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La danse Grecque

Le petit théâtre où défilent en réductions tantôt exquises, tantôt falotes, les images changeantes du goût parisien a rarement offert à un public aussi bariolé un spectacle composé d'éléments aussi divers que vendredi dernier. D'habitude, sur la scène guignolesque de la Bodinière, les exhibitions de l'esthétisme, de l'impressionnisme, de l'exotisme et du snobisme se succèdent, charmantes par leur recherche ou agaçantes par leur prétention, et un clou chasse l'autre. Cette fois, la même matinée y réunissait le plaisant et le sévère, l'archéologie et la danse, la recherche érudite et le goût du plaisir. Dans la salle, l'Institut, la Sorbonne et l'Opéra, les savants et les mondains, les rats de bibliothèque et les rats de coulisse écoutaient et regardaient d'un même appétit.

M. Maurice Emmanuel, docteur es lettres, par-

lait et Mlle Monchanin, premier sujet de l'Opéra, dansait. Depuis le moment où le conférencier, fort bien disant, s'est assis devant la petite table, jusqu'à celui où le rideau s'est baissé sur la danseuse, très élégante en sa pose tanagréenne, le charme de l'oreille et des yeux n'a pas cessé. A eux deux, ils ont ressuscité avec une exacte précision la théorie et la pratique de la danse grecque. M. Emmanuel avait écrit sur ce sujet un livre présenté à la Sorbonne comme thèse de doctorat !.. La soutenance avait mis en pleine lumière la nouveauté solide de sa théorie. Mais l'auteur voulait en faire la démonstration pratique, et si, depuis la thèse de M. Roland sur les origines du théâtre lyrique 2 et le cours d'esthétique musicale de M. Dauriac, la Sorbonne s'ouvre au piano, elle n'a pas encore dit à la danseuse le digna es intrare, M. Emmanuel reprenait donc à la Bodinière la démonstration commencée devant la Faculté des lettres.

Les résultats auxquels il est arrivé sont d'un vif intérêt. Ils comblent une lacune dans l'histoire de

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