DES
teurs « capsulectomie », nous ne retiendrons donc que l’une d’elle, celle peut-être d’ailleurs sur laquelle il a été le moins insisté, « l’anurie ».
Nous verrons, au cours de ce travail, qu’à ce terme pris en son sens strict d’arrêt total et absolu de la sécrétion urinaire, nous associerons aussi certaines formes d’oligurie sévère, où le fonctionnement rénal, sans être tombé absolument à 0, s’en rapproche cependant assez pour suspendre une menace infiniment grave sur la vie du malade.
Nous verrons, en faisant l’historique de cette opération, vieille de 30 ans déjà, combien peu ses promoteurs semblèrent se soucier de son action sur ces accidents, spéciaux à certaines affections rénales, et nous verrons rapidement quelles théories, quelles expériences, quels résultats cliniques aussi les avaient conduits si loin du but que nous proposons aujourd’hui à la décapsulation des reins. |
Nous essayerons ensuite, en nous appuyant sur les observations cliniques que nous aurons pu rassembler, de montrer, preuves cliniques en mains, l’utilité de cette intervention chirurgicale contre le symptôme grave qu'est l’anurie, et, pour terminer, nous éssaierons, après tant d’autres, sinon d’assigner un mode d'action unique et précis à la décapsulation, du moins d'éclairer, à la lumière des acquisitions récentes de la science, certains côtés encore obscurs de son mécanisme physiologique.
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IT
Historique
L'histoire de l'intervention chirurgicale qu'est la décapsulation du rein présente un des exmples les plus frappants du discrédit où une confiance trop prompte et des espoirs inconsidérés peuvent précipiter une conception cependant légitime de l’esprit humain. |
Nous nous étendrons peu sur l’historique de la décapsulation. Elle a été traitée très en détail dans les thèses de Bassan (Lyon, 1903), Le Nouêne (Paris,
1903), Lamer (Paris, 1904), Ertzbichoff (Paris, 1906),
Murard (Lyon, 1912).
Nous ne ferons qu’en retracer les grandes lignes. De l’époque, qui fait déjà partie du siècle passé, où l'intervention du chirurgien sur la capsule du rein vit le jour, à notre époque, on peut distinguer quatre grandes phases, où se sont successivement dessinées les tendances différentes du monde médical vis-à-vis
de cette question.
Première phase : Naissance de la méthode ;
Seconde phase : Sa trop grande, extension (Edebohls) ;
Troisième phase : La réaction, trop vive elle aussi (Murard, 1912) ; | |
Quatrième phase : La période actuelle de recherche d’un juste équilibre. |
La NAISSANCE DE LA MÉTHODE
Comme beaucoup d’autres, la découverte de la décapsulation revint au hasard.
Il semble que ce soit Le Dentu, qui, en 1881, cherchant un calcul et ne le trouvant ni au palper du rein, ni à l’acuponcture de l’organe, incisa la capsule et referma la plaie, réalisant ainsi la première décapsulation ; fait plus remarquable : le malade guérit.
Mais il faut attendre 1891 pour voir, avec Legueu, l’idée de troubles congestifs, de néphrite sans calculs se faire jour, et ce n’est qu’en 1896 que Réginald Harrisson proposera d’inciser la capsule ou de ponctionner le rein, pour faire cesser la douleur dans certaines formes de néphrites à formes congestives.
Au Congrès de l'Association française de Chirurgie qui, en 1898, met le sujet à l’étude, Le Dentu et Pousson proclamment l’utilité de l'intervention dans les formes hématuriques et douloureuses. Des cas démonstratifs sont apportés par Poirier, Nimier, Potherat. |
Enfin, en 1900, Israël met définitivement en présence les accidents aigus de néphrites et la chirurgie. Les
Lean
conclusions du travail d'Israël, remarquables à tel point qu'aujourd'hui encore on n’y trouverait presque rien à changer, émettent pour la première fois la proposition : « L’anurie consécutive à une néphrite aiguë peut céder à l’incision du rein ».
Proposition où, pour la première fois, nous trouvons l’idée de la décapsulation considérée comme traitement de l’anurie.
Ce ne sera que plus tard que l’Ecole- américaine qui, s'emparant de la question, va lui ouvrir des horizons considérables, nous amenant à la seconde phase, à l'aurore de laquelle brille le nom d’un chirurgien de New-York : Edebohls.