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Fig. 6. — La même tapisserie flamande du xvre siècle mise en perspective.
personne qui n’ait remarqué la façon très particulière dont les feuillages sont traités dans les bas-reliefs de l’époque ogivale et dans les anciennes tapisseries dites de verdure. Les feuilles y sont disposées sur un plan vertical, et en quelque sorte à plat. (Voir fig. 7, 8 et 9.) Eh bien, cette disposition, qui, au premier abord, semble accuser une certaine naïveté dans l’exécution, est, au contraire, d'une ingéniosité extrême. Les fleurs, les feuillages, les vols d'oiseaux, présentés ainsi verticalement, revêtent un aspect décoratif
12 LA DÉCORATION qu'ils cessent d’avoir dès qu'on les dessine sur un plan horizontal, et comme ils s'offrent, du reste, à nos regards dans la nature.
On voit que, tenu de traiter un sujet fixé, déterminé à l'avance, le décorateur ne manque pas d'artifices pour imprimer à ce sujet un caractère s’harmonisant avec sa desti-
Fig. T et 8. — Feuillages disposés à plat, et prenant ainsi un aspect décoratif. (CATHÉDRALE DE REIMS.)
nation. Le motif est-il moins précis et prête-t-il à l'interprétation ? D'autres moyens sont encore à sa portée pour en souligner la fonction décorative. [l aura soin, par exemple, d'introduire dans sa composition une certaine fantaisie, de mêler le fantastique au réel, et de donner ainsi à l’ensemble de son œuvre un aspect suffisamment conventionnel, qui en accentuera la mission.
Supposons qu'on demande à notre décorateur de composer, pour un meuble de salon, une suite de tapisseries représentant les fables de La Fontaine ou celles de Florian. Qui ne sent combien il serait malséant de donner à la ménagerie qui constitue le personnel de ces fables, un aspect trop réel, et quelle inconvenance 1l y aurait à faire asseoir
les gens au milieu de prés verdoyants, de montagnes, de chutes d’eau, sur des loups, des agneaux, des paons, des chiens, des renards ou des ânes ? L'artiste, dans ce cas, a pour devoir de recourir à des compromis gracieux, qui détruisant toute illusion, font oublier à la personne à laquelle on offre un siège, ce que le sujet choisi pour la décoration de ce siège peut avoir d’insolite.
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Fig. 9. — Feuillages disposés verticalement, et prenant ainsi un aspect décoratit (Fragment d'une des tapisseries dites Les Belles Chasses du duc de Guise.)
VI. — LE CHOIX DES SUJETS LORSQU'IL EST LAISSÉ A L’AR- TISTE, DOIT TOUJOURS ÊTRE EFFECTUÉ AVEC LE PLUS GRAND SOIN. IL DOIT S'ACCORDER NON SEULEMENT AVEC
. LA NATURE ET LA DESTINATION DE LA PIÈCE, DU MONU- MENT OU DE L'OBJET QUIL S'AGIT DE DÉCORER, MAIS ENCORE AVEC LEUR FORME PARTICULIÈRE.
Le caractère franchement décoratif de sa composition n'est pas, toutefois, la seule particularité qui doive préoccuper l'artiste soucieux de son rôle. Lorsque le maitre de l'œuvre lui abandonne le libre choix des sujets à interpréter ou des motifs à combiner, il s'efforce d’harmoniser ceux-ci avec la destination de la surface ou de l’objet confiés à ses soins. [Il serait malséant, en effet, de prétendre déco-
rer un tombeau d’ornements exprimant l’abondance, les festins, les plaisirs. Il ne serait guère plus convenable d’orner une salle de spectacle d’attributs lamentables ou de scènes rappelant les funérailles et la mort.
