La décoration marocaine; cinquante-quatre planches accompagnées d'une préface et d'une table descriptive
IL est peu de régions où le Croissant, dans sa course de l'Orienta l'Occident, brilla d'un plus vif éclat que sur cette partie extrême du continent africain, sur ce Mo-
ghreb el Aksa, le pays du Soleil couchant.
Là s'était créé, dès le ix* siècle, un grand empire islamique, le Maroc, qui devait jouer dans l'histoire du Moyen Age un rôle de premier plan.
Il fut un temps où, de Cordoue à Tombouctou, son étendard flottait victorieusement; son influence morale était grande et ses poètes, ses architectes, ses musiciens, plus encore que ses soldats, forcèrent les chrétiens eux-mêmes à reconnaître la puissance indiscutable des Almohades et des Mérinides.
Puis vint la défaite. Le Maroc dut renoncer à l'Europe et rentrer dans ses limites africaines. Il se retrancha, dès lors, dans un farouche isolement qui dura jusqu'à nos jours, et il fallut qu'il entrât, sous notre Protectorat, dans la trinité nord-africaine pour que la muraille qui le séparait du monde moderne vînt à tomber. Ce fut une révélation : le pays qui s'offrait à collaborer avec nous, qui demandait à s'initier aux progrès de notre civilisation, en était encore au stade politique et social du xiv* siècle. Il en avait conservé l'esprit, les goûts, les mœurs. Il n'avait pas évolué et, même dans le domaine de l'art, ses traditions solidement établies n'avaient rien perdu de leur force.
Mais, subitement, le vieil édifice se trouve ébranlé, la brèche est faite, le Maroc s'ouvre aux idées nouvelles et rien ne semble devoir le garantir contre les tendances annonciatrices d'une prochaine décadence artistique.
Heureusement que « Lyautey l'Africain » veillait. Au milieu de ses graves préoccupations de toute nature, l'art marocain a fait l'objet de toute sa sollicitude. Sur son ordre, les monuments étaient réparés, des musées créés, des ateliers ouverts et toujours avec ce souci constant du respect des traditions ancestrales. Les artisans encouragés, soutenus, sûrs du lendemain, n'hésitaient plus à reprendre leurs anciens métiers; les arts indigènes étaient sauvés et le Maroc moderne pouvait s'enorgueillir, à juste titre, d'être appelé, grâce au Maréchal Lyautey, le Conservatoire de l'art musulman.
Nous ne saurions, dans cette courte préface, rechercher avec détails les origines de la décoration marocaine, ni décrire toutes les branches où elle s'est manifestée. Nous nous bornerons à en indiquerla caractéristique, qui est une alliance entre deux éléments plus ou moins mêlés dans toute l'Afrique du nord : l'élément berbère et l'élément mauresque.
Les Berbères représentent la majorité de la population du Maroc. Ce sont eux qui, sous les chefs arabes, ont formé le gros des invasions qui déferlèrent sur l'Espagne. Pasteurs et paysans, ces autochtones, qu'une foi farouche et, sans doute aussi, l'appât du butin, poussèrent dans les aventures lointaines, se firent très vite à la nouvelle vie de luxe et de plaisirs qu'ils étaient venus combattre et en adoptèrent, sans difficulté, les mœurs et les goûts.
Alors qu'ils menaient la vie rurale, leur art était un produit du sol, un art de la campagne, de la montagne, fait de matériaux rustiques. Poteries, ustensiles de ménage, armes, bijoux, nattes, tissus, tapis, tous les objets usuels, tels que nous les voyons aujourd'hui, sont empreints de saveur et d'archaïsme. Mais c'est encore dans les tapis que les Berbères ont mis le plus d'homogénéité et d'originalité : tapis Béni M'Guild à fonds blancs, tapis Zaïan violets ou grenat, tapis Béni M'tir verts et orange, tapis Glaoua noirs et blancs, festonnés de guirlandes de fleurs, tapis d'Agouraï, du Guigou, des Ouled bou s'ba, tous possèdent leur cachet propre, et les produits de chaque contrée, de chaque tribu, presque de chaque douar, varient, sur un fond commun, pour ainsi dire, à l'infini.
