LENS
Pas -de selles depuis trois jours.
Le 11 mai: Injection de un-demi mmg. d’adrénaline et lavement avec 2 gr. d’agurine, l’anurie persiste.
Le 12 mai: état stationnaire.
Le 13 mai : stomatite, toujours pas d’urine ; à 5 heures du soir :décapsulation du rein droit. Rein très gros, congestionné. Décapsulation. facile, hémorragie sans importance. On fait suivre l’intervention d’une injection sous-cutanée de 300 eme de sérum glucosé.
Le 14 mai : La malade a eu une nuit assez bonne. A 5 heures du matin : abondante vomissements noirs horriblement fétides. Le cathétérisme vésical ramène à 8 heures du matin 75 cmc d’urine.Autant le soir. Urine de 24 heures=— 150 cmc.
Le 15 mai: Vomissements très fétides. Pouls rapide et faible. La malade urine spontanément à plusieurs reprises. Selles diarrhiques, fétides.
Le 16 mai: L’urine continue à s’évacuer ; la malades’affaiblit.
Le 22 mai :La malade continue à uriner, mais il y a des vomissements sanglants et du moœléna ; l’anémie devient plus manifeste de jour en jour.
Le 23 mai : mort à 1 heure du matin.
Autopsie le 24 Mai. Rien à lœsophage. Ulcération de la dimersion d’une paume de main au niveau de la grosse tubérosité de l’estomac.
Rien à l’intestin grêle. Au cœcum : très petite ulcération à la valvule iléo-cccale. Grosse ulcération bourgeonnante de 10 à 12 cmc de long au colon tranverse. Cœur mou, décoloré.
Rein gauche gris, congestionné.
Rein droit paraît normal. |
Foie hypertrophié.
Rien aux autres organes.
Les 5 observations publiées en 1922 par F. de Gironcolli (de Venise) ont toutes présenté une issue aussi lamentable. Cet auteur, bien qu’il déclare que l’intervention chirurgicale n’ait pas fait réapparaître la
bte
diurèse (il n’en note que 300 à 350 cmc., tardivement) est cependant d'avis de tenter l’opération, et ce, le plus tôt possible.
D’autres essais ont été tentés, un peu partout, ils n’ont rien appris de nouveau sur la question.
Peyt-on expliquer l’action de la décapsulation dans l’anurie toxique ?
Chauffard qui, nous l’avons vu, lui refuse toute efficacité, attribue l’anurie hydrargyrique à « l’encombrement oblitérant des tubuli, des anses de Heulé et des tubes droits, par des épithélium nécrosés et des cylindres de tout genre. »
L’anurie relèverait donc d’une cause mécanique. Mécanique aussi, l’anurie mortelle, due à la thrombose multiple des artérioles glomérulaires, observée par Menetrier et Derville.
Pourquoi à ces deux anuries mécaniques, ne pas opposer une intervention dont il serait facile d’expliquer l’action mécanique par l’expansion que peut prendre le rein, libéré de sa capsule, et la décompression ainsi obtenue des tubes urinifères et des vaisseaux qui tendaient à s’oblitérer. On permettrait ainsi à l’élasticité de leur paroi de jouer au maximum leur rôle défensif.
De tous les essais thérapeutiques dirigés contre les anuries toxiques, la décapsulation n'est-elle pas du reste le seul traitement qui puisse compter quelques succès, si relatifs soient-ils, à son actif ?
Nous venons de voir les effets de la décapsulation dans les néphrites secondaires, à des intoxications d’origine externe. Qu’a-t-elle donné dans les intoxications endogènes ?
Anuries toxiques d’origine endogène.
Parmi celles-ci, c’est bien certainement l’éclampsie, vu la fréquence des symptômes anuriques au cours de son tableau clinique (fréquence telle, que l’anurie constitue, bien souvent, le symptôme de première importance, tous les autres ne passant qu’au second plan) qui nous fournira les cas les plus typiques.
On ne peut aborder cette question, si discutée encore, tant dans sa pathologie que dans son traitement, de l’éclampsie, sans prononcer le nom de M. le Professeur Commandeur, dont le remarquable rapport, présenté en collaboration avec M. le Professeur Bar, à la Société obstétricale de France, en 1911, possède à l'heure présente, une telle actualité, que bien peu de choses y pourraient être ajoutées ou modifiées.
Partageant l’avis de Pinard (Académie de Médecine, 1906), M. Commandeur donne comme indication fondamentale de la décapsulation du rein dans l’éclampsie « la suppression de la sécrétion urinaire ». L’intervention doit alors être bilatérale « l’opération unilatérale donne des résultats déplorables ». La présence de gros œdèmes sera de nature à faire pencher la balance en faveur de l'intervention.
À quel moment doit être tentée l’opération ?:
Pendant la grossesse, ainsi que le fit Edebohls, cela « semble inadmissible ». Reste donc après l’accouchement, mais à quel moment précis ? Opitz, Falgowski veulent qu’on intervienne le plus tôt possible. Fritsch demande un délai de 24 heures. Reïfferichesdt n'attend que 8 à 10 heures. Il est bien difficile de