Enfin, ce n’est pas seulement la destination de la surface ou de l’objet qui éveille l’attention du décorateur expérimenté ; il doit encore en considérer la forme. Lorsque cette forme est plane et qu’elle ne comporte pas de divisions apparentes, le problème est simple et sa solution semble facile. Quand au contraire elle présente des divisions, et principalement lorsque ces divisions se justifient par une nécessité de la construction, le décorateur habile s'efforce toujours de tenir compte de cette disposition, et surtout de ne jamais la contrarier. Enfin, lorsque la surface est courbe, — convexe ou concave, — la difficulté devient souvent considérable, et l'artiste doit choisir son motif de telle façon que la représentation n’en soit pas forcément déformée. N’est-il point quelque peu ridicule, en effet, de représenter une bataille sur la panse arrondie d’un vase, comme on l’a fait à Sèvres, au commencement de ce siècle ? N’est-il pas plus fâcheux encore, comme l'ont fait les céramistes de la Renaissance italienne (voir fig. 10), de prolonger sur le marli d’une soucoupe ou d’un plat un paysage ou une scène d'histoire commençant au fond de ce plat ou de cette soucoupe ? L'image, en suivant ces courbes diverses, perd son unité, présente des raccourcis fâcheux, des déformations regrettables.
Ainsi, et pour nous résumer, quelle que soit la liberté qu’on laisse au décorateur, cette liberté ne doit jamais violenter ou contredire la forme qu’il a pour mission d’orner. L'artiste, au contraire, par l’ingénieuse répartition de son ornementation, doit s'appliquer à rendre cette forme bien lisible. Il doit en souligner les traits principaux, en accentuer le caractère.
VII. — LORSQUE L’ARTISTE REPRÉSENTE UNE SCÈNE OU UNE ALLÉGORIE, IL IMPORTE QUE LE SENS DE CETTE SCÈNE OU DE CETTE ALLÉGORIE SOIT FACILE A SAISIR.
Le rôle de la décoration, ne craignons pas de le redire, est uniquement de charmer les yeux. C’est pourquoi le dé-
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Fig. 10. — Exemple fautif de décoration commençant sur le fond d’un plat et se continuant sur le rebord. (Faïence italienne de la fin du xvie siècle.)
corateur a si souvent recours à des représentations fabuleuses pour exprimer des abstractions plus ou moins claires. N’étant plus contenu dans les bornes de la réalité, il peut alors donner libre cours à sa fantaisie, et à l’aide de ces gracieuses fictions produire des créations exquises. Notre esprit, au surplus, s’accommode fort bien, malgré leur invraisemblance, de ces sujets merveilleux ; peut-être pour cette même raison qui fait que les spectacles s’accommodent mieux des lumières artificielles que du jour. L’art et ces lumières constituent un commencement d’illusion. Mais
le décorateur, lorsqu'il recourt à ces représentations, doit éviter avec soin de soumettre l'intelligence du spectateur à une préoccupation persistante.
En conséquence, lorsque l’ornementation d’une surface est, de par la volonté du maitre de l'œuvre, appelée à consacrer un événement plus où moins mémorable ; à symboliser un art, une science, une fonction; à figurer une époque de l’année, à représenter une partie de la terre, etc.; en un mot, lorsqu'elle doit avoir une signification précise, 1l importe que cette signification soit facilement compréhensible et que l'intention apparaisse clairement. Le rôle de ces fictions délicates, en effet, est de rendre concrètes, c’està-dire visibles, tangibles en quelque sorte, la pensée, l'idée, en un mot l’abstraction qu’elles ont pour objet d'exprimer. Parsuite, toute allégorie obscure, dont le sens, pour être démêlé, exige une certaine tension d’esprit ou un effort d'intelligence, doit être sévèrement bannie de la décoration. Toute représentation de ce genre qui tourne au rébus est essentiellement condamnable. Le Mière, qui a consacré à la Peinture un indigeste poème, a donc eu raison d'écrire :
Ainsi l’Allégorie au besoin aide l'Art;
Mais souvent un artiste imagine au hasard,
Et pour m'embarrasser par une énigme vaine
Se perche avec le Sphinx sur la roche Thébaine; Mon œil impatient, par la toile offusqué,
Laisse dans ses brouillards le sens mal indiqué. Le sens doit être clair, quoiqu'il change d’organe; L'Allégorie habite un palais diaphane {..
