‹ La DauphineChapitre 10 sur 138 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LE COIFFEUR, tirant un flacon de sa poche^ dans une profonde révérence.

J'apporte à madame un nouveau parfum...

Une certaine essence...

Changeant de ton brusquement.

Ça c'est trop fort! comment! quelqu'un

S'est permis de friser madame en mon absence 1 Moi seul en ai reçu licence Par acte écrit sur parchemin !

LA GOUVERNANTE

Nous étions en retard, excusez notre audace... LE COIFFEUR, se dirigeant vcTS le fond. Alors, je n'ai plus qu'à quitter la place.

LA GOUVERNANTE

Restez, vous mettrez la dernière main A la coiffure tout à Fheure...

TOUTES LES FEMMES, ensemble, criant et riant. Monsieur Pinx ! Il s'en va ! Monsieur Pinx ! revenez !

LE COIFFEUR

Non, non, puisqu'on me rit au nez.

LA DAUPHiNE, cviant aussi.

Piiix! ne sois pas fâché, demeure!

Le coiffeur s'arrête sur la porte.

Flore en me démêlant m'a tiré les cheveux...

A Flore, jeune sei^vante qui fait mine de protester.

Laisse, je dis cela pour qu'il soit content...

Au coiffeur.

Donne, Qu'est-ce que ce parfum?... Reste ici, je le veux.

LE COIFFEUR

Puisque madame me l'ordonne.

Pinx, mon vieux Pinx, tu sais, je dois ouvrir le bal. J'aime danser autant que monter à cheval.

32 LA DAUPHINK

LE COIFFEUR

Quelle pitié cette coiffure !

A Flore,

Mettez un fer sur le réchaud.

A part.

Ce chignon est beaucoup trop haut ; Il accable, il dévore, il détruit la figure.

Tous les enfants viendront des villages voisins;

Je leur remettrai des cocardes, Ils m'offriront du miel, des fleurs et des raisins. Qu'est-ce que tu regardes?

LE COIFFEUR

Le pli de ces cheveux.

Mais tu ne m'as point présenté tes vœux.

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