L'artisan, en travaillant dans le gourbi ou sous la tente, se livre à toute la verve de sa fantaisie, mais cette fantaisie, toute primesautière qu'elle est, n'est jamais déréglée ; ellereste emprisonnée dans des lignes droites ou brisées, dans des figures géométriques, et les tons entiers du coloris, malgré leurs oppositions, conservent, jusque dans leur sauvagerie, la plus grande harmonie.
Il en est de même pour la poterie, qui garde les caractéristiques des époques très anciennes, et la parenté s'affirme entre ces vases et ces plats à dessins noirs sur fond de terre rouge du Zer houn, des Tsoul, des Béni Ouaraïn, et les pièces antérieures de quinze siècles à l'ère chrétienne, trouvées à Cnossos, à Mycènes et à Suse.
Mais voici que le Berbère, pour une raison ou pour une autre, délaisse sa tente ou sa casbah et vient s'installer dans la Ville. Dès qu'il en franchit le seuil, il laisse à la porte ses tapis, ses couvertures, ses coussins, ses bijoux, en un mot tout ce qui peut lui rappeler son patrimoine artistique. L'art berbère, rude et sauvage, n'a pas le droit de cité. Le fait est tout à fait typique : le nouveau citadin ne se complaît plus que dans un décor qui, au premier abord, semble l'antipode de celui qu'il a toujours eu sous les yeux. Et, tout de suite, si ses moyens le lui permettent, il s'efforcera d'en développer encore le caractère. Un exemple frappant de cette rapide adaptation nous est donné par les grands seigneurs de l'Atlas, ces purs Berbères qui, délaissant, de nos jours, leurs montagnes farouches, viennent s'établir dans les villes et y construire des palais où ils se montrent les plus fermes soutiens de la tradition artistique mauresque.
Cette tradition se rattache directement à l'art arabe d'Andalousie dont les origines persanes et byzantines sont bien connues. On sait à quelle splendeur cet art est parvenu en Espagne, mais on ignore généralement le développement qu'il a pris sur la terre moghrebienne, ainsi que les conditions nouvelles qu'il y rencontra et qui lui permirent de s'épanouir complètement.
En effet, la ligne courbe qui est le propre de l'art arabe avec toutes ses interprétations : arcs, cintres, voûtes, volutes, se trouva, en Afrique, en face de la ligne droite qui est précisément la formule de l'art berbère, fait de symétrie, de mesure, de robustesse. Le contact était inévitable, il en résulta une fusion d'où sortit l'art citadin local,
art mi-oriental, mi-berbère, que nous appellerons mauresque-africain par comparaison avec l'art hispano-mauresque de la Péninsule.
Le Maroc, avant tout, est un pays traditionnaliste. Il a su garder les éléments constructifs déforme rectiligne qui étaient particuliers à son génie berbère : grandes surfaces nues, linteaux, corbeaux, portiques, piliers puissants, etc., en même temps qu'il a maintenu, dans leur vie propre, les principes architecturaux et décoratifs hispano-mauresques; et l'un des côtés captivants de son art c'est précisément d'avoir conservé, vivants et conformes à leur destination primitive, les monuments et les objets qui, dans l'Espagne des Maures, ne sont plus que les témoins d'un lointain passé.