C'est ce même besoin de clarté qui faisait dire par Diderot aux peintres de son temps : « N’inventez de nouveaux personnages allégoriques qu'avec sobriété, sous peine de devenir énigmatiques ?. »
1. La Peinture, poème par M. Le Mière, p. 60. 2. Pensées détachées sur la peinture (Œuvres complètes, tome IV, p. 534).
« L'image que l’allégorie offre à nos regards, est-il nécessaire de l’ajouter ? doit encore être, autant que possible, agréable, aimable, gracieuse. Elle doit présenter l’idée qu’elle se propose d'exprimer sous sa face la plus avantageuse. Elle doit, de plus, être simple, c'est-à-dire sans mélange d’objets inutiles, sans stériles complications d’attributs. L'usage, enfin, doit en être sagement limité. L'abus de l’allégorie est une faute‘. »
VIII. — LE DÉCORATEUR, LORSQU'IL EMPLOIE DES ATTRI- BUTS POUR SYMBOLISER UN ART, UNE SCIENCE, UNE OCCU- PATION, ETC., DOIT, AUTANT QUE POSSIBLE, CHOISIR CES ATTRIBUTS PARMI LES TYPES CONSACRÉS, ET GÉNÉRALE- MENT PARMI LES FIGURES ARCHAÏQUES.
« Je loue les peintres, car ils expriment la vérité à l’aide de fictions, » a dit un Ancien?. Dans les Arts décoratifs, plus encore que dans les Beaux-Arts, les fictions paraissent nécessaires, et les artistes sont journellement obligés de recourir non seulement à des allégories, mais aussi à l'emploi d'objets empruntés aux usages de la vie et qui, transformés en symboles, servent à marquer le caractère spécial de certaines figures, à déterminer leurs qualités essentielles ou à fixer leur personnalité. Ces objets symboliques prennent le nom d’attributs. La balance et le glaive, par exemple, sont les attributs de la Justice; la trompette, celui de la Renommée ; la roue est l’attribut de la Fortune, On donne également ce même nom à des faisceaux ou à des groupements d'objets caractérisant une occupation, une science ou un art, et qui, ingénieusement combinés, fournissent non seulement des motifs de décoration agréables,
1. Dictionnaire. de l’ameublement et de la décoration, tome [*, col. 55, 2. «Laudo pictores : alatos enim amores pingunt, et arte transformant id quod vere est, et fictionibus veritatem exprimunt. » Theophyl. Simo-
catus, cité par Franciscus Junius dans son livre : De pictura veterum; Amsterdam, 1637, 1. III, p. 141.
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mais encore constituent d'élégants hisroel- pie Fe avec un peu d'attention, la lecture doit demeurer facile.
Ajoutons que les attributs ne servent pas seulement à caractériser les personnages. De tout temps ils ont été employés par les architectes pour préciser la destination des édifices. C’est ainsi que les métopes du temple de Délos, consacré à Apollon, étaient décorées de lyres. Jadis Les temples dédiés à Neptune étaient ornés d'éperons de navire et de gouvernails. L'entrée des théâtres était signalée par
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Fig. 11. — PAR de tr Rs se avec des attributs archaïques.
des masques tragiques et comiques. De nos jours, une croix placée au-dessus d’une porte désigne une chapelle, un séminaire, un couvent. Des casques et des trophées indiquent une caserne. La plupart des enseignes ingénieuses et pittoresques qui se prélassaient autrefois au-dessus des portes, sortes d'armes parlantes de nos arts et métiers, symbolisaient par des attributs la profession de celui dont elles ornaïent la demeure. Enfin, même dans la décoration intérieure, ces sortes d’emblèmes, choisis avec intelligence et employés avec discrétion, peuvent indiquer la destination d’une pièce, en même temps qu'ils concourent à sa décoration. Des faisceaux groupant les attributs de la pêche ou de la chasse conviennent parfaitement à une salle à manger;
des instruments de musique, des livres, des cahiers, à une salle de concert ou un salon de compagnie, etc.
