‹ La danse grecque antique d'après les monuments figurésChapitre 99 sur 166 · Pendant c« temps le chronaphotagraphe enregistrait · texte numérisé non relu

Pendant c« temps le chronaphotagraphe enregistrait

203 nECONSTITUTI0:« DES TEMPS ET DES PAS.

Fig. 432 : momeot inlermédiaire;

Fig. 433 ; moment intermédiaire;

Fig. 434 ^ lîg. 429 : moment essentiel, antinomique du premier (277) ;

Fig. 435 : moment intermédiaire;

Fig. 436 : moment intermédiaire ;

Fig. 437 : équivalente de la figure 430 ; retour au point de départ ; moment essentiel.

[Les images 1 et 2 de la planche IV sont la reproduction directe des deux clichés d'après lesquels ont été construites les figures schématiques 430 et 431.]

314- Corps Penché, en permanence. — Par antithèse aux Pas où le Corps reste Cambré, il en est d'autres où le Corps reste Penché en avant, sans se redresser, pendant que les jambes exécutent des mouvements divers '. Tel est celui que les figures 438 et 439 montrent à ses deux moments essentiels et dont les images 3 et 4 de la planche IV représentent l'exécution.

Sur une coupe à figures rouges de la première moitié du v* siècle, signée d'IHéron (11), une danse de Bacchantes se déroule dans tout le désordre qui sied aux suivantes de Dionysos. Elles sont au nombre de onze ; l'une d'elles joue de la double flûte. Une idole du

1. Deux «icmplei de ce genre de Pa> ont été déjà mentioanéa plua haut (303}.

dieu, en forme de cippe surmonté d'une tête et drapé, préside aux évolutions de ce chœur dans lequel il est impossible de saisir un groupement quelconque. Quutre des femmes brandissent des thyrses. Les autres se livrent à une gesticulation qui donne b leur danse une physionomie spéciale : qu'elles aient les mains vides, qu'elles agitent des crotales ou qu'elles portent des vases, elles combinent les mouvements de leurs bras avec les inflexions du torse, à peu près comme font les danseuses espagnoles. La tête penchée, elles suivent des yeux le mouvement du pied qu'elles allongent en avant. Ce mouvement est peu étendu -, il se reproduit plusieurs fois et consiste en Dégagements (179) à une faible hauteur : Dégager (fig. 438), Poser [fig. 439), Dégager (fig. 438), Poser (fig. 439), etc., telle est la formule de ce mouvement répété (274).

11 est facile de voir que l'image 3 de la planche IV correspond à la figure 438. L'image 4 de la même planche, abstraction faite de la tenue des mains, correspond à la figure 439. On a jugé inutile de multiplier les images : elles seraient semblables deux à deux, puisque le mouvement se répète.

31S. Danseurs accroupis, âgenouilles. — Celui-ci (fig. 440) marche accroupi en tournant le Corps alternativement à droite et à gauche.

Cet autre (fig. 441) retombe — on pourrait dire : jette — sur le genou droit, 11 ''* *'*' prendra ensuite son élan, sautera et retombera sur le genou gauche

(fig. 442), pour recommencer ii droite, puis à gauche, çtc. Les

inflexions du Corps, qui se penche à gauche quand le danseur

retombe sur le genou droit, et à droite dans l'autre cas, font opposition au mouvement des jambes. La figure 442 est construite d'après les principes de l'antinomie (277) et sert à déterminer l'autre moment essentiel du Pas.

La figure 443 donnerait lieu à une reconstitution analogue.

Le Satyre A et le Satyre B (fig. 444-5) tournoient, le premier sur le genou droit comme pivot, et de droite à gauche, — le second sur le genou gauche et de gauche à droite. Pour faire passer la jambe libre par-dessus le vase, dont le contenu a le don de les émerveiller, ils étendent

cette jambe latéralement : le Satyre B nous montre la manière.

Son compagnon est en retard sur lui d'une demi rotation : leurs

Fig. 443.

Fig. 444.

Fig. 445,

tournoiements s'emboîtent. Cet étrange exercice est rythmé au son de la flûte double, et n'est pas un simple jeu, dans le sens que nous donnons h ce mot. C'est une danse.

Le Satyre que représente la figure 446 fait partie de toute une

bande grotesque. Chacun des danseurs qui la composent se traîne à terre en s'appuyant sur le genou et la main du même côté, alternativement à droite et à gauche.

Un pareil Pas ne brille point par l'Eurythmie; il est digne des bouffonneries orchestiques d'un drame satyrique.

L'agenouillement des deux Satyres, qui encadrent la scène de la figure 578, ne donne lieu a aucune remarque particulière au

point de vue gymnastique ; il faut y voir à coup sûr une danse, dont la forme reste indéterminée, — et non une formule d'adoration.