Mais, en passant le détroit, l'art dut changer parfois de matériaux. C'est ainsi que le bois et la pierre devinrent d'un emploi plus courant. Recouverts de profondes sculptures en relief, ils concoururent davantage à l'effet décoratif. Les azuléjos disparurent complètement et laissèrent les zellij, ou mosaïques découpées, développer les combinaisons de leurs entrelacs. En revanche, apparurent les longues frises de carreaux de céramique sur lesquels des rinceaux et des caractères se dessinèrent en réserve sur un fond, débarrassé, après cuisson, de sa couverte d'émail ; d'autre part, certains éléments décoratifs, en passant en Afrique, prirent un essor remarquable : les fleurs, entre autres, se développèrent à profusion en bouquets, en parterres, en guirlandes. Partout, sur les plafonds, les volets, les frises, les portes, ce ne furent que lys, daturas, œillets, soucis, fleurs de grenadier, et — point important à noter ] — fleurs d'acanthe dont la représentation constituait une innovation, puisque dans les styles antérieurs, la feuille d'acanthe, seule, était constamment employée comme motif décoratif.
Et dans le moindre des objets faisant partie de l'intérieur ou du costume marocain, c'est une floraison débordante : les babouches sont aussi fleuries qu'un tapis, une sacoche qu'une aiguière, un marteau à casser le sucre qu'un tuyau de pipe à fumer le kiff. Il semble que le citadin ait voulu transporter dans sa maison ces champ6 de fleurs qui, au printemps, s'étendent à perte de vue au delà des murailles qui l'encerclent, de même que le Berbère conserve toute l'année, grâce aux tapis de haute laine de sa tente, le souvenir des chauds coloris qui, pendant de trop courtes semaines, revêtent le bled marocain d'une tonalité enchanteresse.
La maison est luxueuse et les objets qui la meublent, sans l'encombrer, s'harmonisent parfaitement avec son décor architectural. Ces objets révèlent un goût inné qui n'a pas encore été trop gâté par l'intrusion récente de la camelote européenne. Sur le sol, des tapis de laine rase, tapis de Rabat, de Casablanca, hambils de Salé ; aux murs, des nattes aux dessins géométriques, à l'aspect damassé, ou bien des tentures de velours aux riches arabesques d'or, tandis que, devant les fenêtres grillagées, pendent des rideaux qui ont été brodés à Rabat ou à Tétouan. Les coffrets, les étagères, les petites tables, sont en bois sculpté et peint, et les coussins d'étoffe ou de cuir, sur lesquels le maître s'étendra, sont brodés avec art par des mains féminines ou excisés avec cette technique particulière qui est le propre des ouvriers de Marrakech. L'eau de son thé bouillira sur un réchaud en fer forgé ou en cuivre tourné, et ses aliments lui seront servis dans des plats de faïence stannifère, décorés par les plus habiles céramistes de Fès, de Meknès ou de Safi. Il n'est pas jusqu'à la lanterne, dont la coupole ajourée, en laissant passer les rayons lumineux n'apportera, elle aussi, à l'ensemble du décor une richesse ornementale nouvelle.
Mais les événements, les guerres, les intrigues, les affaires, peuvent obliger l'habitant des villes à abandonner, en quelques heures, la maison qu'il s'est plu à orner ainsi. Il acceptera volontiers de se transporter dans d'autres lieux, sans que cette éventualité l'effraye, car le vieil atavisme de transhumance qui lui reste de ses origines berbères et le sang arabe, qui coule quelquefois dans ses veines, lui feront vite oublier ses mœurs sédentaires. Il déménagera d'autant plus facilement, que son mobilier, composé uniquement d'objets usuels, ne s'encombre d'aucun bibelot, d'aucun meuble inutile ; il roule le tout dans des tapis; les armoires, les tables, les étagères, sont elles-mêmes assez légères, assez petites pour être placées sur le dos d'une mule. Il part et, sous la tente qu'il dresse à l'étape, il mènera la même existence qu'en ville. Le soir, il contemplera la nature du même regard absorbé dont il contemplait sa maison de Fès ou de Marrakech.
Les industries d'art marocain sont infiniment variées. D'un centre à un autre, elles diffèrent totalement, au point que l'on pourrait croire qu'elles proviennent de pays n'ayant jamais eu de rapports communs.