Dans le choix des objets composant ces hiéroglyphes, le décorateur habile accorde la préférence aux figures archaïques, qui, étant consacrées par le temps, doivent à cette consécration de mieux conserver leur apparence symbolique. « Comme ces anciens ornements jouissent du droit de possession, remarque, à ce propos, le peintre anglais Reynolds !, on ne doit les abandonner que lorsqu'on peut les remplacer par d’autres qui non seulement sont plus beaux, mais qui peuvent balancer la confusion et le désordre qui résultent toujours de l'innovation. » Enfin le décorateur, s’il est forcé de recourir, faute d’équivalents, à la représentation d'objets relativement modernes, évite avec soin de donner à ces objets un aspect trop réel, qui atténuerait certainement leur valeur emblématique.
IX" LA PLUPART DES. DÉCORATIONS AYANT UN CARAC- TÈRE PERMANENT, ET PAR CONSÉQUENT ÉTANT DESTINÉES A ÊTRE CONTEMPLÉES SOUVENT ET PAR LES MÊMES PER- SONNES, ON DOIT, AUTANT QUE POSSIBLE, DANS LEUR COM- POSITION, ÉVITER LA REPRÉSENTATION D'ATTITUDES PÉNI- BLES, DONT LA VUE NE SAURAIT MANQUER DE PRODUIRE, A LA LONGUE, UNE IMPRESSION DE GÈNE ET MÈME DE FATIGUE.
Nous avons dit que le rôle d’une décoration bien comprise était, avant tout, de créer un plaisir pour les yeux en même temps qu'un repos pour l'esprit. Il faut, par conséquent, renoncer en principe à ces figurations qui simulent un effort persistant, et dont la contemplation ne manquerait pas de devenir fatigante à la longue. Le sculpteur habile n’usera donc qu'avec modération de ces cariatides musclées à l'excès, qui paraissent à moitié écrasées par la
1. Œuvres complètes du chevalier Josué Reynolds ; Paris, 1806, tome I", p. 305.
charge effroyable que soutiennent leurs épaules. Il se souviendra toujours avec admiration des merveilleuses figures du temple d'Érechtée, à Athènes, vierges errhéphores qui portent allégrement leur pesant fardeau, et dont le mouvement, rythmé dans un ordre alternatif, associe gracieusement le sentiment de la vie à l’inéluctable immobilité de l'architecture.
Le peintre, de son côté, évitera ces poursuites désordonnées, qui semblent devoir projeter en dehors de leur cadre les personnages lancés dans une course imaginaire. Le premier devoir d’un spectacle destiné à durer, est de ne représenter que des faits durables. Toutes les actions violentes dont le caractère transitoire est trop accentué, conviennent mal à des décorations fixées pour une relative éternité à la place qui leur a été dévolue.
X. — POUR DES RAISONS ANALOGUES, IL FAUT, DANS L'OR- DONNANCE ET L'EXÉCUTION D'UN DÉCOR, TENIR COMPTE DE LA PLACE QU'IL OCCUPERA, ET DES EXIGENCES SPÉ- CIALES DU POINT DE VUE ET DE LA PERSPECTIVE.
Ces mêmes motifs de convenance exigent que le décorateur se préoccupe de la place réservée à sa composition, de la distance à laquelle celle-ci sera contemplée et des effets de la perspective. Il est clair qu’une peinture surmontant un lambris et marouflée sur un mur, à deux mètres de hauteur, demande, pour conserver son aplomb, une autre ligne d'horizon qu’une peinture affleurant le sol. De même un plafond doit plafonner, c'est-à-dire « trouer la voûte » ou tout au moins affecter une disposition qui lui permette sans inconvénient de demeurer indéfiniment suspendu. En aucun cas il ne doit constituer pour le spectateur une menace perpétuelle. Un tableau d'histoire exécuté pour être vu verticalement, et disposé ensuite sur un plan horizontal, produit un intolérable contresens. Cependant, de-
puis un siècle, des peintres fort distingués se sont crus autorisés à meubler nos plafonds de scènes historiques, et même à y figurer des sièges et des batailles. Le Louvre offre de ces fâcheuses représentations'. Il est vrai qu'on en trouve également au Vatican; mais l'exemple, pour venir de loin, n'en est pas moins condamnable.
