ACTE II
RUTHWEN, levant aussi son hoL A la Reine 1
Il boit.
Notre état-major esta la Garenne...
Burkett s'est distingué dans les derniers combats.
LA COMTESSE
Vingt-cinq ans, comme vous, c'est une force neuve.
o DONNEL
Mais Borland a péri.
J'aurai soin de sa veuve.
o'donnel, se préparant à partir,
\h! si l'on donne assaut, j'en serai bien marri. Il me fâcherait de manquer la danse !
LA COMTESSE
Pas d'exécutions sommaires, pas d'excès.
D'ailleurs qu'on se réfère à ma correspondance.
Remettant ses plis à O'Donnel.
J'ai dit là, sur ce point, tout ce que je pensais.
RUTHWEN
Que ne suis-je devant Kinross avec la flotte ! Serrant la main dH 0' DonneL
Monsieur, vous me rendez jaloux!
LA COMTESSE
Au revoir, noble cœur. Le ciel soit avec vous ! O'Donnel lui baise la main.
o'donnel, à la Reine ^ seule à l'écart et dont lapoitn se soulève comme celle d'une enfant qui a le cœ gros*
Ehl bien, mais qu'est-ce donc? Sa Majesté sanglote?
Majesté! cependant ce titre est assez beau 1
J'en ai le premier salué la Reine!
Ayant reçu du sort cette superbe étrenne, Je brave à présent le tombeau!
// s'incline profondément^ baise la main de la Reine et sort accompagné de Ruthwen. Un temps.
LA COMTESSE, S* asseyant au coin de la cheminée, à la Reine demeurée à V écart.
Approche.
La Reine approche.
Assieds-toi là, sur mes genoux, chérie !
La Reine s'assied, la tête sur T épaule de sa grand' mère,
jràce à Dieu, nous verrons la fin de nos malheurs. |[)'où te vient brusquement cette sauvagerie? Je ne m'explique pas tes pleurs.
Tamponnant avec son mouchoir les yeux de la Reine,
Essuyez vos yeux, madame la Reine.
Vous aurez bientôt une robe à traîne, li'aimerez-vous encore alors? Serre-moi bien.
J'ai besoin de sentir ton cœur tout près du mien.
Je joue un fatigant, un ingrat personnage.
Mes vœux demain seront comblés, mais tout à coup Je m'aperçois que j'ai mon âge. j
Mets tes bras autour de mon cou.
Un temps. Comme à elle-même^ rêvant.
Ton oncle... Ah! je ne peux bannir cette pensée! Sans douté, il nous a fait bien du mal autrefois. Il m'a toujours haïe et toujours offensée, Jusque dans notre exil, tu t'en souviens? Mais vois Quelle grandeur s'attache au supplice des rois ! Oui, méritée ou non, c'est une chute atroce Quand la charrette prend la place du carrosse. J'imagine la rue au soir tombant, les cris, Et sur les vieux pavés, cette charrette lente. Et lui, la tête nue, avec ses cheveux gris. Et maintenant, il a Tauréole sanglante.
Cet homme qui, vivant, fut médiocre et dur. Le mépris que j'avais pour son nom se dissipe : Il a représenté sous la hache un principe Qui repose à présent, Jane, sur ton front pur.
Caressant les cheveux de la Reine.
C'est sur vous désormais que notre foi se fonde,