Prenons, par exemple, une des branches les plus productives de l'industrie féminine, celle de la broderie. Nous nous trouvons devant une technique et même une conception décorative qui varieront pour chaque ville. Rabat nous montre des ornements végétaux, tels que le cactus et l'aloès traités à points plats, «ans endroit ni envers ; mais la cité voisine, Salé, séparée seulement de la première par la largeur d'un fleuve, n'exprime que des motifs arborescents faits en points de trait ou en points croisés; à Fès, ce sont uniquement des broderies monochromes, à points comptés extrêmement fins ; ses interprétations sont végétales, tandis qu'à Meknès les motifs, toujours arborescents ou floraux, sont traités plus librement et dans une gamme de tons faite de rouge, de violet, de vert et de jaune extrêmement chatoyante. A Tétouan, ce sont des bouquets de fleurs bizarres à points de trait massés sur un fond de taffetas bleu ou jaune. A Chechaouen, des figures géométriques, des combinaisons polygonales à points nattés et d'un relief plus accentué qu'ailleurs. Mais il est une ville qui se distingue par un type de figuration tout à fait particulière, c'est Azemmour, et ses broderies faites à points de trait et points nattés, dans une harmonie noir et grenat, d'origine hispano-mauresque, représentent uniquement des chimères, des chiens, des oiseaux, quelquefois accompagnés de leurs petits, mais se tenant toujours affrontés.
L'art du tissage est vraiment l'art national du Maroc, mais ses productions varient d'une ville à une autre, d'une famille à une autre, au point qu'il est impossible de rencontrer deux tapis identiques. Les tisseuses ont une technique et un sens décoratif extraordinaires. Depuis des générations elles travaillent de mémoire et, de mère en fille, elles se transmettent des dessins qu'elles « portent dans leur cœur ». Ces dessins ont été pillés un peu partout et leur origine est malaisée à découvrir, d'autant plus que les noms qui leur sont attribués n'ont souvent aucun rapport avec les objets qu'ils prétendent représenter. Un tapis « doit se lire comme un livre » puisqu'il forme un tout, simple et harmonieux. Comment cependant retrouver au milieu de ces innombrables figurations plus ou moins géométriques qui, dans un tapis de Rabat, par exemple, s'appellent des « koubbas », des oiseaux, des chandeliers, des « Nazaréens », des théières, des grenouilles, des mulets, des ciseaux, des potences, etc.?
Nous avions pensé — et écrit — qu'il serait bon de réunir tous ces éléments déco-
ratifs pour en faire un « Corpus » qui donnerait la clef de cet enchevêtrement purement apparent. C'est M. Prosper Ricard, le chef actuel du service des Industries d'Art Indigènes, qui aura eu l'honneur de mettre sur pied ce travail difficile, mais nécessaire. M. Ricard, avec la compétence technique qui le caractérise, a pu, pour les tapis, comme il l'avait fait pour les broderies, dégager les origines, établir définitivement les règles et les modalités qui en régissent la fabrication. Nous ne saurions mieux faire que de renvoyer les lecteurs à ses ouvrages d'une documentation parfaite.
Pour qui voudrait comprendre et approfondir l'art du Maroc, d'autres travaux seraient encore â consulter, articles et rapports signés par ceux-là même qui collaborèrent au relèvement des industries locales et qui appartinrent au service dont le Maréchal Lyautey voulut bien nous confier la direction.
Citer leurs noms est rendre un juste hommage aux qualités artistiques et techniques dont ils ont fait preuve, en même temps que reconnaître le dévouement avec lequel ils ont travaillé à l'œuvre de restauration. C'est d'abord la regrettée Mm* de Pierrefitte, puis M'"" Reveillaud, Nacivet, M"* de Lens, MM. Gabriel-Rousseau, Gallotti, Ricard et Lamali.
