ACTE II
ISOBEL
Dans sa chambre. Elle écrit toujours. Parfois, le soir,
Elle descend ici s'asseoir
Au coin de cette cheminée.
Une faiseuse d'embarras I Elle ne me dit pas trois mots dans la journée.
On entend un bruit sourde comme celui d'une bûche qui tombe,
THOMAS
Patatras !
ISOBEL
C'est dans le débarras.
Sur la porte*
Le couvercle du coffre bouge !
Jane, sors! J'ai vu ton nœud rouge!
Isobel disparait. On entend ses cris et ceux de la Dauphine,
172 LA DAUPUINE
THOMAS
Quel charivari! isoBEL, reparaissa7it avec la Dauphinc,
Je t'ai chopéel Eh hieni colle-toi là, ma belle, Puisque c'est la règle nouvelle.
THOMAS, à la Dauphins,
Allons, revenez à votre mari.
Pour cette fois, je vous pardonne!
Thomas et la Dauphine se tournent vers le coin,
ISOBEL
Ne regardez pas en dessous !
Elle sort.
THOMAS, à la Dauphine qui s'écarte de lui.
Vous me boudez? Pourquoi, mignonne?
Il s'approche d'elle en sifflant tout bas. Tout doux! tout doux!
ACTK II 173
LA DAUPIIIXE
Assez! Je ne suis pas une de vos pouliches!
isoBEL, traversant la scène,
Jane, tu triches !
THOMAS, à la Daiiphine,
Vous avez des ongles luisants Gomme une épingle de cravate !
Que vos propos sont déplaisants !
Ne ruez pas quand je vous flatte î C'est rare un poil de ce blond roux,
Vous en avez un matelas sur l'encolure.
Je n'ai vu qu'une fois pareille chevelure. Vous voulez savoir où?
LA BAUPiiiyE, avec (/éne.
Je m'en moque bien, par exemple!
THOMAS
Croyez-vous! Plus je vous contemple, Plus vous me rappelez quelqu'un, Et vos cheveux dorés dégagent un parfum...
Je ne permets pas qu'on me touche.
THOMAS
Sauf Donald. Avec lui, vous êtes moins farouche.
Donald est mon parent.
THOMAS
Hum!... cette parenté me semble aussi très louche.