‹ La DauphineChapitre 91 sur 138 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Ce Thomas a treize ans, mais n'est pas un colosse, Et je suis à Falkirk, le plus fort des garçons. Ainsi, rassurez-vous. Je vous prends sous ma garde. Mon père m'a trompé. C'est mal d'avoir menti. J'aurais veillé sur vous s'il m'avait averti.

Craint-il donc que je ne bavarde ?

Mais puisque nos parents ont des secrets entre eux.

Nous pouvons bien avoir les nôtres, Je sais, vos ennemis, Madame, sont nombreux,

Mais, sur les Actes des Apôtres,

Donald Rutkwen se donne à vous.

J'ai le cœur droit, madame, et n'ai pas peur des coups. Je vous appartenais depuis longtemps, du reste. Par le Christ... tâtez ce que j'ai sous ma veste;,

C'est votre emblème rouge et bleu !

La vieille Hexthilda l'a cousu, Madame, Un soir de Fan dernier. Ce soir-là, j'ai fait vœu

De me dévouer corps et âme A la Dauphine, et la, voilà devant mes yeux !

Votre service me réclame, C'est très bien. Je ferai ce qu'ont fait mes aïeux.

Mon défenseur, que je t'embrasse!

198 LA DAUPniNE

Je serai digne de ma race.

Mon père, sous le vôtre, a longtemps navigué. Ils ont livré sur mer vingt batailles ensemble. Grand-père était sergent. C'était un homme gai;

Il paraît que je lui ressemble.

Il était du complot dont le chef, votre aïeul. Périt assassiné dans un bourg de la côte. Il est monté sur l'échafaud la tête haute. A mon tour, je saurai me débrouiller tout seul.

Mais Thomas, es-tu sûr qu'il viendra te rejoindre?

DONALD

Il l'a dit encore en partant.

Dieu ! que je frémirai lorsque le jour va poindre !

Page 1