Dans la confection des objets mobiliers de toute nature et de tout volume, ces conditions d'emplacement et de perspective ne sont pas non plus indifférentes. La destination d'un meuble, l'éclairage auquel il est soumis, la distance à laquelle il sera contemplé, sont à considérer dans la disposition de sa décoration et dans l'importance qu'il faut donner aux saillies. Une tasse de porcelaine, qu'on tient ordinairement à la main, ne comporte pas le même genre de décor qu’un grand vase de faïence; ce dernier, pour être vu dans son ensemble, réclamant un recul de dix mètres. Des bronzes d'ameublement destinés à une pièce petite, très éclairée, exigent un fini particulièrement délicat, alors que dans une vaste galerie 1ls s’accommodent beaucoup mieux d’une facture large et grasse, avec des profils fortement accentués et de généreux reliefs.
XI. — ENFIN, LA NATURE DES SUJETS REPRÉSENTÉS DOIT ÉGALEMENT S HARMONISER AVEC LE DEGRÉ D'ÉCLAIRAGE ET DE TEMPÉRATURE AUQUEL LA DÉCORATION EST ORDI- NAIREMENT SOUMISE. ES
Dans le choix et dans l'interprétation de ses sujets, le décorateur est encore tenu à d’autres précautions, découlant de la température et de l'éclairage de la pièce qu'il est chargé d’embellir. Des effets de nuit, par exemple, sont
1. Voir notamment, dans la salle des terres cuites, le plafond de Steuben représentant Henri IV après la bataille d'Ivry; dans celle des vases à figures noires, le plafond représentant François I% armé chevalier par Bayard; dans la salle des fresques, l'expédition d'Egypte, etc.
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assez mal placés sur un mur et dans un appartement destinés à recevoir une abondante lumière. Le contraste entre l'obscurité cherchée et l'éclairage des parties avoisinantes ne peut produire qu'un résultat discordant. De même il est quelque peu malséant de figurer un paysage glacé avec des arbres couverts de givre ou de neige, sur la muraille d’une salle à manger ou d’un boudoir, appelés par leur destination à jouir en tout temps d’une atmosphère tempérée.
Mais, nous l’avons déjà dit, il arrive souvent que le choix des sujets n’est pas laissé au décorateur; et ces motifs mal appropriés lui sont imposés par la personne dont il tient la commande ou par son architecte. Dans ce cas, notre artiste peut résoudre le problème en donnant à la scène qu'il représente un aspect suffisamment conventionnel. Lui demande-t-on de figurer les Saisons : il symbolisera l'hiver sous la forme d’un vieillard accroupi et se chauffant, d'enfants entourant un foyer, ou, si cela paraît un peu vieillot, il dessinera de gracieux patineurs, comme le fit Watteau {voir fig. 12), mais en prenant soin d'envelopper la scène d’arabesques qui assignent à cette représentation un caractère exclusivement décoratif. Exige-t-on qu'il prenne pour sujet de sa décoration une série d'actions se reliant entre elles, empruntées à la fable, à l’histoire ou au roman, et comprenant des épisodes qui s'accordent mal avec la clarté ou la température de la pièce : il aura soin d’enfermer chacun de ses épisodes dans un cartouche agréablement dessiné; et en isolant ainsi sa composition, il évitera le désaccord fâcheux que produirait le voisinage immédiat de parois soumises à un éclairage plus intense ou à une température différente.
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