‹ La DauphineChapitre 68 sur 138 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

THOMAS

Mors je suis entré !

Retirant sa casquette.

Ma casquette est mouillée I

Posant un pied sur le che7iet.

Tu permets ? Quel brouillard !

J'ai bien failli rouler à cent pieds, tout à l'heure î Maître David Ruthwen, c'est bien là qu'il demeure?

DONALD

Oui, mais il est sorti !

THOMAS

Ah!... Tu permets que je m'assoie?

C'est Gotlob, le marchand de chevaux qui m'envoie. Je suis son neveu et son apprenti.

DONALD

Que voulais-tu dire à mon père ?

THOMAS

Que Gotlob n'a pas pu venir, mais qu'il espère Amener le cheval au Lion d'Or demain.

Je dois coucher moi-même à l'auberge et l'attendre, Maître Ruthwen a pris le sentier pour descendre, Moi, pour monter, j'ai dû suivre le grand chemin.

DONALD

Vous VOUS êtes croisés en route.

THOMAS

Sans doute.

Mais j'avais prévenu l'aubergiste en passant... Vous aurez un cheval magnifique, un pur-sang. C'est prompt comme la poudre et ça n'a pas de vice.

DOiS'ALD

Tu t'y connais ?

THOMAS

Puisque l'oncle Gotlob m'a pris à son service ! A huit ans, je dressais déjà tous ses poneys.

ACTt; II 141

DONALD

Nous devons être du même âge.

J'ai onze ans révolus.

THOMAS

Moi, j'ai presque deux ans de plus.

Je suis petit, mais j'ai du nerf et du courage. Je n'en crains pas beaucoup, j'en ai rossé plus d'un. Je m'appelle Thomas, Thomas le petit brun.

Promenant ses regards autour de lui.

Et tu vis là toute l'année ?

DONALD

Puisque mon père y vit. C'est sa maison.

THOMAS

Ce n'est pas une raison I

Vois, moi I toujours en tournée !

Toujours par monts et par vaux !

DONALD

Tout le monde n'est pixs conducteur de chevaux-

THOMAS

Je comprends, tu vas à l'école.

DONALD

A Falkirk, une école l Non, c'est père qui nous instruit.

THOMAS

Moi, je siffle dès le matin, je caracole.

Je dors à l'auberge la nuit.

Les auberges les jours de foire

Sont pleines de chansons, de bruit.

Je suis connu : le petit brun! On me fait boire^ Chacun, la pipe au bec, raconte son histoire.

Les rieurs crachent dans le feu.

Les dés roulent, l'argent tinte dans Les sacoches. Mais, parfois, une rixe éclate après le jeu.

Et les couteaux sortent des poches*

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