Il était urgent d'agir, car il semblait que depuis l'arrivée des Français l'art local fût partout sur le point de disparaître, suivant ainsi l'exemple des arts d'Algérie et de Tunisie. Les artisans, jusqu'alors groupés en corporation, s'étaient dégagés de toute règle, de toute discipline ; ils travaillaient irrégulièrement et leurs productions, aussi inférieures par la matière que défectueuses dans l'exécution, perdaient toute valeur artistique. Le retour à la tradition, l'aide morale et pécuniaire, pouvaient seuls arrêter la décadence. Bientôt un revirement complet s'opéra, qui aboutit à une sorte de renaissance des arts indigènes : Les artisans avaient compris qu'il était de leur intérêt de continuer l'œuvre de leurs devanciers et qu'il serait également avantageux de former des apprentis capables de poursuivre ensuite la même voie.
Les résultats obtenus passèrent les plus belles espérances. Meknès, ville jadis renommée par l'habileté de ses décorateurs, ne possédait plus, en 1916, qu'un seul peintre, et encore celui-ci avait-il dû, pour gagner son pain, s'embaucher comme cuisinier. Mis à même de reprendre ses pinceaux, il eut des commandes, il forma des élèves et ceux-ci, au nombre d'une dizaine, gagnent, aujourd'hui, largement leur vie en décorant boutiques et maisons.
Dans cette même ville, l'industrie de la céramique, qui eut sa grande époque sous le règne de Moulay Ismail, était abandonnée. Des ateliers ont été ouverts en 1918 et, l'année suivante, les plats et carreaux qui sortaient des nouveaux fours étaient comparables aux plus réussis des siècles passés.
Nous pourrions citer des exemples identiques pour la bijouterie, le damasquinage, la ferronnerie, la menuiserie, la vannerie, la sculpture, la lutherie, la passementerie, le tissage d'étoffes et de tapis, etc.
Ce renouveau artistique est dû à M"' Reveillaud, qui employa tous ses efforts à relever, de la déchéance et de la ruine, une vingtaine de corporations, pendant que sa sœur, M1" de Lens, se consacrait plus particulièrement à la renaissance des arts de la musique et de la broderie.
A Fès, M. Ricard encourageait toutes les industries et remettait surtout en honneur la reliure, l'enluminure, la ciselure sur cuivre, le tissage. M. Gallotti, à Rabat, eut
un rôle non moins important. Il prit en mains la fabrication des tapis, il créa des teintureries à base de colorants végétaux, il ouvrit des ateliers de lavage, de tissage, en même temps qu'il développait le travail à domicile, et le nombre des bonnes « maalemat » (ouvrières) travaillant aux métiers de haute lisse passa, en deux ans, de dix à trois cents.
C'est à Marrakech, que M. Gabriel-Rousseau exerça son action qui fut des plus efficaces. Nous lui devons, entre autres, la création, dans la grande capitale du Sud, de cette École de reliure, dont l'honneur est d'avoir remis en vigueur les plus belles traditions de l'art du cuir.
Enfin à Safi, M. Lamali, un céramiste d'origine musulmane, releva une corporation en pleine décadence. Grâce à lui la céramique prit un essor qu'elle n'avait jamais connu même autrefois.
Nous n'insisterons pas davantage sur l'œuvre accomplie. Le Maroc est un champ merveilleux qui ne demande qu'à être cultivé. C'est à nous, ses protecteurs, de veiller jalousement sur son art, d'encourager ceux qui le pratiquent, de les maintenir dans la voie traditionnelle, en nous efforçant surtout de les défendre contre les influences qui ne pourraient qu'altérer leur goût.
Faisons comprendre à ce peuple décorateur que l'adoption des idées nouvelles n'entraîne pas comme corollaire l'abandon des vieilles pratiques d'art.
J. DE LA NÉZIÈRE Ancien Chef du Service des Industries d'art indigène.