316- Danses avec le manteau- — Le souple manteau que portaient les femmes grecques se prêtait h toutes les fantaisies de la danseuse. Très ample, il permettait aux bras de se mouvoir, même emprisonnés sous l'étoffe. De cette grande pièce de lainage, rectangulaire, chaque femme se servait à sa guise, suivant son goût et ses besoins. Tantôt elle s'y enveloppait tout entière, tantôt elle la transformait en une simple écharpe ou en un étroit mantelet : elle savait la plier et en jouer de mille manières.

Les gestes usuels qui ont leur raison d'être dans le port du manteau ont été employés par les danseurs.

Le geste du voile (43), la main dans le manteau (45), ^ la main à la hanche, rete-

^'«- *"■ nant les bouillons de l'é-

toffe (46), s'introduisirent dans l'Orches tique, soit à titre d'imitation, soit à titre de décoration.

Le manteau n'étant qu'un accessoire dont le danseur joue à son gré, son usage ne détermine en rien la forme mécanique des Pas.

Fig. 448.

Fig. 447 : on comparera l'image B aux figures 3 et 4 (43). Fig. 199, A : la danseuse est entièrement enveloppée dans son

manteau souple et transparent. Le mécanisme du Pas a été décrit (226).

Fig. 448 : comparez (129).

Fig. 352 : bras enveloppé, main droite à la hauteur de l'épaule gauche. Description du Pas : (266, 309).

Fig. 449 et 450 : le manteau est tenu sur la bouche par la main enveloppée. Voyez aussi (160, 163).

Fig. 451 ; main gauche à la hanche (46); main droite faisant sous le manteau le geste de la tunique (44).

Fig. 452 : la danseuse tournoie, par piétinement, en lY croisée sur la demi Pointe (267). L'analogie qui existe entre cette figurine de terre cuite et la précédente permet de conclure à l'identité des mouvements. Le pied drpitde la figure 452 est empâté dans le socle, mais il est visible qu'on doit lui attribuer la même Position qu'au pied droit de la figure 451. Ces danseuses tournent sur elles-mêmes, par piétine-

Fig. 449.

Fig. 450.

ment, à une allure modérée (95, 109, 267). Pour l'une aussi bien que pour l'autre il est difficile de déterminer le sens de la rotation.

HECONSTITUTION DES PAS.

Les images 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 de la planche V sont 1 chronophotographique d'un tournoiement continu en IV croisée, par piétinement, Pointe gauche ten-

naljse

Fig. *M.

due à terre. Le modèle antique est un type moyen qui participe des figures 450, A, 450, B, 451 et 452. La main droite est à la hanche; le bras gauche est replié sur la poitrine et la main gauche atteint l'épaule droite, en obligeant le manteau à couvrir la bouche.

Plusieurs remarques pourraient être faites ici sur la production et la forme du coup de vent qui gonfle la tunique de la danseuse pendant l'exécution d'une danse tournante; mais aucune d'elles ne s'appliquerait aux représentations antiques des danses tournantes. Les peintres céramistes et les coroplastes paraissent avoir négligé l'étude du . tourbillonnement des étoffes : ils s'en tirent '"^' *^'

presque toujours par des procédés conventionnels (fig. 346, 347,

348, 349, 357, etc.) (268). Pour ne pas embrouiller à plaisir le problème de la lecture des images antiques, nous ne dirons rien des lois qui régissent l'équilibre des étoffes pendant le tournoiement. Elles sont très complexes * et ne nous seraient d'aucun secours.

Fig. 453 : ce danseur qui minaude, enveloppé dans un mantelet, court sur la demi Pointe, main gauche au bas du dos, main droite au menton. Il exécute un Pas Balancé (233, 234) dans lequel le Corps penche alternativement à gauche et à droite, suivant que la jambe gauche ou la jambe droite se porte en avant.

Fig. 454 : un bras est allongé en avant, enveloppé dans un manteau.

Fig. 455 : idem, mais lo pardalide remplace le mantelet.

Les figures 362, 363, 364, 365 et autres, présentant des mouvements de bras sous le manteau, ont été précédemment interprétées.

317. Danseuses voilées de Fompél. — II faut ne les considérer que comme des fantaisies décoratives : ce sont des figures

l'élofle, la rît«)ie d

an, la loDgutar du

IIECOSSTlTUriON DES PAS. 30»

aériennes qui volligeiit gracieusement sans être le moins du monde

astreintes aux lois tie l'équilibre. De lit une liberté dans les allures

et dans les gestes qui doit nous

mettre en garde contre la valeur de

ces représentations.

On retrouvera encore, attribués à

ces figures de fantaisie, les anciens

gestes traditionnels du voile et de la

tunique (43, 44); ils se sont plus ou

moins transformés, it est vrai, et ils

n'ont plus la moindre raison d'être :

le plus souvent, en elîet, les étoffes

sont entièrement transparentes. Ces

longs voiles qui flottent ne sont qu'un

artifice de coquetterie. Une seule

figure montrera ce que valent, au

point de vue documentaire, ces pein- "

tures décoratives ; leur intérêt orchestique est très médiocre {%■ 456).

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