ACTE PREMIER
LA DAUPHINE, CTiant,
Les cornemuses ! Les pipeaux !
it Leuchars, c'est Murthly, j'aperçois les bannières !
Elle glisse entre le coiffeur et les femmes et court à la fenêtre,
LA GOUVERNANTE, courant derrière elle.
Madame, vous n'avez qu'un bas !
Chaussez du moins votre pantoufle !
[DAUPHINE, regardant j^ar la fenêtre y -pendant quon lerche à la retenir et à V empêcher de se montrer.
Celui-là, de quel cœur il souffle !
Tous, comme ils marchent bien au pas ! Pourquoi ne leur ouvre-t-on pas ?
LA DAME d'honneur
On ouvrira bientôt sans doute.
! qu'ils sont drôles 1 qu'ils sont gais !
44 LA DAUPniNE
On ne va pourtant pas les laisser sur la route î Ils doivent être fatigués !
LA GOUVERNANTE
Ils peuvent bien s'asseoir sur Fherbe, je suppose
Sur l'herbe mouillée ? On me le défend !
LA GOUVERNANTE, SOUTiant,
Pour madame, c'est autre chose :
Madame n'est pas une simple enfant.
Un temps,
LA DAM^ d'honneur
La toilette n'est pas finie ! allons, madame î
LA gouvernante
Oui, madame, il faut nous hâter !
.A hAUPHiNE, à Pmx, en s' arrachant à regret de la
fe72étre,
fii vois, ce pavillon avec cette oriflamme,
5h bien, c'est là qu'on doit nous servir à goûter.
LA DAME d'honneur
Monsieur Pinx, passez là, derrière ; Jous devons habiller madame maintenant 1
Pinx disparaît derrière un paravent.
LA DAUPHiNE, à part, revenant.
Marcher dans la boue et dans la poussière Ce doit être passionnant !
LA DAME d'honneur
Que madame s'asseoie.
Je m'assieds.
LA GOUVERNANTE
Voici ses souliers de soie.
LA DAME d'honneur
A moi revient l'honneur de les mettre à ses pieds.
A Flore qui hésite.
Le protocole des chaussures I Votre place est à gauche, allons !
A gauche, mais devant, comme dans les voitures î
Ah ! les beaux talons !
LA DAME d'h6nneur, à Flove, ici, vous me tendez le chausse-pied d'ivoire !
Puisqu'il faut nous hâter, chaussez-moi simplement, i