i.
Fig. 396.
Fig. 397. Fig. 398.
Les jambes C, comme celles de la figure 397, expriment la fin du saut, la retombée du pied droit sur la Pointe. Les trois images A, B, C sont l'analyse d'un Saut de Chat de droite à gauche, et elles ont été bien choisies. En effet, les moments essentiels du Saut de Chat correspondent k la période de suspension (69) et à rinstant où le pied retombe sur le sol par la Pointe. Les trois images antiques (fig. 386) en sont précisément l'expression.
291. Rien n'est plus simple que l'interprétation du mouvement dont les deux images de la figure 404 marquent les deux moments extrêmes; voyez plus loin (299). La reconstitution du pas de caractère déterminé par les deux images (fig. 417, 418) est également sûre (307).
Quant à la série analytique présentée par la figure 405 elle est vraiment surcomplète ; les moments intermédiaires entre les moments essentiels sont eux-mêmes exprimés. La nature de ce mouvement sera indiquée postérieurement (301).
292. Par contre, il arrive fréquemment que nous ne possédions qu'un des termes essentiels de la série, ou un fragment de série analytique. On peut quelquefois suppléer à cette insuffisance par une comparaison. Exemple :
Les figures 219 et 220 sont : la première, un moment essentiel ; la seconde, un moment secondaire du Grand Battement. Il nous manque l'autre moment essentiel, le point de départ du mouvement, — c'est-à-dire l'image qui correspondrait a l'image 8 de la Planche II. Mais si nous faisons intervenir ici la comparaison des images antiques avec les séries chronophotographiques, la restauration devient possible, par V interpolation d'un certain nombre d'images (189).
293. Ce n'est pas seulement avec des images de danseurs groupés sur un même vase ou sur un même relief (289) que peuvent être constituées des séries analytiques d'images orchestiques ; on trouve aussi, dans des images indépendantes les unes des autres, relevées sur des monuments distincts, les éléments de séries semblables. C'est ainsi que le bras gauche de la belle statue de bronze partiellement reproduite à la figure 155, achève le mouvement commencé par le bras d'une autre statue (fig. 161). De même, les trois figures 279, 280, 281, qui correspondent aux trois moments essentiels du Jeté, ont été relevées sur trois vases différents (^229). Cette série montre l'ensemble du mouvement dont la figure 281 est le moment caractéristique (283).
294. En résumé, pour reconstituer un mouvement pris isolément, nous disposons : soit d'une image unique mais caractéristique de ce mouvement; — soit de séries analytiques complètes présentant autant d'images qu'il y a de moments essentiels dans le mouvement; — soit de séries incomplètes dont les lacunes peuvent être comblées par interpolation.
295. Les monuments figurés offrent les éléments nécessaires à la reconstitution de quelques-uns des Pas de Torchestique grecque.
Comme ceux de notre danse, ces Pas se composent de mouvements répétés (274), alternatifs (275, 276), antinomiques (277), enchaînés (273), simultanés (226), superposés (272), etc., etc.
Ils comprennent à la fois les mouvements des Jambes, des Bras, du Corps et de la Tète. Les Pas orchestiques mettent en branle tout le corps (îet àjjia tzxyzx, xal o-xAt;, xal ysîpaç, xal xe©a).7iv, Xénophon, Conç. 14). Cela est vrai de la danse antique aussi bien que de la danse moderne.
296. Un certain nombre de Pas ont été déjà décrits et restaurés ; des Pas sur la demi Pointe (215) ; — de Petits Pas marchés sur les Pointes (241) ; — des Pas courus sur les Pointes (242) ; — des Pas Glissés (226) ; — des Pas Jertés (229) ; — des Pas Balancés (234) ; — des Pas Battus (255) ; — des Pas tournés par piétinement (266) ; — des Pas Tourbillonnants (267) *. Les éléments de la reconstitution ont été : soit des images présentant un moment caractéristique du Pas; soit des images déterminant les moments essentiels; soit, pour les mouvements tournants, des indications fournies par les draperies.
297. Il reste à justifier l'emploi des images schématiques 274, 276, 285, qui ont servi a la reconstitution de Pas antérieurement décrits (226, 234).
La figure 274 et la figure 276, respectivement placées en regard des figures 273 et 275, sont des restaurations des moments essen-
1. Les Fouettés, les Pirouettes, etc., ne sont point des Pas, mais des Temps.
tiels OU extrêmes (284) qui s'opposent aux moments des figures 273 et 275, et complètent la figuration des deux Pas. La construction de ces deux images restaurées est fondée sur les considérations suivantes :
Si Ton fait abstraction de la tenue des bras et si Ton tient compte seulement de leur direction, on est amené à reconnaître l'identité antinomique des moments traduits par les images 273 et 275 qui sont empruntées h deux vases distincts. La figure 273 a pour formule :
Jambe gauche tendue a terre en IV devant,
Jambe droite en arrière, pliée,
Bras gauche haut, retiré en arrière du plan vertical de
l'aplomb, Bras droit allongé en avant du même plan. Corps épaulé à droite.
La figure 275 a pour formule antinomique :
Jambe droite tendue a terre en IV devant,
Jambe gauche en arrière, pliée.
Bras droit haut, retiré en arrière du plan vertical de
l'aplomb.
Bras gauche allongé en avant du même plan. Corps épaulé à gauche.
Ces deux figures marquent donc les deux moments extrêmes d'un même Pas, dont elles sont les Positions-limites (284).
Or la figure 274 n'est que la transformation de la figure 273 suivant la formule de la figure 275 ; et la figure 276 correspond a la figure 275 transformée suivant la formule de la figure 273. Les deux images schématiques 274 et 276 ne sont donc pas des reconstitutions hypothétiques.
On retrouverait de même les moments extrêmes, antinomiques, qui s'opposeraient respectivement aux moments des figures 399, 400 et détermineraient le Pas.
Ce Pas, dont le mécanisme fondamental a été exposé plus haut (226), est caractérisé par le mouvement des Jambes, fait de Glissés
KECONSTITUTION DES PAS. 18!)
simultanés, — pnr l'inclinuison permaDente de tout le corps en arrière, incIinnisoD qui n'est pas la Cambrure (150), — par l'Opposition des mouvements des Jambes et dos Bras.